La vulnérabilité du " macronisme "

, par  DMigneau , popularité : 0%

La vulnérabilité du " macronisme "

En rupture avec le long et fastidieux lamento de la " balkanisation des gauches ", impuissantes à juguler voire à freiner l’omnipotence technocratique bourgeoise, voici l’ébauche d’une réflexion sur la crise profonde dont souffre aujourd’hui notre république à bout de souffle...

Cette réflexion part d’un constat auquel j’ai abouti à l’issue de mon travail sur les " 72 Immortelles " et qui rejoint le point de vue lucide et pertinent de Mona Ozouf :

" la cohésion nationale paraît aujourd’hui menacée de deux côtés à la fois.

De l’extérieur, par l’absorption dans " l’ensemble européen ". Toute une partie de l’opinion publique française tient qu’entre l’Europe et les nations, il y a incompatibilité essentielle et estime que si les États-nations se fédèrent, ils disparaissent ; une appréhension puissamment aidée par les relations historiquement difficiles de la France avec l’idée fédérale.

De l’intérieur, car on voit aujourd’hui monter la demande, souvent véhémente, des minorités et des groupes particuliers, pour que soit reconnue leur situation de victimes ou, tout le moins de " dominés " pour user du langage de Bourdieu.

On voit donc apparaître, en marge du " roman national "... toute une explosion d’histoires particulières, portées par la mémoire de groupes qui s’estiment oubliés, méprisés ou même molestés par l’Histoire officielle : les paysans, les ouvriers, les femmes, des victimes de toutes sortes...

C’est la revanche du multiple sur la nation " une et indivisible " avec la France morcelée. "

C’est ainsi que " le pilote " de cette " Cinquième République " a voulu " redresser la barre " de la tradition jacobine dont il est porteur, avec son comportement " hyper consensuel " de furet bienveillant lors du G7 de Biarritz afin de renouer avec la mission universelle de " la France des Lumières ".

Mais hormis ce domaine où l’illusion du " bon Samaritain mondialiste " peut perdurer et faire gloser les médias, il doit inéluctablement faire face aux problèmes de son propre pays, qui est un champ volcanique en gestation...

Car il y a un " feu souterrain " dans les entrailles de la nation, multiple et divers, centripète et incoercible : donc, la probabilité d’un incendie non maîtrisable.

Et ce n’est pas une armée largement gangrenée par le RN et un corps de police absurdement dirigé qui seraient en mesure d’être " la chair à canon " de la " démocrature macronienne ", à moyen ou à long terme.

On se rappelle le tragique destin des « Gardes suisses » de Louis XVI lors de l’assaut donné au château des Tuileries par les " sans-culottes " le 10 août 1792 !

Le " talon d’Achille " du pouvoir bourgeois est son jacobinisme, sa " dictocratie " effrénée " une et indivisible ".

L’invincibilité de la force populaire repose sur son aptitude au fédéralisme.

Vingtras

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