"La République c’est nous, et vous vous n’êtes rien" : à l’Assemblée, la majorité bafoue le respect de l’opposition

, par  DMigneau , popularité : 0%

" La République c’est nous, et vous vous n’êtes rien " : à l’Assemblée, la majorité bafoue le respect de l’opposition

Après ses propos à l’encontre de l’opposition, Nicolas Turquois a finalement présenté ses excuses dans l’Hémicycle. - Capture d’écran LCP

Lors de l’examen par « l’Assemblée nationale » du projet de loi de réforme des retraites, ce mardi 25 février, le " co-rapporteur " du texte est sorti de ses gonds, lançant à l’opposition : " Eh bien moi je vous dis que la République, c’est nous, et que vous vous n’êtes rien."

A « l’Assemblée nationale » version " La République en marche ", il y a " ceux qui ont réussi à être dans la majorité " et " ceux qui ne sont rien ".

C’est, du moins, la vision du Parlement qu’a exposée ce mardi 25 février le " co-rapporteur " du projet de loi de réforme des retraites, Nicolas Turquois.

« Certains parmi vous ont déclaré : " La République, c’est moi ! ", a lancé le député du Modem à l’adresse de ses collègues de l’opposition, en référence aux propos tenus par Jean-Luc Mélenchon lors de la perquisition du siège de " la France insoumise ". Eh bien moi je vous dis que la République, c’est nous, et que vous vous n’êtes rien. »”

https://twitter.com/LCP/status/1232444686956032000

Mardi soir, lors d’une séance particulièrement houleuse conclue tard dans la nuit, les membres de la majorité n’ont eu de cesse de se plaindre - alors même que le gouvernement aurait pu éviter ce " psychodrame " à « l’Assemblée nationale » en optant pour la procédure du " temps législatif programmé " - de la stratégie d’obstruction assumée par les groupes communistes et " Insoumis ", allant jusqu’à déserter l’hémicycle en signe de protestation.

" J’ai exprimé un cri "

Tandis que la perspective d’un « 49.3 » pour faire adopter le texte en première lecture sans vote se rapproche de jour en jour, les députés examinaient ainsi l’article 2 du projet de loi, portant sur la date d’entrée en vigueur du régime " universel " de retraite - 2025 à partir de la génération 1975, 2022 à partir de la génération 2004.

" Vent debout " contre le projet de loi, le groupe communiste a déposé 656 amendements proposant tous de reculer ces dates. Une tactique qui a fait sortir le rapporteur " de ses gonds " : “ Avec les administrateurs, on a consacré du temps à cette série de 656 amendements. (...) Donc je rappelle le sujet : le premier était de remplacer 2022 par 2023, puis 2023 par 2024, puis jusqu’en 2062, puis jusqu’en 2082 ”, s’est-il agacé.

Et de poursuivre sur le mode de l’ironie : “ Donc, je vais vous donner un scoop : je vais vous expliquer le choix de l’année 1975. (...) En fait, initialement, nous avions pensé 1976. Moi, je me rappelais de 1976 pour la chanson " Gabrielle " et monsieur le ministre, c’était pour " Dancing Queen ". Mais nous nous sommes dits que 1976 allait rappeler un mauvais souvenir au député (" socialiste ", ndlr.) Juanico avec les poteaux carrés de Saint-Étienne. (...) Et donc après moult discussions, nous avons retenu l’année 1975, pour inclure spécifiquement messieurs Dharréville, Vallaud et Ruffin.

S’emportant, Nicolas Turquois finit donc par lâcher cette phrase : “ Je vous dis que la République c’est nous, et que vous vous n’êtes rien.

Face au tollé général provoqué par cette sortie, l’élu de la Vienne a fini par présenter ses excuses, tandis que le président de séance, Hugues Renson, a reconnu qu’il s’agissait là de " propos excessifs ".

Tout à l’heure, j’ai exprimé un cri , a regretté Nicolas Turquois. (...) Je suis désolé pour cette tournure, qui était sous le coup de l’envolée, mais je vous assure qu’on se grandirait à faire autre chose. "

A commencer par respecter l’opposition.

https://twitter.com/LCP/status/1232477080987717632

Louis Nadau

Marianne