Le parquet national financier a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de François et Penelope Fillon

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le parquet national financier a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de François et Penelope Fillon

Le vendredi 11 Janvier, l’information donnée par " Le Monde " avait été confirmée par une source de " France 2 ", très proche du « Pénélope Gate » ou encore du dossier Pénélope et François Fillon. Le « Parquet national financier » (PNF) a requis le renvoi devant le " Tribunal correctionnel " de François et Penelope Fillon. Selon " Le monde ", le procès pourrait finalement avoir lieu avant la fin de l’année 2019.

Des accusations graves

Le 25 Janvier 2017, le " Canard enchainé " publie un article selon lequel Penelope Fillon aurait été rémunérée à 500 000 euros brut pour ses fonctions " d’attachée parlementaire " auprès de son époux, l’ex premier Ministre et député François Fillon ainsi que son suppléant Marc Joulaud.

Les faits se seraient déroulés de 1998 à 2007 et en 2012.

Entre 2012 et 2013, Pénélope Fillon aurait aussi été " embauchée " à la " Revue des deux mondes ". Elle aurait touché 100 000 euros brut à ce nouveau " poste ".

Distante vis-à-vis de ces différents emplois, elle a été immédiatement soupçonnée de ne les occuper que fictivement. Suite à ces affirmations, le « Parquet National » de Paris a saisi l’affaire et a lancé une enquête préliminaire le jour même. Les principales charges retenues sont lourdes et compromettantes pour François Fillon et son épouse : " détournement de fonds publics ", " abus de biens sociaux ", " escroquerie aggravée " et " complicité ".

Le lendemain de la parution de l’article, François Fillon conteste et dément toutes les accusations contenues dans l’article, dans un entretien au journal télévisé. Malheureusement pour l’ex député, dès février , " Le Canard enchaîné " viendra corroborer sa thèse en publiant des preuves de la hausse du salaire de Penelope Fillon en tant " qu’assistante parlementaire " avant 2007 pour un montant de 813 440 euros brut et un autre salaire de 84 000 euros brut, versé à deux des enfants du couple, Charles et Marie Fillon, entre 2005 et 2007.

Tous les deux auraient été " embauchés " à leurs tours comme " assistants parlementaires " pendant que François Fillon était sénateur.

François Fillon finit par s’indigner et prétexter « un coup d’État institutionnel » venu de " la gauche " contre sa candidature à la présidentielle.

François Fillon est mis en examen le 14 mars. L’enquête révélera qu’il aurait reçu des costumes de luxe depuis 2012, de dizaines de milliers d’euros de la part de Robert Bourgi, figure des réseaux de la « Françafrique ».

Des soupçons de « trafic d’influence » pèsent sur lui.

D’autre part, des documents « faux » avaient été saisis en sa possession lors d’une perquisition effectuée par les enquêteurs.

De nouvelles alternatives

Selon le « Parquet National Financier », les trois juges chargés de l’affaire des emplois fictifs de la famille Fillon, ont terminé l’enquête depuis le 19 octobre soit dix huit mois après la « mise en examen » de François Fillon.

Il devrait comparaître devant le « Tribunal correctionnel », après les réquisitions du « Parquet National Financier », auprès de son épouse Pénélope Fillon et de son ex suppléant parlementaire Marc Joulaud.

Le dernier « mis en examen » dans cette affaire était Marc Ladreit de Lacharrière, patron de la société " Fimalac ", propriétaire de " la Revue des deux mondes ", qui avait " employé " Penelope Fillon. Il avait été mis en examen pour « abus de bien sociaux » en mai 2017. La " conseillère littéraire " de sa revue s’était justifiée en prétendant avoir rédigé « des notes et des fiches de lecture ». La parution de seules deux de ces fameuses " notes " et " fiches ", avait été prouvée.

Marc Ladreit de Lacharrière a opté pour une procédure de « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ». Le milliardaire aurait décidé de " plaider coupable ". Cette procédure, appelée aussi le « plaider-coupable à la française » nécessite l’homologation du juge du tribunal de Paris en audience publique.

Le mardi 11 décembre, il a été condamné à huit mois de prison " avec sursis " et 375 000 euros d’amende pour pour avoir accordé un « emploi de complaisance » à l’épouse de François Fillon, Penelope Fillon.

Si la condamnation ne sera pas marquée à son casier judiciaire, elle porte un coup à la défense des autres accusés qui, eux, continuent à réfuter le caractère fictif des emplois mis en cause.

Les deux enfants Fillon ont été placés sous le statut de « témoin assisté ». L’affaire François et Pénélope Fillon aura permis de mettre en place des lois pour " la confiance dans la vie politique ". Adoptées en août 2017, ces lois interdisent formellement aux parlementaires d’employer des membres de leur famille directe (conjoint, parents, enfants, beaux-parents et beaux-enfants).

Martin de Wallon

AgoraVox