Le point sur " l’affaire Benalla " avant l’audition de Gérard Collomb

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le point sur " l’affaire Benalla " avant l’audition de Gérard Collomb

Alexandre Benalla a été mis en examen ce dimanche 22 juillet. - Eric FEFERBERG / POOL / AFP

Alors que le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, doit être auditionné par la " commission d’enquête " de l’Assemblée nationale ce lundi 23 juillet, Emmanuel Macron a confié à ses proches qu’il prendrait la parole quand il le jugera " utile ".

Totalement muet jusqu’à présent sur " l’affaire Benalla ", du nom de ce « collaborateur » filmé en train de frapper un manifestant le 1er mai à Paris, le président de la République a rompu indirectement son silence public.

A la suite d’une réunion de crise réunissant le Premier ministre Édouard Philippe, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux ainsi que Christophe Castaner, délégué général de " la République en Marche " et secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, le chef de l’Etat a fait savoir ce dimanche 22 juillet via son entourage avoir voulu " respecter le silence de décence institutionnelle compte tenu du lancement des différentes enquêtes ", ajoutant qu’il s’exprimera quand il le jugera utile.

" Il n’y aura pas d’impunité "

Toujours selon les propos rapportés par ses proches, Emmanuel Macron a admis le " caractère choquant " du comportement d’Alexandre Benalla, soulignant que " nul n’est au-dessus des lois " et " qu’il n’y a pas eu et n’y aura pas d’impunité ".

Il a affirmé qu’il avait " confiance dans les enquêtes lancées " et promis qu’il n’y aurait " ni obstruction ni manipulation " au travail mené conjointement par la justice, « l’Inspection générale de la police nationale » et la « commission d’enquête parlementaire ».

A l’occasion de cette réunion " en petit comité ", le président a demandé au secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, de procéder à " une réorganisation pour éviter que ce genre de dysfonctionnement se reproduise ", a encore fait savoir le palais présidentiel.

Quelques heures auparavant, ce dimanche, Alexandre Benalla a été « mis en examen ». Le parquet de Paris a annoncé en début de soirée que l’homme de 26 ans, ex-chargé de mission et ex-chef de cabinet adjoint à l’Élysée, était sous le coup de cinq chefs d’accusation :

- " Violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail ",

- " immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique ",

- " port et complicité de port prohibé et sans droit d’insignes réglementés par l’autorité publique ",

- " recel de détournement d’images issues de la vidéoprotection " et " recel de violation du secret professionnel ".

Il a été placé sous contrôle judiciaire et il lui est interdit d’exercer une fonction publique ou une « mission de service public ».

Benalla invoque le code de procédure pénale

Vincent Crase, gendarme réserviste et salarié de " La République en Marche " qui se trouvait à ses côtés le 1er mai, a également été « mis en examen » pour " violences en réunion ", " immixtion dans l’exercice d’une fonction publique " et " port prohibé d’arme ".

Trois policiers, déjà " suspendus " pour avoir transmis les images de vidéo-surveillance des affrontements du 1er mai à Alexandre Benalla, ont également été « mis en examen », pour " détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection " et " violation du secret professionnel ".

Selon " le Journal du dimanche ", Alexandre Benalla aurait apporté quelques explications aux enquêteurs lors de sa garde à vue pour expliquer sa présence à la manifestation en question.

Il a déclaré que c’était « à l’invitation de la préfecture de police » et non de sa propre initiative, qu’il s’y était rendu comme " observateur ". Concernant son attirail de policier (casque, brassard et radio), c’est un gradé de la préfecture qui le lui aurait fourni, bien qu’il ne soit pas réellement policier.

Enfin, pour justifier ses actes, Benalla a cité l’article 73 du « code de procédure pénale » qui permet à n’importe qui d’intervenir en cas de commission d’une infraction. Et, d’après lui, c’est justement pour étayer son argumentation que ce proche du Président aurait demandé les images des caméras de la préfecture, afin d’illustrer la violence des affrontements du 1er mai à Paris, place de la Contrescarpe.

Ce lundi 23 juillet, c’est au tour du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, de s’expliquer.

Il sera entendu à partir de 10 heures par la " Commission d’enquête " de l’Assemblée nationale lors d’une audition publique.

Le lendemain, il sera également auditionné par la « commission des Lois » du Sénat, également constituée en " commission d’enquête ".

Pourquoi « l’Inspection générale de la police » (IGPN) n’a pas été saisie immédiatement ?

Quel était le rôle exact de Benalla auprès de l’Elysée ?

Les points que le " premier flic de France " devra éclaircir sont nombreux.

Magazine Marianne