Le portable à la main...

, par  DMigneau , popularité : 69%

Le portable à la main...

Hier, j’ai pu profiter d’ un petit tour dans le parc de la ville, le temps doux permettait de prendre l’air agréablement : un léger mistral en cette journée d’automne et de nombreux promeneurs étaient là pour se détendre et s’aérer.

Sur les bancs de pierre, de nombreux visiteurs étaient installés et, à ma grande stupéfaction, chacun d’entre eux tenait à la main un portable.

C’était une consultation fiévreuse et silencieuse de cet objet qui fascine le regard.

Aucun d’eux ne s’attardait pour contempler les recoins du jardin, pour admirer la flore, les arbres, les oiseaux.

Curieusement, on percevait une sorte de mimétisme dans le comportement : tous penchés sur leur écran, avaient la même attitude.

Pourtant, le jardin offre de belles occasions de découvertes : des promenades, des reflets sur l’eau, les cygnes, les teintes moirées du plan d’eau, toutes les couleurs de l’automne...

Les êtres qui se trouvaient sur ces bancs avaient l’air de misérables pantins, statiques, inertes, comme pétrifiés face à leur portable. On se serait cru dans un film de science fiction où les êtres humains, devenus des robots, adoptent tous invariablement la même attitude.

Le silence qui régnait était, lui-même, impressionnant.

Pas un mot ne sortait de la bouche de ces humains, obnubilés par leur machine.

Pas un regard porté sur le paysage environnant : une impression glaçante d’un monde où les objets priment sur tout le reste.

Une impression d’autant plus glaçante que deux rangées complètes de bancs étaient occupées par ces êtres qui semblaient sortis d’un autre monde.

Plus loin, sur la pelouse, des jeunes gens écoutaient de la musique, au lieu de profiter de l’environnement sonore du jardin : le bruit du vent dans les pins, des claquements d’ailes, le chant des oiseaux...

Tous ces gens éprouvaient un besoin irrépressible d’être " connectés " et ce, même dans un jardin, en pleine nature, au milieu des arbres.

Pourtant, les gens devraient ressentir le besoin de retrouver un contact avec les éléments naturels, surtout lorsqu’ils vivent en ville.

Il n’est pas rare, aussi, de rencontrer dans la rue, des passants, les yeux rivés sur leur portable, en train de lire des messages.

De plus en plus, notre monde devient un monde d’objets connectés : montres, vêtements, chaussures...

Nous devons nous défier de cette invasion d’écrans, de gadgets, car bientôt nous risquons de perdre le contact avec les réalités les plus simples, les bonheurs les plus tangibles et les plus accessibles.

Le portable à la main : c’est comme si les humains ne pouvaient se passer, désormais, de ce prolongement technologique envahissant...

rosemar

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