Le Danemark envisage de saisir les bijoux et l’argent des réfugiés

, par  DMigneau , popularité : 64%

Le Danemark envisage de saisir les bijoux et l’argent des réfugiés

Le gouvernement danois souhaite confisquer aux réfugiés leurs effets de valeur pour financer leur accueil. A quand la saisie des dents en or ?

Passé les bornes, n’y aurait-il plus de limites au pays de la Petite sirène où le gouvernement conservateur de Lars Lokke Rasmussen gouverne sous l’œil des nationalistes du Parti des Danois (DF), première formation de droite du pays depuis les élections ?

A la demande de sa ministre dite « des étrangers et de l’intégration » Inje Støjberg, le Parlement devrait en effet adopter un projet de loi obligeant les réfugiés qui ont fui avec du cash ou des bijoux estimés à plus de 300 euros - à l’exception des alliances sans diamants - à les vendre pour acquitter leurs frais de résidence au Danemark.
Sans prise en compte de leur grande valeur affective lorsque l’on quitte sa patrie dans des circonstances tragiques.

Une volonté qui a enflammé les médias outre-Atlantique et les réseaux sociaux sur le thème : voilà qui rappellerait les comportements des nazis pendant la seconde guerre mondiale. A quand la saisie des dents en or ?

Ulcéré par ces critiques, le Premier ministre tente donc de les faire taire en expliquant que cette mesure s’appliquerait aux réfugiés fortunés comme à tous les citoyens. « Puisqu’au Danemark, la philosophie sociale est de s’assumer lorsqu’on le peut et lorsque l’on détient des avoirs. Et de relever de l’aide publique lorsque l’on ne le peut plus. »

Sauf que comme l’a précisé sa ministre, ce devoir de céder des objets de valeurs ne s’applique en théorie aux Danois que lorsque leur dette à l’égard de l’Etat excède 1300 euros. Et dans un pays où le chômage est très faible, à moins de 7 %, ils peuvent toujours dégoter un job pour se remettre à flot. Ce qui n’est pas forcément le cas des réfugiés assignés à résidence pendant que l’administration examine leur dossier.

Après avoir déjà lancé au Liban des campagnes de presse dans les grands journaux pour dissuader les Syriens et les Afghans de rejoindre son pays, Inge Støjberg apparaît de plus en plus comme le simple épigone de Pia Kjaersgaard, l’ancienne chef des nationalistes qui désormais préside le parlement.

Les Danois ont-ils vraiment conscience du naufrage de l’image internationale de leur pays qui vient aussi de refuser, par référendum, de participer au fichier des passagers aériens visant à prévenir les actes terroristes ?

Le très suivi discours de leur reine Margrethe II, le 24 décembre au soir, permettra peut-être de mieux comprendre les ressorts de ce pièce dépressive qui se joue cet hiver à Copenhague…

Laurence Dequay

Marianne