La femme est l’avenir de l’Eglise

, par  DMigneau , popularité : 64%

La femme est l’avenir de l’Eglise

Romain Gary écrivait : « Le premier à avoir parlé d’une voix féminine, c’était le Christ. La parole du Christ constitue pour moi l’incarnation même de la féminité. » Le Pape François, malgré des preuves de bonne foi sur la nécessaire évolution de la place de la femme au sein de l’Eglise catholique, reste bien trop timide sur la question. Une erreur, si rien ne bouge, qui pourrait bien compromettre « gravement l’avenir du catholicisme », comme le répète le père Joseph Moingt.

Le pape François n’est pas content. Il a tellement de mal avec son synode sur la famille qu’il l’a doublé. Après une première session décevante, en décembre 2014, les évêques sont à nouveau convoqués du 4 au 25 octobre. Il espère qu’avec ce répit ses soutiens seront mieux organisés.

Il paraît qu’il en veut à l’épiscopat français, qui ne l’aide pas beaucoup, tétanisé par ses divisions internes. Contrairement à l’épiscopat allemand, mené par Mgrs Reinhard Marx et Walter Kasper, cité en exemple. Encore le modèle allemand…

Plus pasteur que théologien, le pape sait la question familiale essentielle. Un schisme interne mine l’Eglise depuis l’encyclique Humanae Vitae. En 1968. Mauvaise année pour le catholicisme. Il condamnait la contraception quand la plupart des femmes – y compris pratiquantes – allaient l’adopter.

Depuis, tout le monde considère le Vatican hors du coup sur le couple, le sexe et la conception. Doublement : ses dogmes ne sont guère tenables et les catholiques ne les suivent pas.

Mais les moins de 70 ans ne savent pas que cet énorme ratage n’était pas écrit. Au contraire. La commission romaine d’évêques, de laïcs et de théologiens mandatée après le concile Vatican II avait conclu en faveur de la liberté de contraception chimique (la pilule).

C’est par une décision aussi personnelle que peu argumentée que Paul VI désavoua cette réflexion collective par sa catastrophique encyclique. Les historiens du catholicisme voient dans cet acte d’autoritarisme borné une des raisons de l’hémorragie du peuple catholique européen dans les années 70.

Eric Conan

Marianne