Le Venezuela a vu naître le coup d’État médiatique

, par  DMigneau , popularité : 63%

Le Venezuela a vu naître le coup d’État médiatique

Le célèbre journaliste espagnol Ignacio Ramonet a déclaré aujourd’hui qu’il était au Venezuela le jour du 1er coup d’État médiatique de l’histoire, ce qui oblige à réfléchir sur la façon d’utiliser les moyens de communication.

Caracas, le 11 avril (PL)

" Il y a 14 ans, jour pour jour, on a tenté de destituer le président de l’époque, Hugo Chavez [1], mais cela a surtout été possible par le rôle qu’ont joué les médias dans cet événement " a déclaré Ramonet à Prensa Latina, dans le cadre de l’événement " Le Venezuela à la Croisée des chemins " organisé par le Réseau des intellectuels et artistes en Défense de l’humanité [2].

Le directeur de publication du " Monde Diplomatique ", dans sa version en espagnol, a ajouté que c’est précisément à cause de ce constat que le Venezuela est aussi le pays où on a le plus réfléchi sur la façon dont les médias dominants ont manipulé la population.

" La communication de masse a une importance indéniable, mais à condition que le message soit bien travaillé ; il ne suffit pas d’avoir de nombreux médias pour être efficace parce que, quand un système répète trop la même chose, il peut produire l’effet inverse de celui recherché, à savoir, le rejet du public " a-t-il expliqué.

Ignacio Ramonet a illustré son propos avec le cas de l’Argentine où Néstor Kirchner est parvenu à la présidence, malgré le fait que les médias dominants soient du secteur privé, avec le groupe Clarin en première ligne.

" Depuis lors, au cours de la dernière décennie, il y a eu dans ce pays des médias publics très importants, des réseaux communautaires significatifs ont été créés et malgré tout cela, paradoxalement, la droite a été imposée lors des dernières élections présidentielles " a-t-il précisé.

L’analyste a expliqué que la raison réside probablement dans le traitement du message : " on se reposait sur l’idée qu’avec de nombreux médias nous obtiendrons quelque chose. Mais ce n’est pas la bonne formule, car il est surtout nécessaire de délivrer un discours bien élaboré " a-t-il ajouté

Le journaliste a averti que ce qu’a fait la droite au cours des derniers mois pour revenir, c’est tirer parti de la crise économique mondiale, avec des méthodes différentes.

" Nous l’observons au Brésil où l’on essaie de porter un coup d’État judiciaire contre le gouvernement de Dilma Rousseff ou encore ici, au Venezuela, où la majorité de l’opposition à l’Assemblée nationale cherche à imposer des lois qui, en réalité, ne sont pas prévues par la Constitution " estime Ignacio Ramonet.

" Autrement dit, ils essayent de créer des débats qui ne sont déjà plus aussi que frontaux que ceux du 11 avril 2002, mais en réalité ils cherchent la même chose : arrêter l’expérience progressiste car elle va à l’encontre des grands intérêts des oligarchies " a-t-il ajouté.

L’auteur de " Cent heures avec Fidel (Castro) " a rappelé que le chef de la Révolution cubaine, à son avis, avait conscience de l’importance de travailler correctement les messages à l’intention des masses.

Il y a quelques années à La Havane, Fidel avait averti un groupe d’intellectuels : « l’importance est de faire connaître notre vérité » et à l’heure actuelle, il nous faut reprendre cette réflexion avec beaucoup de force, les médias ne constituent qu’une partie [des moyens de communication], la différence se fait au niveau de leur contenu, conclut-il.

Nicholas Valdés

Source de l’article original : Prensa Latina.cu, " Venezuela vio nacer el golpe de Estado mediático ", asegura Ramonet , le 11 avril 2016

Traduction : Admin Site France-Cuba

Source : http://www.francecuba.org/venezuela-a-naitre-coup-detat-mediatique/

Le Grand Soir

Notes :

[1] NdT : en référence à la tentative du Coup d’État du 11 avril 2002.

[2] NdT : voir Forum à Caracas du 8 au 14 avril " Le Venezuela et notre Amérique entre la crise du capitalisme et la géopolitique impérialiste "

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