Le Brésil, au bord d’un coup d’Etat ?

, par  DMigneau , popularité : 17%

Le Brésil, au bord d’un coup d’Etat ?

Coup d’État ou non, le Brésil vit en ce moment une période qui laissera des traces dans son histoire. Il se trouve confronté à sa pire crise politique depuis le rétablissement de la démocratie en 1984. La présidente Dilma Roussef espère sortir gagnante de cette confrontation. L’opposition, quant à elle, veut donner définitivement un coup d’arrêt à cette expérience de plus de 12 ans du " Parti des Travailleurs " au Brésil.

Résultat du match, à partir du 15 avril prochain.

Le Brésil vit actuellement sa pire crise politique depuis que le pays est redevenu démocratique en 1984. La crise économique, pour sa part, apporte son lot de méfaits et personne, ici ou ailleurs, ne semble assez avisé pour annoncer ce qu’il adviendra du pays les prochains jours.

Le déferlement d’accusations auquel nous assistons quotidiennement, suite à l’opération anti corruption " mains propres " appelée ici " Lava-jato " (Lavage express), en marche depuis deux ans, est parvenu à injecter un tel niveau d’animosité et de confusion dans la tête des brésiliens qu’il est difficile en ce moment d’introduire un peu de logique et du bon sens quand il s’agit de discussion politique.

En jetant un coup d’œil dans quelques journaux français, je m’attendais à lire une analyse un peu plus fouillé et austère sur la situation difficile que vit le pays. Malheureusement, Il n’en est rien. Tout y est dans l’apparence, sur les grands titres accusateurs, et rien sur le fond, à l’instar des grands médias brésiliens qui eux, au moins, ont un alibi : peser pour que rien ne change.

La situation actuelle

Pour comprendre la situation politique présente, nous pouvons la résumer en une phrase : La Présidente Dilma Rousseff est en train de subir en ce moment une intervention du parlement dans le but de mettre fin à sa présidence. C’est ce qu’on appelle ici, un " impeachment " : une destitution.

Cette tentative de destitution n’est pas une première au Brésil. Fernando Collor, en 1992, en fit les frais après avoir été accusé et reconnu coupable de fraudes et malversations. C’est un recours qui est inscrit dans la Constitution de 1988 et qui peut déboucher sur la destitution des responsables de l’exécutif, c’est-à-dire, le président de la République ou un Gouverneur d’Etat (sachant que le Brésil est une Fédération qui comprend 27 États) ou bien des hauts magistrats du " Suprême Tribunal de justice " .

La compétence de la procédure appartient au Parlement.

D’abord, c’est le Président de la Chambre des Députés qui décide de recevoir, d’accepter et de donner suite à une accusation. Si cette accusation est formalisée, chaque groupe politique de la Chambre désigne un nombre déterminé de ses membres pour former une commission, avec un Président et un Rapporteur.

Cette Commission aura la mission de valider ou non cette accusation et de la soumettre au vote de l’ensemble des députés. Si le vote favorable à l’accusation dépasse les 2/3 des parlementaires (342 sur 513), le procès de destitution devra suivre son chemin vers le Sénat.

C’est donc le Sénat qui devra juger. A ce stade, et temporairement, l’accusé ne peut plus exercer ses fonctions pendant 180 jours maximum. Si au terme du procès, l’accusé est reconnu coupable par au moins 2/3 des sénateurs (54), il sera destitué de tout mandat et ne pourra plus se représenter avant 8 ans.

A ce jour, 11/04/2016, l’accusation a été validée par le Rapporteur et devrait, selon toutes les estimations, être soumise à l’ensemble des députés à partir de la fin de cette semaine.

D’après la constitution, pour qu’il puisse y avoir destitution de la Présidente Dilma Rousseff, celle-ci doit, obligatoirement, être reconnue coupable de " crime de responsabilité " envers le pays. Le " crime de responsabilité " est défini par 8 manquements reconnus graves et il doit, obligatoirement, avoir été commis au cours de l’exercice actuel de la mandataire :

1. Agir contre l’existence de la Fédération,

2. Agir contre le libre exercice du législatif, du pouvoir judiciaire et des pouvoirs constitutionnels des Etats,

3. Porter atteinte aux droits politiques, individuels et sociaux,

4. Porter atteinte à la sureté du pays,

5. Improbité administrative,

6. Violation de la loi des finances,

7. Malversation et détournement de fonds publics,

8. Se soustraire aux décisions judiciaires.

L’accusation accepté par le Président de l’Assemblée (il y en a eu des dizaines) et qui se déroule en ce moment à la Chambre des Députés brésilienne, porterait exclusivement sur le point " 6 " de cette liste.

Dilma Rousseff est accusée d’avoir maquillé les comptes déficitaires de l’année 2015 en différant le paiement du Trésor Public, par une manipulation comptable, envers les chargés de distribution (banques et autres organismes de crédits d’États) de certains bénéfices sociaux et autres pensions.

Il est utile de remarquer qu’au mois d’octobre 2015, et pour la première fois de l’histoire du Brésil, le Tribunal des Comptes avait décidé de rejeter l’exercice 2014 en refusant ce type de manipulation budgétaire alors qu’elles avaient été acceptées durant toutes les années antérieures, et surtout, durant TOUS les gouvernements antérieurs.

L’abécédaire des faits qui font les " unes " de la presse

Premièrement, la justice ordonne la détention pour une période indéterminée de responsables de grandes entreprises du BTP et de PETROBRAS qui seraient à l’origine ou ayant participé d’un vaste programme de corruption politique.

Après chaque arrestation, et par un système de fuite bien huilé, la presse et la TV anticipent les premières déclarations des suspects (qui devraient rester confidentielles car sans fondement juridique) et qui accusent généralement des membres du gouvernement ou des partis de la coalition.

La déduction logique de cette plateforme d’accusation se dessine rapidement chez le lecteur ou le spectateur du journal : les coupables se trouvent uniquement d’un seul côté de l’échiquier politique.

C’est ainsi que l’on va nous montrer de plus en plus des brésiliens excédés et prêts à manifester pour exiger le départ de la présidente Dilma Roussef.

A partir de cette analyse, corroborée par les accusations de certains détenus qui ont décidé de négocier des aveux, on débouche naturellement sur l’actuation du parlement qui lance le procès de destitution de la présidente.

Afin de donner une justificative au processus et de montrer à l’opinion publique que l’enquête se dirige dans la bonne voie, on nous signale les supposées entraves à la justice de la part du gouvernement. On insiste sur le côté rebelle de l’exécutif envers la démarche résolue des juges et des policiers. On illustre le tout avec l’image d’un super juge qui campe un personnage à la Eliot Ness, avec des " aveux " accusateurs d’anciens membres du parti au pouvoir et des affirmations cueillis dans les manifestations du type " à moins d’être sots ou bien, insérés dans la magouille, tous les brésiliens veulent le départ de la présidente et de son gouvernement ".

Finalement, et voyant que la légalité de la manœuvre n’est pas aussi " évidente " pour beaucoup de monde et devant le tôlé de nombreux juristes et autres spécialistes, on finit par expliquer que cet " impeachment " ne serait pas un coup d’État parce qu’il est bien stipulé dans la Constitution et qu’il n’y aurait, d’autre part, pas de troupes armées prêtes à prendre le pouvoir et que, par conséquent, les défenseurs de la présidente Dilma Roussef ne jouent que sur les mots et sur la rhétorique.

Un scénario bien ficelé mais des acteurs médiocres

Ce scénario, qui est suivi à l’identique par certains journaux français, est celui présenté par la presse dominante brésilienne - journaux et tv - ouvertement anti gouvernement et pro " impeachment ".

Nous le visionnons aujourd’hui en boucle comme un vrai film de propagande. Tout le monde le connait car des bandes annonces en cascade sont apparues depuis le lendemain de la réélection de la présidente Dilma Rousseff à la fin de l’année 2015, c’est à dire bien avant qu’elle ne commence réellement ce deuxième mandat.

Comme la forme est celle d’une fiction, c’est-à-dire des accusations sans les preuves, il n’y a que la réalité et la logique pour que nous puissions distinguer le vrai du faux.

Du vrai, d’abord, parce que les brésiliens ont effectivement montré leur profonde insatisfaction au cours de ces derniers mois, en battant le pavé comme jamais auparavant ils ne l’avaient fait. Comme je l’ai décrit auparavant, la plupart de ces manifestants se trouvent dans un état de conviction inflexible en ce qui concerne les agissements délictueux du gouvernement et exigent donc la destitution (" impeachment ") de la présidente.

Du faux, ensuite, tout simplement, parce que Dilma Roussef n’a jamais été accusé de corruption, malversations ou d’une quelconque improbité. La seule faute que l’opposition a su trouver et qui sert de base pour le jugement qu’elle s’apprête à subir, ce sont ces infractions comptables dont j’ai parlé et qui masquent les vrais chiffres du déficit à une période donnée. Une erreur commise par tous les présidents qui se succèdent depuis la monarchie, selon un ancien ministre. Mais pas de corruption là dedans !

Du faux encore : Lorsque le gouvernement critique les agissement du juge Moro. Ce n’est pas le travail de la justice lui-même qui est mis en doute, c’est la volonté de Moro et d’autres juges de faire pencher artificiellement la balance vers un jugement politique.

Moro se positionne non pas comme un juge mais comme un adversaire politique en donnant la priorité aux détenus qui consentent de cogner contre le gouvernement en échange de remises de peine. Ce système est d’autant plus flagrant que les remises de peines sont proportionnelles à l’importance du nom (au sein du gouvernement, bien sûr) que le détenu ira lâcher. C’est ainsi que Lula et Dilma seront toujours sur le podium des accusés.

Tout le monde sait que la présidente Dilma Rousseff a toujours défendu le travail de la police et des juges afin de s’attaquer à la corruption sans épargner " qui que ce soit ". Pourtant, nulle part dans cette presse brésilienne de grande distribution, nous n’apprenons que le travail de ces mêmes juges et policiers qui travaillent sur cette grande enquête, n’a été rendu possible que grâce à la liberté, aux moyens et à l’indépendance donné par ces mêmes gouvernements de Lula et de Dilma Roussef.

Que des juges comme Moro et bien d’autres n’auraient jamais pu faire leur travail avec la liberté de mouvement qu’ils ont aujourd’hui. Et ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est eux-mêmes ! Que cette justice n’est pas apparue comme ça, de nulle part, tels des justiciers-héros des feuilletons américains. Depuis le premier mandat de Lula, et pour la première fois en période démocratique, les nouveaux magistrats de la Cour Suprême ainsi que le Procureur Général de la République, n’ont pas été désignés unilatéralement par le pouvoir en place mais désignés par le collège propre des magistrats et acceptés ensuite par le président en place.

La corruption qui est tant décriée aujourd’hui existait aussi durant les gouvernements de Fernando Henrique Cardoso et bien avant. C’est une corruption endémique qui ne sera, sans doute, pas exterminée par cette opération juridico-policière que nous vivons aujourd’hui.

Ce n’est toujours pas moi qui l’affirme mais plutôt un spécialiste de ce genre d’affaire et qui ne fit pas grand bruit dans les journaux lors de sa visite au Brésil, il y a quelques jours. Le juriste italien, Gherardo Colombo, qui participa dans l’opération " Mani pulite " (Mains propres) en Italie, l’équivalent du " Lava-jato " brésilien et qui fut invité pour donner son avis sur les similitudes des deux opérations, fut catégorique dans son explication et signifia que dans les cas où cette corruption est endémique et qu’elle fait partie de la culture du pays, on pourra mettre en prison tous les suspects, le mal en lui même ne sera pas extirpé.

Du faux toujours : Ce ne sont pas tous les brésiliens qui veulent la destitution de Dilma Roussef. Cette campagne est une campagne orchestrée par l’opposition qui n’a pas encore digéré sa dernière défaite et qui voudrait utiliser une autre méthode pour prendre le pouvoir. Ce sont aussi des groupes réactionnaires, fascistes, racistes qui ont profité également de l’espace ouvert afin de s’insérer dans cette lutte contre le gouvernement.

Malgré le traitement partiel et douteux de l’information, mais grâce à l’internet : réseaux sociaux, blogs et autres sites d’information, la mobilisation des forces progressistes ne fait que grandir.

Les institutions sociales, les artistes, les étudiants, les intellectuels, les avocats et juristes ne cessent de dénoncer ce parti pris et d’exiger l’équité de la justice afin d’éviter une issue qui irait à l’encontre de la légalité comme ce fut le cas pour le coup d’État en 1964. Les manifestations anti impeachment ne cessent de croitre et sont la preuve qu’il existe une société civile prête à rejeter cette issue que l’on veut nous présenter comme inéluctable.

Du faux avec du vrai : L’impeachment est insérée dans la Constitution, certes, mais les raisons pour invoquer et entreprendre cette issue sont également bien stipulées dans ces lois.

Dilma Roussef a, incontestablement, commis des erreurs - et beaucoup - mais elle n’a commis aucun crime, de responsabilité ou quoi que ce soit de délictuel, et par conséquent, elle ne peut légalement être destituée.

Et si cela arrive tout de même, quel nom peut-on donner à ce type d’intervention, lorsqu’un groupe de personnes enfreint la Constitution afin de faire tomber un président et de prendre le pouvoir ?

La réponse est dans le dictionnaire et non pas dans la grande presse brésilienne.

De l’autre côté des manchettes

Parce que le fond du problème est, bien sûr, politique.

Faire partie des BRICS et être politiquement indépendant vis-à-vis des autres puissances est un élément qui ne fait pas que des heureux. Etre une puissance économique et vouloir son indépendance, ce n’est pas crédible pour d’autres.

Sortir le Brésil des " mauvaises fréquentations " est une lutte constante de ceux qui voudraient le faire revenir sous d’autres cieux beaucoup plus " étoilés ". Le Brésil possède d’innombrables matières premières, une technologie de pointe dans le secteur de l’aviation et surtout dans la prospection du pétrole. C’est un pays qui possède une population de plus de 200 millions d’habitants et rien que pour cela il attire tous les secteurs du commerce mondial.

Le commerce mondial aime le Brésil et celui-ci le lui rend bien.

Cette panacée d’atouts attire bien sûr les convoitises, internes et externes.

En ce moment de crise où nous connaissons une économie globalisée et une industrie en pleine restructuration, où des pays tel la France ont du mal à garder les grandes entreprises à l’intérieur de ses frontières, les entreprises au Brésil passent aussi par des difficultés d’adaptation et par des problèmes de gestion interne qui doivent être résolus.

C’est le cas de la compagnie Petrobras, l’un des fleurons et la fierté du peuple brésilien. Petrobras, avec ses dizaines de milliers de collaborateurs répartis à travers le monde, n’est pas un navire facile à manœuvrer. Loin de là. Mais ce qui, peut-être, incommode le plus dans cette entreprise - surtout pour les apprentis néolibéraux brésiliens et étrangers - c’est que même si elle est cotée à la bourse de New-York et de São Paulo, la société Petrobras est encore contrôlée par l’État brésilien.

Au milieu de cette économie sans frontières ni drapeaux, quoi de plus normal que d’entendre que Petrobras " est au bord du gouffre ", que la corruption a gangrené le squelette de la compagnie, qu’une entreprise d’Etat sonne faux et ringard et que pour résoudre tous ces problèmes, il faut absolument la " moderniser ", c’est-à-dire, dans le jargon " économique moderne " : la privatiser.

Pourtant, si nous lisons la conclusion du rapport commandé par La Chambre des Députés, en 2015, et qui concerne " La situation économique, financière et opérationnelle de PETROBRAS " et sans détailler les chiffres qui ne servent à rien dans cet exposé, nous constatons que la Société Petrobras est une entreprise qui est performante, qu’elle est même à la pointe dans son domaine au niveau mondial ; qu’au niveau des profits, elle se trouve bien devant toute autre grosse entreprise brésilienne, tel VALE.

Qu’elle présente actuellement une excellente situation financière avec des actifs conséquents et des prévisions de recettes très enthousiasmantes pour un futur proche. L’essentiel des grosses pertes que la compagnie a subi dernièrement ne sont pas à mettre à la charge de la corruption - même si celle-ci est symboliquement et politiquement importante - mais plutôt aux fluctuations du prix du pétrole, toujours à la baisse, et à la chute de l’ensemble des commodités.

La réponse à tous ces changements, inespérés ou mal perçus, entrainent logiquement des dépenses accrues au niveau de la restructuration de l’entreprise.

Parler du fond et non seulement des apparences, c’est autrement la vérité.

Et la corruption du gouvernement tant décriée ?

Comme je disais plus haut, la corruption au Brésil est un problème aussi vieux que le pays lui même. C’est culturel. Elle existe au niveau du gouvernement mais aussi dans l’opposition. Etant donné que c’est l’opposition qui mène cette croisade contre le gouvernement, les accusations contre celle-ci sont aussitôt évincées.

Elle existe, d’abord, chez l’élu qui reçoit des sommes (entreprises privés) pour se faire élire afin qu’il travaille politiquement non pas pour ceux qui l’ont élu mais surtout pour ceux qui l’ont financé et pour lui même.

Elle existe chez l’automobiliste qui donne un billet au policier pour ne pas recevoir une amende.

Elle existe chez le fonctionnaire de la Mairie qui arrondit ses fins de mois en monnayant son petit pouvoir.

Elle existe chez le policier qui vole le voleur ou qui monnaye une protection.

Elle existe chez l’entrepreneur qui va payer le fonctionnaire pour avoir des contrats (cas de la compagnie PETROBRAS).

Elle existe chez les grandes banques et les grandes entreprises privées qui payent des fonctionnaires du fisc afin de faire réduire la valeur des impôts à payer (cas d’une autre enquête-opération actuelle, du nom de " zelotes ", qui fait moins de bruit car les coupables sont tous des gros capitalistes et tous pro-impeachment mais où les pertes pour l’Etat sont infiniment majeures que celles du cas PETROBRAS).

Elle existe chez le médecin qui va faire payer à des gens pauvres la consultation alors qu’il est déjà payé par l’Etat.

Elle existe chez le gardien de prison qui va recevoir du détenu pour un meilleur traitement, le juge qui vendra les sentences... etc.

Au niveau politique, elle apparaît aujourd’hui plus que jamais grâce au travail effectif, sans interférence, de la police et de la justice. En outre, il y a l’effet internet et les réseaux sociaux qui donnent un écho majeur de toutes ces informations.

Néanmoins, tous les acteurs de ce feuilleton politique, même ceux les plus entrain à porter des coups de couteaux à ce gouvernement, reconnaissent en Dilma Rousseff, une femme honnête. Le journaliste allemand Thomas Fishermann, correspondant au Brésil du journal " Die Zeit ", écrivait au lendemain de la grande manifestation du 13 février, à la fin de son article : " si l’on devait chasser tous les politiciens corrompus qui siègent à Brasília, il ne resterait presque personne, sauf, peut-être, Dilma Rousseff. "

Il faut donc bien insister que les affaires de corruption ne rentrent aucunement dans le procès qui se déroule à Brasilia contre Dilma Rousseff. Dilma , contrairement à plus de la moitié des membres de la commission de destitution qui comprend 65 parlementaires, contrairement, surtout, à celui qui fit tout pour enclencher ce processus et qui devrait être derrière une cellule, le Président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha, elle n’est visée juridiquement par aucune accusation de corruption, malversation ou autre délit administratif ou fiscal.

Eduardo Cunha est, lui, accusé de cacher des millions de dollars sur des Comptes suisses et qui ont pour origine des pots de vins et des commissions occultes en lien avec la compagnie Petrobras.

Le fonctionnement du lynchage médiatique

Toujours à la recherche de nouveaux alliés, la presse dominante brésilienne se complaît aujourd’hui de travailler main dans la main avec la justice. Une certaine " justice " pourrais-je dire. L’opération " Lava jato " réunit un groupe de travail comprenant des représentants du ministère public, des magistrats et de la police fédérale.

Contrairement à ce qui était coutume et afin de donner une célérité aux enquêtes, ce groupe de travail a décidé de passer outre l’obéissance aux seules lois et se mit à substituer les tribunaux de justice par les arènes médiatiques. Une méthode de jugement, dit-on " à l’américaine " et - comme je l’ai indiqué plutôt - qui consiste à emprisonner rapidement les suspects pour des durées indéterminées afin qu’ils passent plus facilement aux aveux.

Ces aveux serviront, en principe, à orienter les enquêteurs vers la prochaine étape de l’opération. C’est là où le bât blesse et que nous découvrons la " corruption " même de la méthode. Au lieu d’orienter les recherches et ramifications vers tous les nouveaux suspects, quels qu’ils soient, la commission n’a eu de cesse de sélectionner que ceux qui pouvaient nuire : l’ex président Lula, la présidente Dilma Roussef, son gouvernement et toute sa base d’appui.

C’est là aussi que nous comprenons ce " main dans la main " avec la presse et pourquoi ce mot de justice que j’ai écrit entre guillemets. Le juge Moro a fait de la presse son complice en faisant fuiter sciemment des aveux confidentiels et sanguinaires contre le gouvernement ou ses appuis, sans se donner le travail de vérifier les infos, et en espérant que la clameur populaire, une fois les propos publiés ou vus à la télévision, le dédouanerait de toute contrainte légale et le hisserait même par-dessus les lois.

Ainsi, jour après jour, le " Jornal Nacional ", principal journal d’info de la chaîne " Globo " et qui est regardé par des dizaines de millions de brésiliens, s’est fit un malin plaisir de mettre en exécution - et ce sans économie de temps d’antenne - ce grand lynchage médiatique. La justice, poussée par le feu de l’action et par l’opinion publique chauffée à bloc, n’avait plus qu’à cueillir officiellement les déjà condamnés au lieu de suivre les principes de base d’un de droit où la présomption d’innocence est la règle.

Une preuve indiscutable de ce lynchage juridico-médiatico-policier, a été l’interpellation de Lula, il y a quelques semaines, à son domicile, par la Police Fédérale.

Étant donné que les élections présidentielles auront lieu en 2018 et voyant que les sondages sont encore favorables au possible candidat du " Parti des Travailleurs ", élu, selon ces mêmes enquêtes, comme le meilleur président brésilien de tous les temps, il ne leur reste, évidemment, que la possibilité de l’assassiner politiquement à la face de tout ceux qui le magnifient.

Ainsi, en direct sur la TV Globo, durant une bonne partie de la journée, nous avons été les témoins d’une situation scabreuse et absurde, digne d’un roman de Kafka.

Pourquoi le juge Sergio Moro ordonne-t-il l’interpellation de Lula afin de l’interroger, à 6 h du matin, avec un bataillon de 200 policiers armés, alors que la police n’a rien de plus à lui demander que ce à quoi il a déjà répondu à plusieurs reprises ?

Comment se fait-il que la TV Globo est déjà sur place avant même que la police n’arrive, avec des journalistes en bas et un hélicoptère en haut pour ne pas perdre une miette du moment où les policiers pénètreront dans l’immeuble du domicile du ex-président ?

Pourquoi l’amener de force sachant que celui-ci ne s’est jamais faufilé ou refusé à répondre à une quelconque enquête, sachant que tous ceux qui ont fait le choix de le saigner, lui et ce gouvernement, se démènent inlassablement et sans succès jusqu’à maintenant pour obtenir une quelconque preuve à son encontre ?

Pourquoi ce cirque médiatique alors qu’il serait difficile et surtout contre-productif pour une personnalité de premier plan comme Lula de prendre la fuite et d’aller voir " ailleurs ". L’hebdomadaire " Veja ", l’un des fleurons de la presse réactionnaire et citée par tout un chacun qui veut la fin de Lula et Dilma, n’a pas hésité à inventer " en exclusivité " un plan de fuite de l’ex président avec la connivence des autorités italiennes.

Il va de soi que l’ambassadeur italien, qui n’avait même pas été bien reconnu sur l’illustration donné par la revue, a immédiatement démenti les faits sans pour autant réussir à que cette revue ne se justifie sur les mensonges publiés.

Un deuxième, encore plus grave : Le juge Moro décide d’intercepter une communication téléphonique entre Lula et la Présidente et de balancer aussitôt cet enregistrement vers la presse, pour le grand journal du soir. J’avoue que je suis resté estomaqué par la décision du juge et le contenu est passé à un second plan.

J’ai aussitôt pensé : si François Hollande était écouté à son insu par un juge et que l’on entendait ses propos dans le journal de 20h, qu’en serait-il du juge ? Pour l’instant, le juge Moro se porte très bien et il a même présenté ses excuses aux membres du Tribunal Suprême en disant quelque chose du genre : « Je ne le ferai plus ! » C’est tout.

En définitive, nous pouvons affirmer que rien n’a justifié cette parodie absurde à propos de l’interrogatoire de Lula. C’est illégal d’interpeller un individu qui ne se récuse pas à être interrogé. Rien ne le justifie... à moins de vouloir ajouter délibérément de l’huile sur le feu et afin de sonder la capacité de réaction de l’opinion publique, principalement parmi ceux qui ne manqueraient pas de donner l’alerte rouge en voyant cette violation des lois.

Ce n’est pas tout.

Quelques jours plus tard, le ton est encore monté d’un cran lorsque le Ministère Public de la ville de São Paulo est monté au créneau et demande directement la prison pour Lula alors qu’il n’a toujours pas la moindre preuve à se mettre sous la dent. Le chef d’inculpation : " perturber l’ordre et la sécurité " que l’on va rajouter à la liste de " soupçons de ", " ayant des motifs de " " trouvant des indices de ", " des évidences de "... bref, des pseudos accusations qui ne servent que pour chauffer un peu plus l’opposition et pour faire jubiler ceux qui donneraient leur chemise et même plus pour voir Lula derrière les barreaux.

A noter, deux anecdotes à propos de ce réquisitoire grotesque qui ont fait beaucoup parler les internautes et la presse en général. Pour étayer leur propos et prenant appui sur le " Manifeste du Parti Communiste ", les juges ont brusquement remplacé dans leur texte le nom de Engels par celui du philosophe Hegel.

Confusion ou erreur typographique, à chacun son point de vue. La deuxième est autrement plus risible, car le juriste, auteur des interprétations de certains textes juridiques sur lesquels le réquisitoire s’est appuyée avec le plus de ferveur, est intervenu un jour plus tard en remerciant les juges de l’avoir cité mais affirmant qu’ils avaient mal lu son texte et que les conclusions qu’ils avaient donnés n’étaient pas du tout les siennes.

Si le ridicule tuait, paraissait-on entendre...

Les supposés " libérateurs "

" Aidez-nous à évincer la présidente Dilma et vous pourrez voyager à nouveau à Miami. Si Dilma tombe, le dollar tombe aussi.... " Sur sa page Facebook, le juge fédéral, Itagiba Catta Preta Neto, du district de Brasília, s’exprimait ainsi avant que le procès sur la suspension de la nomination de Lula comme nouveau ministre du gouvernement de Dilma Roussef ne lui arrive sur son bureau.

Son désir était tellement puissant et sa préparation professionnelle tellement évidente, qu’il ne lui fallut que 28 secondes (les traces informatiques sont là) , pour recevoir, rédiger et officialiser sa décision.

Comment se fait-il que le livre des records, le fameux Guinness World Records, ne s’est pas encore intéressé à cette performance. Sans doute parce que c’est trop suspect et qu’il y a anguille sous roche. D’autant plus qu’au Brésil, nous avons à faire à une justice qui a plutôt l’expérience du contraire.

Les procès en instance et en appel s’entassent sur les bureaux des juges et les délits prescrivent souvent avant que quelqu’un y mette vraiment la main. C’est d’ailleurs la stratégie choisie par beaucoup de politiciens ou gens influents qui veulent échapper à des sanctions civiles ou pénales.

Le nouveau Code de Procédure civile (CPC) qui vient tout juste d’être mis en place, est une tentative de solution à ce problème. Saura-t-il donner un nouveau élan à cette justice latente, imprégnée de condescendance envers le reste de la population ?

Peut-on changer une dynamique sans changer le cerveau ?

Difficile à dire et la méfiance reste de mise.

En situation de crise, le Brésil, comme tout autre pays, adore voir surgir les super héros qui vont nous en mettre plein les yeux et les oreilles et nous faire rappeler qu’au fond, il n’y a rien de mieux que d’être patriote et de se sacrifier pour son pays. Les Etats-Unis y sont une référence pour ce type de modèle et nous le démontrent à chaque fois que l’État a besoin d’être suivi par la population.

C’est le cas du juge Moro. Inconnu il y a peu de temps par la population, aujourd’hui un sans nombre de brésiliens ne jurent que par lui. Il peut tout faire sans que personne y puisse offrir de résistance. Comme je l’ai dit plus haut, et selon un journal américain, c’est l’Eliot Ness de la justice brésilienne. Mais peu sont ceux qui se questionnent sur l’efficacité de cette manœuvre.

Le sens critique n’est pas le repas de ceux qui espèrent que le pays devienne autre de ce qu’il est, gangrené par la corruption, anéanti par un système politique archaïque qui masque sans beaucoup de retenue le colonialisme d’autrefois. Mais on ose espérer qu’un système de baguette magique aura le pouvoir de tout effacer sans passer par le commencement, c’est à dire, sans passer par cet apprentissage permanent qu’est la démocratie.

Les griffes du passé

Nous dévons déterrer quelque peu l’histoire pour expliquer autrement ce qui se trame derrière la situation actuelle. Nous comprendrons sans doute un peu plus sur la corruption et d’où elle vient. Malgré des tentatives en partie réussie des gouvernements Lula/Dilma afin de tordre la barre inégalitaire de son histoire depuis les caravelles portugaises, la société brésilienne reste toujours profondément bourrée d’inégalités, de rituels et de comportements qui pour nous, européens, appartiennent souvent à un autre temps.

La moindre des choses pour ceux qui viennent cueillir la réalité sur place, est de constater qu’une part écrasante du pouvoir médiatique ainsi qu’une majorité de membres du pouvoir politique et judiciaire d’aujourd’hui sont encore les fils directs du colonialisme, de la dictature et des élites qui furent toujours choyés par les pouvoirs en place. Que tous ces privilèges acquis durant ces années sombres n’ont jamais été perdus, au contraire, qu’ils constituent le socle de ceux qui craignent devoir en rendre une partie.

Ce sont ceux là qui mènent cette croisade contre ce gouvernement.

Le fait que les projets structurels de reforme (politique, électorale, communication, etc.), soient toujours remises aux calendes grecques n’est-il pas une preuve indéniable du manque de volonté politique des parlementaires pour sortir ce pays des griffes du passé ?

Le fait que les parlementaires aient refusé de voter la fin du financement des campagnes politiques par les entreprises, n’est-il pas une preuve que la corruption est au cœur du législatif ?

Le fait que la chaîne de TV Globo soit devenue le porte étendard de cette croisade n’est-il pas la crainte de perdre son monopole ou même la concession publique qui se termine d’ici deux ans ?

Le fait des hauts magistrats ayant voté une loi pour eux-mêmes afin de se maintenir à leur poste jusqu’à 75 ans et afin de garder plus longtemps leur privilèges, n’est-il pas aussi un manque de volonté de sortir des griffes du passé ?

Le fait des hauts magistrats s’augmenter eux même leur salaire, déjà mirobolant, sans tenir compte des difficultés que traverse le pays, n’est-il pas une preuve du manque d’éthique et du refus de sortir des griffes du passé ?

A-t-on vu un magistrat, en France, entrer dans l’ascenseur et signifier à sa collaboratrice qu’elle doit prendre les escaliers ?

C’est pourtant une habitude dans certains tribunaux au Brésil. Cela peut paraître ridicule, une contradiction avec la notion de justice. La plupart des magistrats brésiliens ne trouvent pourtant rien à redire, sinon ceci n’aurait plus cours en plein XXIe siècle.

Au contraire, ils en redemandent sans cesse et rien n’est trop beau pour les efforts qu’ils font pour le " bien " de la communauté. Ces juges, dont une bonne partie défend bec et ongles les accusations sélectives du juge Moro, n’ont jamais cessé de critiquer les lois votées par le gouvernement pour les plus pauvres, tel la bourse familiale (bolsa familia). Beaucoup d’entre eux ne pardonnent pas à Lula car c’est avec lui que le Brésil a enfin eu une loi contre le népotisme. Avant cela, il arrivait même que toute la famille du " grand " fonctionnaire - juge ou autre - reçoive l’argent du contribuable sur des postes vrais ou fictifs.

Par contre, ils ne perçoivent rien d’anormal de gagner une prime de mobilité de plus de R$ 4000 (env. 1000 euros). Rien d’anormal que cette prime ne soit pas uniquement pour ceux qui doivent s’absenter de leur résidence mais pour tous, dans certains cas, même pour les retraités.

Rien à dire, non plus, pour les hauts magistrats, et ses deux mois de vacances par an - payés bien sûr - droit à la voiture de fonction, avec chauffeur, secrétaire particulière à disposition.

Rien à dire que ces deux fonctionnaires soient payés avec l’argent du contribuable, que leur travail soit principalement des tâches à effectuer bien loin de tout tribunal de justice : chauffeur de famille, gestionnaire de grandes fazendas, garde du corps, dame ou homme de compagnie.

Rien d’anormal de toucher une prime de livres sans pour autant être obligés d’alimenter une quelconque bibliothèque dans leur cabinets de travail. Et puisque le népotisme est aujourd’hui banni, rien d’anormal que d’abuser des influences et des faveurs réciproques afin de placer les membres de leur famille dans des administrations diverses avec des bons salaires.

Rien d’anormal que certains de ceux-ci n’ait jamais mis le pieds dans une administration et qu’ils puissent toucher tranquillement leur salaire, qu’ils puissent même prendre leur retraite.

Rien d’anormal qu’ils puissent battre le pavé afin de dénoncer la corruption du gouvernement et d’exiger la destitution de Dilma Roussef.

Rien d’anormal que de toucher au-delà de R$ 70 000, pour certains d’entre eux, alors que les salaires du judiciaire sont plafonnés à R$ 33 000 et que le salaire minimum n’arrive pas aux R$ 900.

Devant cette mine de privilèges, combien d’entre eux vont vouloir d’un gouvernement qui envisage de changer tout cela ?

Le choix

Le Brésil est aujourd’hui confronté à deux types de projets pour l’avenir : l’un qui se veut progressiste, qui se situe sur la continuité et l’amélioration de ce qui vient d’être réalisé depuis 12 ans, et un deuxième, de type ouvertement néolibéral, qui recherche la cassure et l’éloignement de ce modèle d’Etat providence. C’est aux brésiliens de choisir.

Si j’écris ces quelques lignes, c’est parce qu’y suis en plein dedans et que l’insensibilité ou l’indifférence de cette agitation politique actuelle n’est pas encore arrivé à me tourmenter l’esprit. En habitant ce pays depuis déjà un certain temps et témoin imparfait des traces du passé encore présentes et de l’évolution sociale au cours de cette dernière décennie, ma vision ne cesse d’engendrer des sentiments plutôt contraires.

Il y a quelques jours, l’éditorialiste du journal " Le Monde ", nous affirmait que l’ère des coups d’Etat en Amérique Latine est révolue. Que la CIA n’est plus là pour subvenir à des nouveaux complots pour destituer les présidents par la force et que l’accusation de " coup d’État constitutionnel " au Brésil est simplement une contradiction et une rhétorique afin d’essayer d’inverser la situation et de caractériser le gouvernement, " gangrené par la corruption ", comme victime.

Pourtant, en 2012, ce même journal, par le biais de comptes rendus ou de commentaires, n’a pas eu trop de mal à se poser la question, à dénoncer même, lorsque Fernando Lugo, président paraguayen, légitimement élu par le suffrage universel, fut sommairement destitué par le parlement pour cause de " mauvaise gestion ".

Comment, un parlement, qui sert de garant de la Constitution, peut-il donner des interprétations successives - selon le moment ou l’envie - d’une constitution qui a été écrite justement pour éviter les excès ?

Imagine-t-on un instant, en France, un François Hollande risquant de perdre son mandat parce qu’il est au plus bas des sondages, parce qu’il n’a pas su éviter la courbe ascendante du chômage, parce que certains de ces collaborateurs ont touché au poteau rose de la corruption ? Parce qu’il a osé se défendre ?

Nous répondrions certainement tous en chœur, à gauche comme à droite : " C’est dans les urnes que cela se décide ". Et Il ne peut être autrement sous risque d’une crise infiniment majeure par la suite .

Ce qui serait impensable dans une démocratie occidentale, peut-il s’avérer une solution dans un pays à démocratie plus fragile ?

Le cas du Paraguay paraît bien vouloir se répéter aujourd’hui au Brésil. Et au Brésil, même si nous sommes encore dans le dit " tiers monde ", la démocratie fait partie des règles que tout un chacun doit apprendre à respecter sous risque d’éclatement des bienfaits de celle-ci. Ce pourquoi l’éditorial du " Monde " est incongru et n’apporte aucune clarté à la confusion que vit ce pays.

Nous sommes au bord d’une tentative d’abus de pouvoir, d’interprétation tendancieuse de la constitution afin de légitimer un coup de force qui forcerait le départ d’un gouvernement élu par le vote universel.

Le gouvernement n’est pas exempt d’erreur - c’est le moins qu’on puisse dire - mais la justice du peuple ne peut être soumise aux intérêts de certains. Il y a quelque temps, le " Monde Diplomatique " terminait ainsi un article sur la destitution de Fernando Lugo au Paraguay : " Venezuela, 2002. Bolivie, 2008. Honduras, 2009. Equateur, 2010. Paraguay, 2012... Avortées ou réussies, les tentatives de coup d’Etat ne sont plus rares en Amérique latine. Les classes dominantes de la région peineraient-elles à accepter la transition démocratique ? "

Maintenant c’est, Brésil, 2016 ? Début de réponse vers le 15 avril.

Pablo Arenas

Post-scriptum 1 :

Des nouveaux sondages viennent de sortir. Lula continue en tête comme possible candidat aux présidentiels de 2018 en gagnant trois points de plus par rapport au précédent sondage dont je parle ici dans le texte. Il en gagne aussi trois de plus comme meilleur président du Brésil de tous les temps.

Post-scriptum 2 :

La commission a voté. 38 députés soutiennent la destitution de la présidente Dilma, 27 sont contre. Sur les 38 qui sont pour, 36 ont été mis en examen pour corruption ou improbité. Sur les 27 contre, il y en a que deux. Cela résume tout. Maintenant, la plénière au vote.

SOURCE : http://brasilettres.blogspot.com.br/

Le Grand Soir