Le torchon brûle …

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le torchon brûle …

À l’image de notre société

Jamais expression n’aura été aussi adaptée pour décrire l’état de décrépitude d’une société dont le tissu social ressemble bien plus à un " torchon " qu’à des serviettes.

La " fracture sociale " chère à celui qui est allé " manger des pommes " en compagnie de tous les autres responsables de ce gâchis, est devenue au fil des quinquennats une faille, un gouffre, un abîme

Le " torchon " ne peut plus essuyer les iniquités, assécher les différences, laver les " mauvaises pensées ".

Il a été essoré par les inégalités, froissé par les violences, souillé par les injustices et nulle occasion ne permet désormais de se mettre " à la même table " pour fraterniser.

Plus rien dans ce pays fait " société " et moins encore la table qui exprime plus encore tous les particularismes, les idéologies, les croyances toutes aussi indigestes les unes que les autres.

" Se mettre à table " n’est donc plus permis et nul banquet républicain n’est envisageable entre « intolérances alimentaires » ou pas, pratiques rituelles ou ponctuelles, conviction, goût, « exigences sacrées » ou simplement habitudes désolantes.

La France ne se sent plus bien " dans son assiette ", c’est là le signe majeur d’un éclatement total, d’une impossibilité de se retrouver pour tout mettre justement sur la table.

« L’industrie agroalimentaire » en imposant les « portions individuelles », les " plats à réchauffer ", le " tout-prêt " a favorisé ce grand mouvement qui même au sein des familles a mis à mal le sacro-saint repas collectif.

Tout cela n’a pas été innocent. Il apparaissait clairement que ce lieu de pacification et de discussion mettait en danger l’idéologie du " chacun pour soi ".

La " serviette en papier " a repoussé le " rond de serviette ", chacun devenant ainsi un " nomade du repas ", qu’il convient de prendre à n’importe quelle heure, n’importe et surtout n’importe comment.

Le pays fait indigestion d’une " mal bouffe " généralisée qui n’a eu d’autre but que de casser toute capacité de résistance au « libéralisme ».

Ajoutons la " grande nappe " de l’intolérance que dressent avec application « les religieux » et les idéologues et vous découvrirez que le banquet est devenu un champ de bataille sur lequel chacun défend " à couteaux tirés " ses convictions, ses règles et ses principes.

" Le ver est dans le fruit ", le verre lui-même pose désormais problème et les " grosses légumes " ne fréquentent plus jamais la table des humbles.

C’est le grand " melting pot " du vivre séparés.

Les sectaires de tous régimes l’ont bien compris, rien n’est pire que de " se taper tous sur le ventre ", en bonne convivialité.

Alors, il faut créer des modes, ajouter leur " grain de sel " à la grande discorde universelle, repousser l’idée de se retrouver " coude à coude " à partager le pain et le vin.

La cène pousse au sacrifice ; ils l’ont parfaitement intégré et se répandent en interdits de toute nature pour éviter la grande communion.

Pour " faire société ", il n’est qu’une mesure qui vaille, faire " table commune ", écarter tout ce qui sépare pour enfin manger dans " la même gamelle ". Le défi est immense car non seulement le fait religieux a brisé le pain mais plus encore, les inégalités sociales poussent les uns " à bouffer " tandis que les autres se gavent aux " frais de la Princesse " dans de la vaisselle provenant " à prix d’Or " de la manufacture de Sèvres.

Les banquets de nos gouvernants sont à ce titre la plus grande escroquerie de notre " République " à deux pas des " soupes populaires " et des files d’attente au " restaurant du cœur ".

L’odieux côtoie l’insupportable sans la moindre empathie pour le monde qui les entoure.

" Torchons " de toutes origines, donnez-vous la main et boutez tous ces monstres qui vous affament, vous divisent et se gavent sur votre dos.

Ce sont " les serviettes " qu’il faut brûler !

Indigestement leur.

C’est Nabum

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