Le FN mis en examen dans l’affaire des assistants parlementaires

, par  DMigneau , popularité : 68%

Le FN mis en examen dans l’affaire des assistants parlementaires

Marine Le Pen est déjà mise en examen depuis le 30 juin. - AFP

Le parti de Marine Le Pen a été mis en examen pour " complicité d’abus de confiance " et " recel d’abus de confiance ", dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés, révèlent ce mardi 12 décembre " Mediapart " et " le Monde ".

Nouvelle étape judiciaire pour le FN. Le parti de Marine Le Pen a été mis en examen le 30 novembre dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens pour " complicité d’abus " et " recel d’abus de confiance ", annoncent ce mardi 12 décembre " Le Monde " et " Mediapart ".

Wallerand De Saint Just, trésorier du parti et qui l’avait représenté devant les instructeurs, a affiché son calme auprès du " Monde " : “ C’est la logique exacte de l’instruction. J’ai tout à fait contesté que le FN est bénéficiaire à mauvais droit d’argent du Parlement européen ”.

Après Marine Le Pen, déjà mise en examen dans cette affaire le 30 juin, c’est donc le parti qui est poursuivi en tant que personne morale par les magistrats instructeurs. Ceux-ci soupçonnent le Front national d’avoir embauché fictivement des assistants parlementaires avec les fonds du Parlement européen.

Ces derniers auraient pourtant travaillé pour le parti lui-même et non à Bruxelles. Le préjudice causé est estimé aux environs de 5 millions d’euros par le Parlement européen.

Des documents à l’appui

Cet été, Marine Le Pen indiquait aux juges qu’elle estimait que “ les griefs qui (lui) sont faits relèvent d’un débat qui excède la compétence des juridictions pénales françaises ”, considérant qu’il s’agissait là d’un “ débat qui concerne uniquement le Parlement. ”

Les accusations trouvent pourtant leur origine dans un rapport d’enquête de " l’Office européen de lutte anti-fraude " (OLAF) qui l’avait transmis à la justice française en juillet 2016.

En septembre dernier, Wallerand de Saint-Just avait reconnu auprès des enquêteurs qu’il y avait " pu y avoir des erreurs commises au regard d’une réglementation très rigide mais en aucun cas il n’y a eu de fraude ou de volonté de captation des fonds publics européens ".

Mais comme le rappelle " Le Monde ", plusieurs éléments viennent aujourd’hui contredire cette version : des documents saisis lors de perquisitions laissent penser à la justice que le parti frontiste aurait volontairement détourné les fonds du Parlement européen pour financer sa propre activité.

Quelque 17 députés européens frontistes sont soupçonnés d’avoir embauché leurs assistants de manière fictive. Parmi eux, ceux de Marine Le Pen, de son père Jean-Marie, de son compagnon Louis Alliot, ou encore de Florian Philippot, à l’époque membre du Front national.

Magazine Marianne