Le préfet Lallement s’excuse après avoir assuré que les malades en réanimation n’avaient " pas respecté " le confinement

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le préfet Lallement s’excuse après avoir assuré que les malades en réanimation n’avaient " pas respecté " le confinement

MAXPPP

Ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qu’on trouve dans les réanimations, désormais aujourd’hui, ce sont ceux qui au début du confinement, sont ceux qui ne l’ont pas respecté, c’est très simple. Il y a une corrélation très simple ”, a déclaré le préfet de police sur BFMTV ce vendredi 3 avril.

Fanatique d’uniformes, Didier Lallement semble avoir ajouté une blouse " d’épidémiologiste " à ses panoplies. Le " cow-boy " de la préfecture de police de Paris s’est distingué ce vendredi 3 mars par une nouvelle sortie :

Ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qu’on trouve dans les réanimations, désormais aujourd’hui, ce sont ceux qui au début du confinement, sont ceux qui ne l’ont pas respecté, c’est très simple. Il y a une corrélation très simple ”, a-t-il déclaré sur BFMTV, avant que la “ PP ” n’enclenche la " marche-arrière " dans un communiqué et qu’il ne s’excuse lui-même quelques heures plus tard.

https://twitter.com/lioneltop/status/1245993596018360320

L’intention de Didier Lallement n’était pas de d’établir un lien entre non-respect des consignes et présence des malades en réanimation. Il s’agissait de rappeler la nécessité d’une stricte application du confinement dans cette période, pour la protection de la santé de chacun ”, a d’abord tenté de justifier la préfecture de police.

https://twitter.com/nicolaschapuis/status/1246031975493885954?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1246031975493885954&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.marianne.net%2Fsociete%2Fle-prefet-lallement-s-excuse-apres-avoir-assure-que-les-malades-en-reanimation-n-avaient-pas

Dans une brève allocution télévisée, le préfet de police a finalement présenté ses excuses en personne : " J’ai tenu des propos laissant entendre que les malades d’aujourd’hui en réanimation étaient ceux qui hier ne respectaient pas le confinement. Sur le fond, cela est faux ", a-t-il d’abord reconnu.

" Nul ne devrait se sentir coupable "

A entendre le préfet de police ce matin, les 6 399 patients placés ce jeudi en réanimation à cause du " Covid-19 " (chiffre cité par le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon) seraient donc responsables de leur état.

Or, rappelons tout de même que parmi ces malades figurent à la fois des gens ayant été contaminés en raison de leurs fonctions - médecins, infirmières -, d’autres l’ayant contracté au cours d’une des sorties autorisées par les règles du confinement, mais également des gens contaminés avant que le confinement n’entre en vigueur, le délai d’incubation (en moyenne de 5,1 jours) pouvant dépasser les 14 jours.

Cet après-midi, Didier Lallement a donc fait son mea culpa : " Au-delà de l’inexactitude, c’est une erreur et je la regrette à plusieurs titres. D’abord parce que je sais avoir heurté de nombreuses personnes qui ont des proches en réanimation à l’hôpital ou qui ont perdu récemment un des leurs. Nul ne devrait se sentir coupable de vivre une telle situation, un tel drame. Je n’avais pas l’intention de rajouter la culpabilité à leur peine ", a-t-il conclu.

Sur le " pied de guerre ", le préfet de police attendait tous les Parisiens au tournant ce vendredi matin : il venait, en effet, d’annoncer le renforcement des contrôles tout le week-end, avec un dispositif mobilisant 8 277 policiers et militaires pour mettre la main sur ceux qui voudraient quitter la capitale.

Nous ne baisserons pas la garde. Nous serons là pour le départ, pendant le trajet et à l’arrivée, donc évitez les ennuis, évitez des verbalisations répétitives ”, avait-il prévenu.

Louis Nadau

Marianne