Le Mexique au bord de l’explosion sociale.

, par  DMigneau , popularité : 69%

Le Mexique au bord de l’explosion sociale.

Le Mexique est au bord de l’explosion sociale suite à l’augmentation de plus de 20 % du carburant. La plupart des Etats mexicains sont touchés et les autorités craignent une extension de cette révolte qui devrait s’amplifier dans les jours à venir en raison de l’impuissance du gouvernement mexicain à répondre à cette crise majeure.

Le Mexique vit des moments qui conduisent le pays au bord de l’explosion sociale suite à l’augmentation par le gouvernement mexicain de plus de 20 % du prix des carburants. La plupart des 32 Etats mexicains sont touchés et le pays n’avait pas connu de tels mouvements de révolte depuis des décennies.

Si la cause semble bien être cette augmentation du prix des carburants, en réalité, elle est l’eau qui a fait déborder le vase de la patience d’une large partie du peuple mexicain qui ne se sent pas écouté par un pouvoir politique qui a rompu depuis bien longtemps tout dialogue avec la population.

Cette crise sociale ne s’explique donc pas seulement par cette mesure gouvernementale injuste, mais aussi par des années pendants lesquelles le gouvernement d’Enrique Pena Nieto n’a jamais prise au sérieux le désir du peuple mexicain d’être entendu par un pouvoir politique sourd à toute critique, à toute revendication et à toute justice.

Par conséquent, cette explosion sociale qui prend des formes violentes comme des actions de pillage et de morts de personnes, ne peut s’expliquer en dehors du contexte politique qui a vu chaque année un peu plus un Etat mexicain agrandir le fossé politique qui le sépare des citoyens mexicains, par son incapacité à écouter et à prendre en compte les demandes de la société civile mexicaine.

Il est plus que probable que cette crise sociale va continuer à s’étendre à tout le pays et convaincre de plus en plus de mexicains de vouloir en faire une confrontation directe avec le gouvernement mexicain.

De crise sociale, elle deviendrait une crise politique qui pourrait précipiter l’Etat dans un usage de la violence et de la répression envers les manifestants, de plus en plus soutenus par les partis politiques de gauche qui devraient en profiter pour contester la légitimité politique du parti au pouvoir, le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), qui contrôle toutes les institutions du pouvoir politique, institutionnel et économique avec beaucoup d’autoritarisme et guidé par un inquiétant mépris pour les droits de l’Homme.

JAQUIS

MediaPart