Le repli du chômage se confirme… mais l’activité réduite augmente

, par  DMigneau , popularité : 28%

Le repli du chômage se confirme… mais l’activité réduite augmente

Pour la première fois depuis 2008, le chômage de catégorie " A " a reculé pendant trois mois consécutifs. Mais derrière, le nombre de demandeurs d’emplois en activité réduite continue lui d’augmenter.

Le chômage de catégorie A a connu sept mois de baisse en 2016. - ALLILI MOURAD/SIPA

Trois mois de baisse consécutive, une première depuis février 2008. Après septembre et octobre, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a baissé de de 0,9 % au mois de novembre (- 31.800), a annoncé ce lundi 26 décembre le gouvernement. Ce qui établit leur total à 3,45 millions.

En visite dans une entreprise du Val-d’Oise avec la ministre du Travail, Myriam El Khomri, François Hollande a en outre salué une baisse de " plus de 100 000 " chômeurs en 2016. Depuis le début de l’année, 133 000 chômeurs (- 3,7 %) ont en effet quitté les rangs de Pôle emploi, ou tout du moins sa catégorie " A "…

Chômage en baisse, précarisation en hausse ?

Néanmoins, les catégories " B " - personnes ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois - et " C " - personnes ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures - de Pôle emploi ont en revanche continué de progresser sur les trois derniers mois, de 67 400 personnes (+ 3,4 %).

Au total, le chômage de catégorie " A ", " B " et " C " touche donc 5,48 millions de personnes, en hausse de 15 000 personnes sur un mois et de 0,5 % depuis le début de l’année. Un niveau reconnu comme " insupportable " par le président de la République, lors de son annonce de " non-candidature " le 1er décembre dernier.

Les syndicats, eux, parlent d’une " hausse de la précarité ".

Des dispositifs de retour à l’emploi à surveiller

Si la tendance " haussière " semble bien s’être inversée, reste donc à confirmer en 2017 la dynamique positive et surtout à la généraliser à toutes les catégories.

Depuis 2012, de multiples dispositifs ont été mis en place. On se rappelle du Crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (CICE) qui a permis - selon France Stratégie - “ une amélioration sensible des marges des entreprises ” mais dont l’impact sur l’emploi serait quantité négligeable.

En 2015, l’Etat et les collectivités ont - par ailleurs - dépensé plus de dix milliards d’euros pour financer les différents dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes.

Résultat : rien que pour l’année 2016, plus de 49 000 jeunes de moins de 25 ans sont sortis du chômage en bénéficiant des divers contrats aidés.

A noter, toutefois, que près de 9 jeunes sur 10 en fin de contrat aidé ne parviennent pas à décrocher un emploi de plus d’un mois, selon la Cour des comptes.

Les Contrats de génération, en particulier, destinés à favoriser l’embauche d’un jeune et le maintien dans l’entreprise d’un senior, ont un effet “ quasiment négligeable ” sur l’emploi selon un rapport de la Cour des comptes publié en octobre dernier. Et seulement 60 000 contrats ont été signés depuis 2013 contre 500 000 promis d’ici à 2017.

La lutte pour l’emploi s’est également appuyée sur un vaste " plan " de formation annoncé en janvier 2016, visant à amener 500 000 personnes inscrites à Pôle emploi en formation professionnelle. L’Etat évalue à 60 % le nombre de bénéficiaires pouvant revenir vers l’emploi par ce biais, une estimation qui reste à confirmer.

Youness Rhounna

Marianne