Le groupe " Génération identitaire " dissous en Conseil des ministres

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Le groupe " Génération identitaire " dissous en « Conseil des ministres »

Bertrand GUAY / AFP

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a confirmé sur " Twitter " ce mercredi 3 mars la dissolution du groupe d’extrême droite " Génération identitaire " en « Conseil des ministres ».

Leur manifestation à Paris n’aura rien changé. Le groupe d’extrême droite " Génération identitaire " (GI) a été " dissous " ce mercredi 3 mars en « Conseil des ministres », a confirmé dans un " tweet " le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, affirmant que cette association " incite à la discrimination, à la haine et à la violence ".

https://twitter.com/GDarmanin/status/1367075681067237379?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1367075681067237379%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.marianne.net%2Fpolitique%2Fle-groupe-generation-identitaire-dissous-en-conseil-des-ministres

Dans le décret de dissolution présenté dans son " tweet ", cette dernière est justifiée par le fait que " cette association et certains de ses militants doivent être regardés comme tenant un discours de haine incitant à la discrimination ou à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion ".

" Par sa forme et son organisation militaires ", est-il ajouté, " Génération idendentaire " " peut être regardée comme présentant le caractère d’une milice privée ".

Des liens avec l’auteur de l’attentat de Christchurch

Il est également fait état des " liens avec des groupuscules d’ultradroite dont (le groupe) reçoit un soutien logistique et qui défendent une idéologie appelant à la discrimination, à la violence ou à la haine au nom de théories racialistes ou suprémacistes ".

L’association a - par exemple - reçu des dons de Brenton Tarrant, l’auteur de l’attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui a fait 51 morts en mars 2019.

En avril de la même année, lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire sur les groupuscules « d’extrême droite », Bruno Dalles, l’ancien directeur de " Tracfin " - un organisme du ministère de l’Économie et des Finances, chargé de la lutte contre la fraude fiscale, le " blanchiment d’argent " et le financement du terrorisme -, avait ainsi affirmé que Brendon Tarrant était " membre bienfaiteur " de GI.

La procédure avait été lancée le 14 février avec l’envoi à l’association d’un argumentaire auquel elle avait jusqu’au 24 février pour répondre.

Le sujet avait été évoqué dès le 26 janvier après une action " anti-migrants " menée quelques jours plus tôt par " Génération identitaire " dans les Pyrénées.

Le 19 janvier, le groupuscule « d’extrême droite » avait lancé une l’opération, baptisée " Mission Pyrénées " pour traquer les " profils suspects " et " afro-maghrébins " - selon eux - à la frontière franco-espagnole. Cette action avait conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire pour " provocation à la haine raciale ".

La dissolution de " Génération identitaire " intervient aussi alors que le ministère de l’Intérieur a, ces derniers mois, obtenu celle de trois asssociations proches de la mouvance « islamiste » (" CCIF ", " BarakaCity " et le collectif " Cheikh Yassine ") dans le sillage de l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, et de celle du groupe « ultranationaliste » turc des " Loups gris ".

Magazine " Marianne "