La France élimine le chef du groupe " État islamique " au Grand Sahara

, par  DMigneau , popularité : 0%

La France élimine le chef du groupe " État islamique au Grand Sahara "

57 Français sont morts depuis le lancement, en 2013, de l’opération " Barkhane ". Hans Lucas via AFP

Adnan Abou Walid al-Sahraoui, le chef du groupe djihadiste " État islamique au Grand Sahara " (EIGS), a été tué par les forces françaises engagées au Sahel dans le cadre de l’opération " Barkhane ". Un " succès majeur ", dont s’est réjoui Emmanuel Macron dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 septembre.

Une victoire pour la France.

Dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 septembre, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé sur " Twitter " la mort d’Adnan Abou Walid al-Sahraoui, le chef du groupe djihadiste " État islamique au Grand Sahara " (EIGS), abattu par les « forces françaises » engagées au Sahel.

" Il s’agit d’un nouveau succès majeur dans le combat que nous menons contre les groupes terroristes au Sahel ", a affirmé le chef de l’État.

De son côté, la ministre des Armées, Florence Parly, a salué " un coup décisif contre ce groupe terroriste ", tout en assurant que " notre combat continue ".

En juin et juillet, Paris avait déjà confirmé la mort ou la capture de plusieurs cadres de haut rang de l’EIGS par la force française " Barkhane " et ses partenaires, dans le cadre de sa stratégie de cibler les dirigeants et les cadres des organisations « djihadistes ».

Avant de créer l’EIGS en 2015, Adnan Abou Walid al-Sahraoui a été membre du " Front Polisario ", le mouvement politique et armé du Sahara occidental qui lutte contre le contrôle de cette zone par le Maroc.

Puis il a rejoint " Al-Qaïda au Maghreb Islamique " (AQMI).

Désigné comme " ennemi prioritaire " au Sahel, lors du sommet de Pau, dans le sud-ouest de la France, en janvier 2020, l’homme faisait l’objet d’une intense recherche de la part des forces françaises.

Son groupe est notamment accusé d’avoir fomenté des attaques dans la région des " trois frontières ", un vaste espace à cheval sur le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Le 4 octobre 2017, son groupe a mené une attaque sanglante contre une patrouille de soldats nigériens et américains, dans le sud-ouest du Niger.

Au total, quatre soldats ont perdu la vie.

Le 9 août 2020, Adnan Abou Walid al-Sahraoui a ordonné l’assassinat de six " travailleurs humanitaires " français, ainsi que de leur guide et de leur chauffeur nigériens, dans la région de Kouré, à l’ouest de la capitale du Niger, Niamey.

Cette zone plutôt touristique, devenue un havre de paix pour les animaux, n’était pourtant pas considérée comme " dangereuse ". Elle était même qualifiée par le président du Niger de l’époque, Mahamadou Issoufou, de " paisible localité ".

À la suite de cette attaque, le Niger a été classé en " zone rouge " par la France. Il est formellement déconseillé de s’y rendre, sauf dans la capitale.

Au revoir " Barkhane ", bonjour " Tabuka "

La stratégie sahélienne de la France repose sur une approche globale : politique, développement et sécurité.

L’opération " Barkhane " en constitue le volet " militaire ".

Menée par la France depuis 2013, elle mobilise plus de 5 000 militaires qui mènent des actions " anti-djihadistes " au Burkina Faso, en Mauritanie, au Niger et au Tchad.

De même, cette force française co-habite au Mali avec les 12 000 hommes de la " Minusma ", la mission de l’ONU sur place.

Depuis huit ans, l’opération " Barkhane " a permis d’éliminer des centaines de djihadistes, dont Abdelmalek Droukdel, à la tête d’ " Al-Qaïda au Maghreb Islamique " (AQMI), en juin 2020.

Impossible néanmoins de nier l’ampleur de son coût humain57 Français tués – et financier, avec ses 880 millions d’euros dépensés rien qu’en 2020.

https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1438272942786351116?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1438272942786351116%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.marianne.net%2Fmonde%2Fafrique%2Fla-france-elimine-le-chef-du-groupe-etat-islamique-au-grand-sahara

En juin, Emmanuel Macron a annoncé la fin de cette mythique opération " anti-djihadiste " ainsi que la réduction de la présence militaire française au Sahel.

L’accent sera davantage mis sur l’opération " Takuba ", qui vise à éliminer les chefs terroristes, à démanteler leurs réseaux et à soutenir les armées locales grâce à une alliance internationale associant des Etats européens.

Ella MICHELETTI

Marianne.fr