La maquereau-économie version FMI

, par  DMigneau , popularité : 0%

La maquereau-économie version FMI

Et si d’aventure le climat social se pourrit, les capitaux étrangers " se casseront " et les « nationaux » soit s’évaderont à leur tour soit s’offriront une cure " d’hibernation " longue durée au chaud dans les coffres des banques locales ou étrangères.

« Réduisez la dépense publique pour faire des économies qui vous permettront d’honorer votre dette. »

C’est la recommandation centrale du « Fonds monétaire international » (FMI) à tous ses " partenaires " endettés auprès de cette " honorable " institution de Bretton Woods.

Comment cela ? Facile. En réduisant les subventions aux secteurs sociaux en général et les aides aux pauvres en particulier. Mais pas question de réduire les cadeaux fiscaux et autres avantages aux riches ! Car les économies dégagées par la réduction de l’aide aux pauvres en allant au soutien de l’investissement public et aux réductions fiscales sur les entreprises vont permettre, en fin de compte, à ces dernières de " créer de l’emploi " et aux « investissements étrangers directs » (IDE) d’affluer.

In fine la mécanique réduira le taux de pauvreté en générant de la « richesse nationale ».

Acte I :

Cette " belle mécanique " se grippe dès que certaines entreprises, bénéficiaires de cadeaux fiscaux, refusent d’embaucher voire licencient !

Pour se justifier trois arguments flous et élastiques sont chaque fois mis en avant.

Inadéquation " formation-emploi " et " conjoncture internationale " contraignante.

Autrement dit, manque de main d’œuvre qualifiée pour répondre à la modernisation sans cesse croissante de l’entreprise et hausse du dollar ou de « l’euro » qui limite l’importation de biens d’équipement nécessaires à la mise à niveau des outils de production de l’entreprise.

Donc, il faudra que les « pouvoirs publics » modernisent les outils de formation professionnelle pour répondre à la demande du « marché ».

Pour cela, l’État - qui manque encore plus de ressources financières du fait des réductions fiscales consenties - se voit obligé d’emprunter.

À qui ? Au FMI pardi !!

On a beau chuter de très haut en faisant moult acrobaties, on finit toujours par tomber sur le cher FMI.

Et rebelote. Pendant tout ce temps-là, la dette grossit et son " service " s’alourdit. Mais la modernisation de la formation professionnelle outre d’être inefficace pour la résorption du chômage du moins sur une longue durée (5 ans et plus) peut avoir un effet inverse.

En effet, il y a des entreprises qui diront que si elles n’embauchent pas assez c’est parce que la main d’œuvre est trop qualifiée pour qu’elles puissent la payer ! Allez savoir…

Et si d’aventure le climat social se pourrit, les capitaux étrangers se casseront et les « nationaux » soit s’évaderont à leur tour, soit s’offriront une cure " d’hibernation " longue durée au chaud dans les coffres des banques locales ou étrangères.

Acte II :

Pour " sauver la mise " et " la face " et surtout pour limiter la casse, les " plans d’urgence " automatiques des « pouvoirs publics » se déclenchent.

Rétablir « l’ordre public » et garantir la sécurité des personnes et des biens. Pour cela, un seul remède : " la massue " ou la matraque dont l’efficacité ne s’est jamais démentie depuis l’antiquité herculéenne.

Seul " hic " et non des moindres : le remède de la matraque n’est pas sans générer au sein de la population des matraqués de fâcheux effets indésirables.

Ça varie entre le châtiment suprême dans les pays où les " gros bras " de la police ont " la main lourde " comme au Venezuela, l’Égypte ou le Soudan… aux blessures corporelles de différentes gravités comme c’est le cas dans d’autres pays plus soucieux de leurs poires comme l’Algérie, le Maroc etc.

Ces derniers pays ne comptant pas encore, que cela soit dit - Dieu merci !! - de contestataires éborgnés ou à mâchoires ou crânes fracturés comme ce fut le cas chez les " Gilets jaunes ".

Acte III et final :

Le spectacle de contestataires chargés et tabassés par les forces de police avec des visages ensanglantés de manifestants traînés par le cou ou par les pieds vers " le panier à salade " fait, comme d’habitude, " les choux gras " des journaux en mal de lecteurs et des chaînes de télé satellitaires. Lesquels se font un plaisir d’en faire " des manchettes " de six colonnes en première page ou de tourner les images " en boucle " avec des commentaires souvent " à côté de la plaque " du genre « réponse disproportionnée aux provocations de la part de forces de l’ordre aux méthodes brutales et mal formées  » alors que ces mêmes médias moralisateurs se taisent ou prennent carrément parti contre le peuple quand il s’agit de mouvements contestataires dans leurs pays où ils vivent de " la soupe publique "…

Évidemment, les " aboiements médiatiques " finissent par ameuter les ONG des « droits de l’Homme » qui trouvent là une occasion de pointer " leur museaux " et de faire du bruit pour renflouer leurs caisses alimentées par des donateurs dont on ne connaîtra jamais ni l’identité ni les objectifs.

Les autorités faisant face à la fronde sociale en prennent alors " pleine la gueule ", prises entre " le marteau " de la mauvaise publicité que leur font ces officines de « droits de l’Homme » et " l’enclume " de la matraque qu’elles sont obligées de manier pour assurer la continuité de l’État et des versements de traites au FMI.

Et lorsque l’État ne sera plus en mesure de payer sa dette, le FMI lui proposera un nouvel emprunt pour payer l’ancien emprunt.

Situation que toutes les ONG des « droits de l’Homme » trouvent normal.

Ne dit-on pas que le pognon est " le nerf de la guerre " ?

Abdelkarim Chankou

http://chankou.over-blog.com/2019/06/la-maquereau-economie-version-fmi.html

AgoraVox

Navigation