La sécheresse tue le bétail en Afrique du Sud

, par  DMigneau , popularité : 32%

La sécheresse tue le bétail en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud n’a plus connu une telle sécheresse depuis 1982

Photo : AP

Plus de 50.000 vaches sont mortes ces dernières semaines dans un pays victime du phénomène climatique « El Nino » tandis que les prochaines pluies ne sont pas attendues avant le mois de mars 2016, selon certains spécialistes de la météo.

Alors que l’on s’interroge sur les conséquences du phénomène climatique « El Nino » qui provoque des inondations dévastatrices dans certaines régions du monde et des sécheresses tout aussi catastrophiques dans d’autres, l’agriculture d’Afrique du Sud est déjà très impactée par la sécheresse .

Près de la frontière avec le Boswana, le lac artificiel de Molatedi , le plus grand de cette province qui compte 3,7 millions d’habitants est vide à 95 %. La terre est craquelée et il n’y a plus de nourriture pour le bétail. Selon des associations d’éleveurs plus de 50.000 vaches sont mortes dans plusieurs régions du pays, notamment au Kwazulu-Natal.

Plus au sud, dans la province du Nord-Ouest, les producteurs de grains, notamment de maïs, sont aussi victimes de la sécheresse au point que cette région pourrait bientôt devoir importer cette céréale alors qu’il est traditionnellement exportatrice.

Cinq des neuf régions sud africaines sont déjà déclarées en situation de catastrophe naturelle. Selon certains experts météo, les pluies tant attendues, pourraient ne pas tomber avant le mois de mars prochain.

En attendant, les prix des céréales sont en train de monter en Afrique du sud. Au niveau mondial, les prix des céréales sont anormalement bas depuis plus d’un an car les bonnes récoltes de 2014 et 2015 ont créé une situation où l’offre dépasse la demande solvable.

Du coup, les traders avaient pris l’habitude de spéculer à la baisse sur les marchés à terme tandis que le marché physique suivait cette tendance. Mais cette tendance pourrait s’inverser rapidement si la persistance d’El Nino venait à réduire sensiblement les perspectives de récoltes de blé dans de grands pays producteurs comme les Etats Unis, le Canada, la Russie, l’Ukraine et l’Australie.

De même, des retards dans la mousson dans certains pays asiatiques pourraient favoriser une flambée du prix du riz dans les prochains mois. Déjà les premiers signes d’augmentation du prix du sucre et de l’huile de palme sont perceptibles depuis quelques semaines pour les mêmes raisons.

Ces signes nous montrent que les politiques de libéralisation des échanges agricoles fondées sur une concurrence mondialisée sont potentiellement dangereuses dès lors que des aléas climatiques viennent augmenter les risques de pénuries faute de stockage de sécurité dans beaucoup de pays.

Voilà aussi qui souligne l’irresponsabilité des dirigeants politiques qui, à la tête des Etats, s’en remettent au libre fonctionnement des marchés spéculatifs, au point de mettre en danger la souveraineté alimentaire de leurs pays et la sécurité alimentaire de leurs peuples.

Gérard Le Puil

L’ Humanité