Le combat des élus d’une commune d’Oléron contre l’installation d’un McDo

, par  DMigneau , popularité : 0%

Le combat des élus d’une commune d’Oléron contre l’installation d’un McDo

Depuis 2015, le maire de Dolus-d’Oléron s’oppose à la construction d’un McDo dans sa ville. - PETER KNEFFEL / DPA

Farouchement opposés à l’installation d’un McDo dans leur ville, le maire de Dolus-d’Oléron et des élus sacrifient leurs indemnités pour payer des amendes quotidiennes de 300 euros. Une astreinte imposée par le tribunal administratif car le maire refuse de signer le permis de la construction déposé par la firme en 2015.

La lutte contre l’implantation d’un " restaurant " McDonald’s se poursuit à Dolus-d’Oléron. La petite commune de près de 3 200 habitants, située sur l’Île d’Oléron, est divisée : faut-il accueillir un " fast-food " de la célèbre firme américaine ?

Grégory Genre, le maire (sans étiquette) de la ville, soutenu par une majorité des membres du conseil municipal, est catégorique : la réponse est non.

" En Oléron, nous agissons pour " le bio " à la cantine, le circuit court et la défense de l’agriculture locale ", a assuré le maire – ancien militant chez Greenpeace – à " La Croix ".

Pour " assumer ses convictions ", il est allé jusqu’à utiliser ses indemnités mensuelles, conjointement avec les élus de la ville. Au total, depuis mi-octobre, ils ont dépensé 9 000 euros pour payer des amendes quotidiennes de 300 euros.

Imposées par le tribunal administratif de Poitiers en première instance, elles font suite au refus du maire de signer le permis de construire déposé par McDonald’s en 2015.

En plus de l’aspect écologique, Grégory Gendre assure que l’installation d’un McDo – avec un guichet " Drive " – donnerait lieu à des perturbations de circulation. Un argument qui n’a pas convaincu le tribunal administratif, puisqu’il avait donné un mois au maire, à compter du 21 septembre dernier, pour délivrer le permis.

Près de 1 500 Dolusiens en faveur du McDo

Même si Dolus-d’Oléron a fait appel du jugement, demandant au passage la suspension des pénalités jusqu’à l’audience, la commune paye.

Pour l’heure, parallèlement aux indemnités des élus, la ville a récolté 4 400 euros de dons de particuliers et a voté le 13 novembre l’affectation d’une provision de 131 000 euros, destinée à payer les 300 euros quotidien des mois à venir.

En plus de la firme internationale et du tribunal, les irréductibles élus se trouvent confrontés à un groupe " Facebook " de près de 1 500 Dolusiens (quasiment la moitié de la population), en faveur de l’ouverture du McDo.

Valérie Vanrechem, sa fondatrice, met en avant la création de 40 CDI et 30 CDD et d’un lieu où " les jeunes " pourraient se retrouver. La commerçante défend également la possibilité de manger équilibré chez McDo et le droit des habitants à choisir.

Floriane Valdayron

Marianne