La loi de moralisation menacée par... les vacances des députés !

, par  DMigneau , popularité : 40%

La loi de moralisation menacée par... les vacances des députés !

Risque de rangs clairsemés à l’Assemblée nationale pour le vote définitif du projet de loi organique sur la moralisation de la vie politique... - COME SITTLER/SIPA

L’adoption du projet de loi organique " de moralisation de la vie politique " nécessite un vote à la majorité absolue ce mercredi 9 août. Or, de nombreux députés ont déjà pris leurs quartiers d’été...

L’Assemblée nationale joue les prolongations. La session parlementaire devait initialement se terminer la semaine dernière mais pour les députés, la quille attendra le mercredi 9 août. L’Assemblée doit, en effet, se prononcer une dernière fois sur le texte « pour la confiance dans la vie politique » - la fameuse loi " de moralisation ".

Certes, plusieurs mesures telles que " l’interdiction des emplois familiaux " ou la " réforme des frais de mandat parlementaire " ont déjà été définitivement adoptées la semaine dernière par le vote d’une loi ordinaire. Mais d’autres, comme la suppression de la réserve parlementaire, sont inscrites dans un projet de loi organique. Or, députés et sénateurs ont échoué à se mettre d’accord sur une version définitive du texte en commission mixte paritaire. Visiblement pressé d’en finir, le gouvernement a convoqué l’Assemblée nationale - qui a le dernier mot - pour le voter ce mercredi.

Rappel des troupes

Le problème, c’est que de nombreux députés ont déjà pris leurs quartiers d’été - y compris dans les rangs de " La République en marche " (LREM). Or, l’adoption d’un projet de loi organique exige la majorité absolue de l’Hémicycle.

Autrement dit, au moins 289 députés doivent le voter. De quoi donner des sueurs froides au patron du groupe LREM, Richard Ferrand, qui doit sonner le rappel des troupes.

« On s’est assuré que tous ceux qui ne seraient pas là laisseraient bien leur délégation. Nous n’avons aucune inquiétude », affirme au " Parisien " Gilles Le Gendre, vice-président du groupe. Mais sachant qu’un député ne peut prendre qu’une seule délégation de vote pour l’un de ses collègues, LREM doit théoriquement aligner un minimum de 145 élus pour être certain que le texte soit adopté.

Et éviter un nouveau couac parlementaire, après des semaines de débats où les cafouillages n’ont pas manqué.

Magazine Marianne