Le meurtre de Julian Assange

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le meurtre de Julian Assange

Ce fut un marché de dupes

Le jour où Donald Trump a été élu, ses partisans lui ont demandé de gracier le fondateur et leader de " WikiLeaks ", Julian Assange. Ils ont inondé les « médias sociaux » en exigeant qu’Assange soit autorisé à quitter l’ambassade de l’Équateur à Londres sans être arrêté et extradé vers les États-Unis.

Silence assourdissant de Trump et de son administration.

Quelques mois avant l’élection, " WikiLeaks " a publié une archive consultable de plus de 30 000 courriels et pièces jointes provenant du serveur de courriel privé d’Hillary Clinton.

Trump n’avait aucune aversion à exploiter les courriels. Il les a appelés " les courriels de Crooked Hillary " [" Escroc Hillary "] et a dit qu’ils mettaient en danger la sécurité nationale des États-Unis.

" Les Démocrates " ont hurlé à la manipulation et déclaré qu’Assange était " de connivence " avec Poutine et les Russes.

En avril, ils ont intenté une action en justice devant la cour fédérale contre le gouvernement russe, la campagne Trump et " WikiLeaks ".

Ils soutiennent qu’il y a eu une conspiration généralisée pour faire basculer les élections de 2016.

Ils n’ont aucune preuve de cela. Les preuves ne sont plus nécessaires. Les accusations à elles seules servent maintenant à faire tomber les leaders et à détruire les carrières.

Julian Assange et " WikiLeaks " ne sont plus utiles à Donald Trump.

Il a gracié l’ancien shérif d’Arizona, Joe Arpaio, et le " néocon " Scooter Libby.

Trump a réfléchi à d’autres grâces, dont une " à titre posthume " pour Muhammad Ali condamné pour « avoir refusé de servir dans l’armée ».

Il a été signalé en juin que des proches de Trump cherchaient à faire pardonner le roi de " junk bond ", Michael Milken, pour sa condamnation sur « la fraude en valeurs mobilières ». A la manœuvre, ont trouve l’ancien élève de " Goldman Sachs " et actuel secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, et le gendre de Trump, Jared Kushner.

Pendant ce temps, Julian Assange est abandonné à son sort.

Le procureur général de Trump et son ancien directeur de la CIA, aujourd’hui secrétaire d’État, Mike Pompeo, veut qu’Assange soit extradé vers les États-Unis où il sera jugé et peut-être exécuté pour espionnage.

« AG Jeff Sessions » a déclaré que l’arrestation et la poursuite d’Assange est une priorité pour le gouvernement des États-Unis, tandis que Pompeo l’a dénoncé comme un " service de renseignement hostile ", en oubliant le fait qu’il n’avait aucun problème à utiliser les courriels de Clinton pour accuser le " DNC " [organe dirigeante du " Parti Démocrate " – NdT] de saboter la campagne de Bernie Sanders.

Les États-Unis ont exercé d’énormes pressions sur l’Équateur.

Après une réunion avec le général Joseph DiSalvo, du " Commandement du Sud " - peut-être pour discuter de " coopération en matière de sécurité " - le président équatorien Lenín Moreno a fait marche arrière en matière de sécurité à l’ambassade et a refusé à Assange l’accès à sa famille, ses amis et ses médecins.

Ils ont aussi coupé sa connexion Internet.

Cette semaine, le ministre équatorien des Affaires étrangères Jose Valencia a déclaré que son gouvernement travaillait sur un plan de " sortie " pour sortir Assange de l’ambassade où il a vécu ces six dernières années.

Valencia a déclaré à " Associated Press " que le plan serait " un plan qui encourage une sortie, que nous ne voulons pas être traumatisant... nous voulons qu’elle soit effectuée en accord avec le droit international ".

M. Moreno a déclaré que M. Assange s’est immiscé dans les relations de l’Équateur avec d’autres pays en " tweetant " sur les événements politiques. Il a également déploré la " nuisance " de l’asile politique d’Assange et a déclaré que le « lanceur d’alerte » australien est un " problème hérité " de l’administration précédente.

Le gouvernement de Moreno a accordé la citoyenneté à Assange dans l’espoir que l’immunité diplomatique serait accordée et qu’il quitterait l’ambassade.

Assange sait qu’il ne faut pas tomber dans le piège. Immunité ou non, il sera arrêté dès qu’il sortira de l’ambassade.

Le militant et cinéaste John Pilger a pris à partie " la gauche " pour avoir abandonné Assange :

« Il y a un silence parmi beaucoup de ceux qui se disent " de gauche ". Ce silence s’appelle Julian Assange. Alors que toutes les fausses accusations se sont écroulées, que toutes les diffamations se sont révélées être l’œuvre de ses ennemis politiques, Julian apparaît comme celui qui a exposé un système qui menace l’humanité ».

Pour la classe dirigeante, il est impératif qu’Assange soit arrêté, extradé et inculpé d’espionnage aux États-Unis.

Le message sera inestimable, l’effet paralysant inestimable.

Les sales secrets de la guerre, les subterfuges politiques, le trucage des élections et d’autres crimes et méfaits ne sont pas destinés à la consommation publique.

La publication de la vidéo " Collateral Damage " et des " journaux de guerre " de l’Afghanistan et de l’Irak aurait dû donner lieu à un mouvement anti-guerre plus vaste et plus actif.

Ce n’est pas arrivé.

L’opposition " libérale " et " de gauche " à la guerre ne se produit que lorsqu’un " républicain " siège dans le Bureau ovale. Obama a effectivement détruit ce qui restait du mouvement anti-guerre de l’ère Bush.

Huit ans d’Obama ont fait l’effet d’une lobotomie sur " la gauche ".

" Les Démocrates " ont soutenu la guerre de Hillary Clinton contre le peuple libyen. Ils n’ont pas réagit lorsqu’elle a fait envoyer aux « rebelles » syriens les armes collectées sur les champs de bataille en Libye.

" Les Démocrates " appellent à renverser Bachar al-Assad en Syrie. Ils croient que la Russie a fait élire Trump et que Vladimir Poutine répand des mensonges et de fausses nouvelles pour saper et détruire notre " démocratie ".

Les grandes ONG, les fondations et les groupes de réflexion abondent dans l’absurde.

En raison surtout de l’endoctrinement résultant de l’éducation du public et d’une " mentalité de troupeau " inculquée par les dirigeants et les médias, il est relativement facile pour l’oligarchie financière et ses partenaires corporatifs de laver le cerveau du public.

Il font désormais passer les guerres et les conquêtes pour de « l’humanitaire ».

Je suis assez vieux pour me souvenir de l’époque où des millions d’Américains louaient Daniel Ellsberg pour avoir publié les " Pentagon Papers ".

Mais c’était avant.

Aujourd’hui, les " libéraux " et les " progressistes " veulent pendre les « lanceurs d’alerte », au même titre que leurs homologues " républicains " et " néoconservateurs ".

Gore Vidal a dit que l’Amérique souffre d’amnésie.

Les Américains sont largement aveugles aux crimes de guerre et financiers perpétrés en leur nom. C’est en partie le résultat de l’endoctrinement par le biais des « médias de propagande », mais dans une large mesure, les Américains sont incurables et ne sont pas gênés par la criminalité de leurs dirigeants et de leurs institutions.

La plupart se fichent que Julian Assange soit un homme " en sursis ".

Ils sont incapables de voir l’État criminel pour ce qu’il est - une opération mafieuse mondiale qui ébranle des continents entiers et mène des guerres de conquête et de pillage pour le profit.

Kurt Nimmo

Traduction " chaque jour qui passe révèle un peu plus notre état d’hébétude " par VD pour " le Grand Soir " avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Source : https://kurtnimmo.blog/2018/06/22/the-murder-of-julian-assange/

Le Grand Soir