Le référendum en Catalogne

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le référendum en Catalogne

Il n’est pas question pour nous de prendre position sur l’indépendance de la Catalogne car ce sont aux catalans, et aux catalans seuls, de s’exprimer sur cette question. Pour commencer, l’anti-constitutionnalité du référendum, avancée par le gouvernement, est sujette à caution puisque le sénat ne s’est pas exprimé sur la question, ce qui, par contre, était constitutionnel.

La vraie question pour nous est l’attitude du gouvernement Rajoy devant une consultation parfaitement démocratique et pacifique.

D’abord, il y eu des arrestations de responsables politiques catalans et des saisies de bulletins de vote. Mais l’attitude répressive de la police lors du scrutin a des relents franquistes nauséabonds d’une époque que nous pensions révolue.

Rajoy a réussi à faire l’unanimité contre lui et cela même auprès des catalans contre l’indépendance.

Tous voulaient simplement pouvoir s’exprimer librement. Au lieu de ça, Rajoy a choisi la force au détriment du dialogue. C’est une erreur politique majeure et un déni de démocratie pour celui qui ne s’est pas gêné de qualifier Maduro de " dictateur " alors que l’opposition, pourtant violente et aux accents fascistes, a pu organiser ce type de vote inconstitutionnel au Venezuela, et ceci sans répression policière.

Cette attitude est d’autant plus stupide qu’il est loin d’être certain que la majorité des catalans auraient été favorable à l’indépendance puisque les sondages montraient que les deux camps étaient au coude à coude.

La sagesse aurait voulue qu’il laisse se dérouler le scrutin et attende tranquillement le résultat. En cas de victoire du « NON », il était dans un fauteuil et en cas de victoire du « OUI », il pouvait, en champion de la démocratie, ouvrir le dialogue avec les indépendantistes.

Au lieu de cela, il a placé le débat dans la rue en y introduisant la violence.

Mal lui en a pris et il risque fort de le payer très cher.

Mais que Rajoy se permette de donner des leçons de démocratie alors que ses agissements y sont aux antipodes, avec les soutiens de Macron et de l’UE, est un comble !

Honte à lui !

Jean-Michel Hureau

Le Grand Soir