Le "père" du programme nucléaire iranien dans le viseur d’Israël

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le " père " du programme nucléaire iranien dans le viseur d’Israël

Benyamin Netanyahu a fait une présentation le 30 avril dans le but de démontrer que l’Iran avait continué à développer l’arme atomique. - JIM HOLLANDER/EPA/Newscom/MaxPPP

Le Premier ministre israélien veut empêcher à n’importe quel prix, y compris par la guerre, que l’Iran ne se dote de l’arme nucléaire.

« Retenez bien ce nom ».

Ce conseil donné sur un ton martial par Benjamin Netanyahu vise Moshen Fakhrizadeh.

Ce savant atomiste présenté comme le « cerveau » du programme nucléaire iranien a de quoi désormais s’inquiéter légitimement pour sa vie.

Au moins une demi-douzaine d’experts et de militaires iraniens ont été assassinés ces dernières années dans leur pays. Certains ont été abattus en pleine rue par des hommes en moto et d’autres éliminés par l’explosion de mines sous leur voiture.

" Le Mossad " a été présenté comme le suspect numéro un de ces opérations homicides sans, bien entendu, passer aux aveux.

Toute la question est de savoir si ce genre de pratique expéditive va reprendre.

Seule certitude : Benjamin Netanayhu, lors d’un récent show télévisé, où il a présenté des dizaines de milliers de documents volés par « le Mossad » dans les archives secrètes iraniennes, a lourdement insisté sur le rôle clé joué par Moshen Fakhirzadeh.

Cet officier supérieur des Gardiens de la Révolution de 57 ans a été accusé d’être le patron d’un programme secret visant à doter l’Iran, le jour venu, de l’arme nucléaire.

Un scénario que le Premier ministre israélien veut empêcher à n’importe quel prix, y compris par la guerre, mais qui pourrait devenir réalité si Donald Trump décidait le 12 mai de retirer les États-Unis de l’accord conclu en 2015 sur le nucléaire iranien entre Téhéran et les grandes puissances.

Les dirigeants de la République islamique ont prévenu que dans ce cas, ils répliqueraient en relançant immédiatement les opérations d’enrichissement d’uranium.

Pour Benjamin Netanyahu, une telle course à la bombe atomique est tout à fait intolérable car elle mettrait en danger l’existence même de l’État d’Israël.

Dans le passé, l’État hébreu n’a d’ailleurs pas hésité à bombarder des installations nucléaires en Irak, à l’époque de Saddam Hussein, ainsi qu’en Syrie, il y a onze ans, contre un réacteur construit en secret par des Nord-Coréens.

Bref, Israël n’entend pas renoncer au monopole de l’armement nucléaire dans la région, sans toutefois reconnaître officiellement l’existence de cet arsenal, qui comprendrait selon les experts, une centaine de bombes atomiques produites par le réacteur de Dimona dans le sud du pays construit avec l’aide de la France il y a un peu plus d’un demi-siècle.

Le ton vis-à-vis de l’Iran est d’autant plus intransigeant qu’une " guerre de l’ombre " fait déjà rage entre les deux pays sur le sol syrien.

Durant le seul mois d’avril, deux bases aériennes où étaient apparemment stockés des missiles " susceptibles " d’atteindre le territoire israélien, ont été attaquées.

Plus d’une dizaine de militaires iraniens, dont des officiers, ont été tués lors de ces raids attribués à l’État hébreu.

Depuis, les ministres israéliens ne cessent de mettre en garde les dirigeants iraniens pour les dissuader de se lancer dans des représailles sur le thème : « Si vous nous attaquez, nous avons les moyens de vous faire encore plus mal ».

Autre signe inquiétant : Benjamin Netanyahu a fait voter une loi lui permettant avec le ministre de la Défense, le très vindicatif Avigdor Lieberman, de déclencher une guerre si des « conditions extrêmes » sont réunies, sans avoir à obtenir " le feu vert " préalable du gouvernement, comme c’était censé être le cas jusqu’à présent.

Par Julien Lacorie, à Jérusalem

Marianne