Le totalitarisme : de catégorie scientifique à outil de disqualification politique

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Le totalitarisme : de catégorie scientifique à outil de disqualification politique

Conférence de Yalta - Churchill, Roosevelt et Staline

On ne compte plus les fois où, lors d’un quelconque débat, un participant accuse son contradicteur d’adhérer à une idéologie " totalitaire ", afin de le disqualifier et ainsi empêcher ledit débat d’avoir lieu.

Cependant, si l’usage politique de la notion est bien assuré, une étude un peu moins superficielle permet de soulever de nombreuses questions sur sa pertinence et sa capacité à rendre compte des phénomènes qu’elle prétend décrire.

Le concept a tellement pénétré le langage politique et médiatique qu’il est régulièrement asséné comme " argument massue " sur les plateaux des chaînes d’info en continu, ou dans les colonnes de la presse " mainstream ".

Cet usage des plus assurés en matière politique n’est cependant pas sans soulever de nombreuses difficultés d’un point de vue scientifique.

Ces difficultés ne sont pas nouvelles et le débat sur la consistance de la notion était déjà vieux de plusieurs décennies quand Hannah Arendt publia " Les Origines du totalitarisme " en 1951 (1).

Qui dit " débats ", dit définitions différentes de la notion (2), ainsi, on distingue des définitions du « totalitarisme de gauche » ou « de droite ».

Ces définitions sont à rapprocher de l’orientation politique de leur auteur, ainsi, le terme a été employé par des auteurs d’obédience " libérale " (3) autant que " marxiste " (4) et même par des nazis (5).

Dans une définition a minima, un « régime totalitaire » se caractérise par sa volonté de contrôler non seulement les activités, mais aussi les pensées des individus, en imposant l’adhésion à l’idéologie qu’il promeut.

Il serait en effet vain de chercher, pour le moment, à proposer une définition plus poussée, tant celles-ci sont nombreuses, quand bien même on retrouve un " noyau dur " de propositions.

Cette indétermination, si elle pose problème au niveau scientifique, est précisément ce qui en fait un fabuleux outil politique en tant que " signifiant vide " (6).

Pis, en créant de fausses oppositions, le concept permet d’un point de vue politique d’empêcher une réflexion sur la nature de celui qui l’emploie, de le soustraire au champ de la critique.

Enfin, le contexte historique de développement du concept (la " guerre froide ") a mené un certain nombre de scientifiques et intellectuels libéraux, d’Hannah Arendt à Edgar Morin, en passant par Raymond Aron, à tenter de mettre en conformité la définition scientifique de la catégorie avec les intérêts politiques du bloc de l’Ouest (7).

Une notion politique évolutive, forgée au cœur de la guerre froide

Le concept de totalitarisme peut être abordé de deux façons :

- soit par une approche " matérialiste ", visant à mettre au jour les conditions objectives menant à la mise en place d’un « régime totalitaire »

- soit par une approche " déductiviste ", consistant à définir un certain nombre de critères comme " révélateurs " de l’existence d’un totalitarisme.

La seconde approche, principalement mobilisée par les auteurs d’obédience libérale, s’est largement imposée dans le champ politique, malgré d’incessantes modifications des critères élaborés, au gré des nécessités de la " guerre froide ".

Ainsi, l’application du qualificatif " totalitaire " a suivi les évolutions du " Jeu des blocs " : l’Espagne de Franco, le Portugal de Salazar ou l’Italie " post-mussolinienne " ne relèvent pas de la catégorie selon Arendt (8), pas plus que la Yougoslavie titiste où les fidèles de l’URSS sont exterminés dans des camps de concentration.

A l’inverse, la Chine et l’Inde présenteraient, a minima, un terrain favorable pour le développement d’un tel régime (9).

Le fait que Tito ait alors rompu avec Staline, que le Portugal, l’Espagne et l’Italie fassent partie de l’OTAN et que l’Inde soit alliée à l’URSS ne sont bien évidemment que des coïncidences.

On ne saurait soupçonner les « démocraties libérales » de transiger avec les droits humains pour accroître leur puissance ou conclure de juteux contrats (d’armement par exemple)…

On le voit : l’emploi de la catégorie ne répond pas uniquement à des impératifs scientifiques et possède un véritable potentiel performatif politiquement.

A partir de ce moment, le terme, s’il ne soulève guère de débats quant au régime nazi, va servir à y assimiler l’URSS puis, avec la disparition de cette dernière, tout ce qui se rapproche d’un mouvement de gauche.

Il s’agit alors de lier ontologiquement " marxisme " et totalitarisme, afin de faire du premier le " repoussoir " idéal pour les régimes capitalistes ou, pour reprendre les mots de Zizek : « dénoncer la critique de gauche de la démocratie libérale en la représentant comme le pendant, le double de la dictature fasciste de droite  ». (10)

C’est ce qu’entreprend Arendt dans la deuxième édition de son ouvrage, tout en considérant que le qualificatif « totalitaire » ne peut s’appliquer qu’à l’URSS de Staline (11), après que ce dernier avait fait liquider toutes les structures d’organisation collective mises en place par Lénine.

Mais alors, si la mise en place d’un « régime totalitaire » en URSS répond à des circonstances précises (analyse matérialiste), comment l’idéologie marxiste pourrait-elle en être la cause directe et unique (approche " déductiviste ") ?

Arendt avance piteusement que ceci s’expliquerait par le fait que «  Lénine aurait été davantage guidé par son instinct de grand homme d’Etat que par le programme marxiste proprement dit »… (12)

Outre que cette explication méconnaît (volontairement) toute l’Histoire des jeunes années de l’URSS, elle procède par une personnalisation et une naturalisation bien peu scientifique qui est la marque de l’approche libérale du phénomène.

En effet, la conception " déductiviste " pose tous les problèmes inhérents à une approche typologique, recourant à des " idéal-types " et des critères plus ou moins arbitrairement choisis.

D’une part, appliquer des critères identiques à des situations différentes - l’Allemagne " hitlérienne " et la Russie " stalinienne " - a peu de chances de permettre une analyse fine de chacun de ces cas.

D’autre part, nombre des critères mobilisés par les tenants de cette approche peuvent s’appliquer indistinctement à des régimes qualifiés de « démocratiques » et de « totalitaires ». Ainsi quand Hannah Arendt considère que le totalitarisme « présuppose un rapport direct et immédiat entre chef charismatique d’un côté, et masse amorphe et atomisée de l’autre » (13), le lecteur de 2019 ne peut s’empêcher de sourire (jaune) en pensant à la méthode et au " storytelling élyséen " déployé par Macron.

" Le président qui dort peu " parce qu’il se donne " corps et âme " à sa mission ?

Staline l’avait déjà fait.

Réduire la liberté de manifestation et procéder à des arrestations « préventives » ?

Idem.

Et ne parlons surtout pas de cette ultra-personnalisation du pouvoir et des rodomontades de " cours de récré " : « qu’ils viennent me chercher !! »… derrière mon " Parlement godillot " et mes CRS….

Probablement que le stalinisme, comme l’enfer et le totalitarisme, « c’est les autres »…

Une qualification à géométrie variable pour mettre à bas le « péril idéologique »

Si la notion est historiquement variable, alors sur quoi se fonde cette approche " déductiviste " et quels sont les critères généralement mobilisés pour définir un « régime totalitaire » ?

Ces indices sont : l’existence « [d’]une idéologie [d’État], […] un parti unique, généralement dirigé par un seul individu, […] une conduite terroriste, […] le monopole des moyens de communication, […] le monopole de la violence et […] une économie directement gouvernée par un pouvoir central » (14).

Tous ces critères, sans exception, sont - ou ont été - remplis par des États régulièrement qualifiés de " démocratiques ".

Des bombes atomiques larguées sur le Japon aux lois raciales aux États-Unis, de la prise de pouvoir du général de Gaulle en 1958, à la présence de l’État français au capital de nombreuses entreprises, en passant par les noyades de manifestants algériens sur ordre du préfet Papon en 1961

C’est le caractère arbitraire de ces critères qui permet justement de faire entrer dans la catégorie « totalitarisme(s) » à peu près tout régime politique et l’État qui le matérialise.

En réalité, un critère reste cependant fondamental ; c’est celui de l’idéologie. Il est fondamental parce que c’est sur ce point précis qu’a porté, depuis Arendt et la " guerre froide ", le fond de « l’accusation en totalitarisme ».

Il s’agit de faire de la revendication d’une idéologie le germe du totalitarisme, pour disqualifier immédiatement toute contestation de l’ordre dominant qui, par un effet de miroir, ne peut qu’être « désidéologisé » (15), pragmatique

L’avantage est double : toute contestation de l’ordre dominant se fondant sur un conflit idéologique (par exemple, l’exigence d’une redistribution équitable des richesses contre l’accaparement de ces dernières par une minorité) est " totalitaire ", car il est animé par une motivation… idéologique.

Si tout mouvement contestant l’ordre dominant est idéologique, alors tout mouvement de ce type est totalitaire et l’ordre dominant ne peut être que démocratique.

Pour peu que l’on pousse un peu plus le raisonnement, on en conclura que si l’ordre dominant est attaqué par un adversaire " idéologique/totalitaire ", il peut alors, afin de défendre la démocratie qu’il représente et incarne, employer « tous les moyens nécessaires ».

L’idéologie est le seul critère véritablement opérant dans la conception libérale du « totalitarisme ». Car il permet de désigner comme tel tout ce qui ne relève pas de lui ou, a minima, n’est pas compatible (ou inoffensif) avec lui et donc de ne pas remettre en cause ses propres fondements et pratiques.

Cette conception n’est rendue possible qu’à la condition d’une cécité volontaire sur soi-même et sur la nature de l’État, envisagé comme une « entité neutre », contrôlée par les citoyens.

Mais l’État ne saurait être neutre.

L’État est, par définition, politique. Il est la cristallisation du rapport de force entre les différentes classes sociales et représente donc les intérêts, les modes de pensée et d’explication du monde de la classe dominante.

Bref, de son idéologie.

Selon François Furet, (qu’on soupçonnera de tout sauf de " gauchisme "), les idéologies sont « des systèmes d’explication du monde à travers lesquels l’action politique des hommes a un caractère providentiel, à l’exclusion de toute divinité  » (16).

Il faut se donner la peine de le lire plusieurs fois et lentement pour bien se figurer l’aveuglement volontaire des auteurs et politiques libéraux qui jurent " leurs grands dieux " à longueur de plateaux télés qu’ils ne sont que pur pragmatisme dénué de toute vilaine idéologie.

Le fait est que tout régime politique, tout Etat qui l’incarne, ne peut être fondé que sur une idéologie ; c’est à dire un cadre rationnel (vis-à-vis de lui-même) fournissant des explications à des phénomènes observés, sur la base duquel sont construites les réponses apportées à ces phénomènes par le pouvoir politique.

En témoigne l’utilisation d’éléments de langage et de logiques (circulaires) identiques par les classes dominantes mondiales qui manient une " novlangue " (17) masquant ses présupposés idéologiques sous le masque (bien peu convaincant) du pragmatisme.

Ainsi, si la mondialisation est un fait irréfutable, peut-on dire qu’il n’est pas possible de la contrôler, de l’orienter, qu’aucune autre forme de mondialisation n’est possible ?

C’est bien là, d’ailleurs, qu’apparaît de la manière la plus flagrante la contradiction des « ennemis de l’idéologie » : si « le politique » ne peut qu’accompagner les marchés, sans contrôle sur eux, alors à quoi pourrait bien servir « le politique » ?

C’est donc que, malgré les apparences qu’il tente de donner, « le politique » agit sur la base d’un choix : celui de tout mettre en œuvre pour satisfaire et faire croître « les marchés » – et donc les bénéfices de la classe dominante – au nom de la théorie, qu’il sait fausse, " du ruissellement ".

« Des systèmes d’explication du monde à travers lesquels l’action politique des hommes a un caractère providentiel, à l’exclusion de toute divinité »…

A moins de considérer « le marché » comme un Dieu, on voit mal comment un tel raisonnement ne serait pas idéologique.

Distinguer entre « régimes totalitaires » et « non totalitaires » ne permet pas de saisir la nature propre d’un quelconque régime politique, car la notion ne recoupe aucune réalité propre à un système particulier.

Si aucun régime particulier ne possède les caractéristiques distinctives du « régime totalitaire », c’est donc que tous les partagent, à des degrés plus ou moins prononcés.

État total, " poudre de perlimpinpin " et tendance totalitaire

Un « État totalitaire » est, par définition, total.

C’est à dire qu’il « englobe toutes les activités d’un individu du berceau à la tombe » (19), en imposant une " Weltanschauung " (20), découlant de son idéologie.

Serait-ce à dire qu’il existe, a contrario, des régimes partiels, des régimes politiques ne s’étendant pas à l’ensemble de la société dans laquelle ils sont dominants ?

La réponse est bien évidemment négative pour deux raisons évidentes : tout d’abord un tel système ne pourrait fonctionner une fois ses limites atteintes. Un peu à la manière d’un « super droit d’asile médiéval » ; lointain ancêtre du jeu du " chat perché ", consistant à déclarer insaisissable par la Justice un individu s’étant réfugié dans une enceinte religieuse.

En effet, comment un système politique, qui a donc vocation à gérer la vie sociale dans sa globalité, pourrait-il se perpétuer si ses sujets peuvent s’en extraire sans contraintes ni difficultés ?

Ensuite – et ce point répond directement au premier – un régime politique a, par définition, vocation à emplir l’espace disponible, afin de réguler la vie de la société.

Il le fait par la voie de la contrainte, qu’elle soit normative (les lois et règlements) ou purement répressive (l’emploi de la force publique).

Dans cette conception, nul besoin de mobiliser la catégorie du totalitarisme pour expliquer le phénomène : l’État impose sa volonté (ou plus précisément celle de ses acteurs), qui s’étend à la mesure du territoire sur lequel il exerce son autorité.

Le fait qu’il emploie - ou non - la violence ne change rien au fait que l’État exerce son contrôle et étend perpétuellement sa capacité de contrôle.

Autrement dit : « si le totalitarisme est un contrôle total, alors il s’accomplit véritablement lorsque le contrôle de la volonté des individus rend la terreur superflue. Le " vrai " totalitarisme, c’est la servitude volontaire  » (21).

On arguera que le contrôle de l’État – disons français – et de ses émanations, n’est pas total, n’englobe pas toute la vie privée des individus relevant de sa compétence.

Pourtant, qu’on veuille bien se rappeler qu’en France, il existe un état-civil, c’est à dire un registre créé et entretenu par l’État, par lequel il impose un recensement de tous les citoyens et qu’il est pénalement répréhensible de ne pas déclarer une naissance (22).

On notera pourtant qu’il se garde bien d’intervenir dans certains secteurs, comme « la Finance », mais c’est là considérer que l’État est un « outil neutre » ; qu’il représente « l’intérêt général ».

C’est là oublier que l’État est le moyen de mise en œuvre d’un système politique, c’est à dire la cristallisation d’un rapport de forces entre les différentes classes sociales et qu’il est, avant tout, un outil de domination, pour assurer le maintien de l’ordre établi.

Dit plus simplement, l’État n’a pas besoin d’une action positive pour s’étendre, si la classe dont il est l’outil de domination agit pour lui.

L’État ne recule pas, mais se repositionne, en créant les conditions permettant à ses créanciers d’investir directement l’espace public.

C’est là tout le sens du " New Public Management " et des thèses sur « l’État stratège » (23), qui ont trouvé un aboutissement dans la " Révision Générale des Politiques Publiques " (RGPP) engagée par Nicolas Sarkozy : étendre le contrôle de l’État en s’appuyant sur des « partenariats » avec la classe dominante.

L’opposition entre États ou régimes politiques « totalitaires » et « non totalitaires » a pour unique but de masquer que tout État vise à la totalité et que la seule distinction valable en la matière réside dans son caractère « dictatorial » ou « démocratique ».

Preuve de l’incohérence de la notion, on peut considérer que le totalitarisme « pourrait être formellement indiscernable de la démocratie, dans la mesure où le pluralisme apparent est la condition d’une adhésion sans faille à une forme totale de contrôle social ».

Autrement dit, la seule justification que peuvent avancer les tenants de la conception libérale du totalitarisme est que c’est parce que « les autres » ont une idéologie qu’ils sont mauvais et c’est parce qu’ils sont mauvais qu’ils ont une idéologie.

Que ce genre de tautologie tienne lieu de " pensée complexe " pour éditorialistes ne devrait plus surprendre : " perroquets " du pouvoir, ils ne cherchent pas à comprendre ce qu’ils répètent.

Si on souhaite absolument sauver le terme plus que la notion, on peut considérer que tout État est tendanciellement totalitaire.

C’est à dire que, confronté à des situations mettant directement en jeu ses intérêts ou sa survie, tout État va mettre en œuvre des moyens plus ou moins " exceptionnels ", plus ou moins répressifs et violents pour le conserver.

Le degré de violence et de « totalitarisation » de l’État étant fonction de facteurs spécifiques, dont l’étude permet de comprendre le processus en marche et non de critères arbitraires appliqués de manière indifférenciée.

Cependant, pour cela, on ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la nature de la démocratie et donc remettre en cause l’ordre dominant. Car encore faut-il voir ce qu’on nomme " démocratie " et à quel point ce concept a, lui aussi, été vidé de son sens dans le discours politique " grand public ".

La preuve par Macron et son opération de communication maquillée en « grand débat » ou les innombrables « petites phrases » méprisantes et insultantes des membres du gouvernement envers les " Gilets Jaunes ".

Il y a fort à craindre que ce pouvoir aux abois (24), puisqu’il n’a toujours pas compris que ses catégories " toutes faites ", ses éléments de langage périmés et ses violences policières ne lui permettraient plus d’éviter de se remettre en question, s’obstine et radicalise le conflit.

Il est impossible de répondre à la question de savoir jusqu’à quel point, jusqu’où, la « tendance totalitaire » de l’État ira.

A vrai dire, la question est de peu d’intérêt à l’heure actuelle. En revanche, il est urgent de se demander par quels moyens on pourra l’empêcher de se déployer et d’accroître la répression.

En frappant un " grand coup " ?

Avec une grève générale ?

Ce point devra être abordé dans les « Assemblées Générales » et partout où on souhaitera en parler, car à la défiance dont de nombreux " Gilets Jaunes " font preuve face à tout ce qui relève du « politique », par dégoût des magouilles partisanes, il faut répondre par l’honnêteté.

C’est ainsi - et seulement ainsi - qu’il sera possible de rendre aux concepts de « politique » et « d’idéologie » leur noblesse et leur sens.

Vincent

LeVentseLève.fr

Notes :

(1) . Domenico Losurdo, « Pour une critique de la catégorie de totalitarisme », Actuel Marx, 2004/1 (n° 35), p. 115-147.

(2) . Pour une présentation approfondie de ces différentes conceptions, se reporter à Domenico Losurdo, ibid, §2 – 11.

(3) . Hanna Arendt, « Les origines du totalitarisme », Harcourt Brace & co, 1951. Enzo Traverso, « Le totalitarisme : le XXe siècle en débat », Seuil, 2001, 928 p.

(4) . Slavoj Žižek, « Vous avez dit totalitarisme ? Cinq interventions sur les (més)usages d’une notion », Éditions Amsterdam, 2013, 312 p.

(5) . Voir en ce sens : Wolfgang Ruge et Wolfgang Schumann, « Dokumente zur Deutschen Geschichte 1917 – 1919 », Röderberg, 1977, 146 p.

(6) . Ernesto Laclau, « La Raison populiste », Seuil, 2008, 304 p. Voir en particulier p. 120.

(7) . Hanna Arendt, op-cit. Edgar Morin, « De la nature de l’URSS. Complexe totalitaire et nouvel Empire », Fayard, 1983, 275 p. Raymond Aron, « Démocratie et totalitarisme », Gallimard, 1965, 374 p.

(8) . Hanna Ardent, « Les origines du totalitarisme », 2e édition augmentée, 1958, pp. 308 – 309.

(9) Idem, p. 311.

(10) . Slavoj Žižek, op-cit.

(11) . Idem, pp. 318 – 319.

(12) . Domenico Losurdo, op-cit.

(13) . Domenico Losurdo, op-cit.

(14) . Carl Joachim Friedrich, Zbigniew Brzezinski, « Totalitarian Dictatorship and Autocracy », Harvard University Press, 1956, p. 9.

(15) . Ainsi, face aux mouvement des " Gilets Jaunes " qui, produit de décennies de dénigrement des notions mêmes d’idéologie et de politique, le pouvoir ne sachant comment s’adapter puisqu’il refuse d’écouter le peuple, multiplie les tentatives pour le replacer dans sa grille de lecture : en tentant de faire passer ses membres pour des abrutis d’extrême droite

(16) . François Furet, « Le Passé d’une illusion. Essai sur l’idée communiste au XXe siècle », Robert Laffont / Calmann-Lévy, 1995, p. 18.

(17) . Pierre Bourdieu, Loïc Wacquant, « La Nouvelle vulgate planétaire », Le Monde Diplomatique, mai 2000, pp. 6 – 7.

(18) . Slavoj Žižek, op-cit.

(19) . Friedrich Hayek, « The Road to Serfdom », Ark Paperbacks, 1944, rééd. 1986, p 85.

(20) . Traduisible par « vision du monde », c’est à dire, sommairement, la représentation que la société se fait d’elle même et du monde qui l’entoure, en un lieu et une époque donnée.

(21) . Nestor Capdevila, « Totalitarisme, idéologie et démocratie », Actuel Marx, vol. 33, no. 1, 2003, pp. 167-187.

(22) . Arts 433-18-1 à 433-21-1 Code pénal.

(23) . Philippe Bezes, « La genèse de l’ " État stratège " ou l’influence croissante du " New Public Management " dans la réforme de l’État (1991-1997) », " Réinventer l’État. Les réformes de l’administration française (1962-2008) ", dir. Philippe Bezes, Presses Universitaires de France, 2009, pp. 341-420.

Pour une exemplification de ces politiques : Jérôme Aust et Benoit Cret, « L’État entre retrait et réinvestissement des territoires. Les Délégués régionaux à la recherche et à la technologie face aux recompositions de l’action publique », Revue française de sociologie, vol. 53, no. 1, 2012, pp. 3-33.

(24) . Frédéric Lordon, « Il est allé trop loin, il doit partir », " La Pompe à Phynance ", 28.01.2019 :

https://blog.mondediplo.net/il-est-alle-trop-loin-il-doit-partir