La Colère " ruisselle " du bas vers le haut dans une France meurtrie

, par  DMigneau , popularité : 0%

La Colère " ruisselle " du bas vers le haut dans une France meurtrie

Depuis vingt ans nos gouvernants croient pouvoir " rester sourds " face aux grèves et aux manifs, réduites à un rituel inoffensif sur les grands boulevards. Et voilà que tout à coup, ils découvrent ce que c’est que la colère populaire et se plaignent qu’elle ne rentre plus dans les clous du « dialogue social » ! Il est temps que nos classes politiques retournent sur les bancs d’école de la démocratie.

Cela fait trois mandats présidentiels que nos gouvernants croyaient pouvoir " rester sourds et aveugles " face à la succession des grèves et des " manifs ", bien encadrées par le soi-disant " dialogue social " et les « appareils syndicaux » souvent prompts à se contenter d’une " petite carotte " pour mettre fin aux mouvements et en appeler ce qu’ils considèrent à tort comme leurs " troupes " à la " responsabilité ".

Trois mandats que les présidents, élus par des minorités de 20 % du corps électoral, se croyaient tout permis pour " réformer " la France en dévitalisant les classes " moyennes " et en passant les classes populaires " au kärcher ", pour pouvoir donner toujours davantage aux riches.

Trois mandats " qu’ils se couchent " devant la " Commission " de Bruxelles, démolissent et décrédibilisent les « services publics », jettent en pâtures le droit social et fiscal à la " concurrence " internationale, déroulent " le tapis rouge " aux lobbies du capitalisme financier globalisé...

Avec Macron, on a atteint un sommet.

Eh bien, ce qui devait arriver, arriva, presque plus tôt que prévu : la colère face à l’injustice, la colère si longtemps jugulée par « les corps intermédiaires », déborde de toutes parts, dans les villes, petites et grandes.

Pour le meilleur et pour le pire, et il sera bientôt trop tard pour éviter le pire...

Il y a deux ans, sous Hollande, « le Pouvoir » avait poussé l’arrogance jusqu’à imposer aux flux de manifestants de faire sagement des petits tours du bassin de l’Arsenal, encadré par un cordon de CRS équipé de canons à eau...

Et voilà que, tout à coup, le gouvernement découvre ce que c’est que la colère populaire ! Il se plaint que les " Gilets Jaunes " ne rentrent pas " dans les clous ", ne leur donnent pas servilement les " déclarations préalables " des défilés !

Du coup, les canons à eaux et autres techniques de nasses policières, apparaissent tout à coup totalement impuissants pour " maintenir l’ordre public "...

Il est grand temps que les corps de dirigeants politiques retournent sur les bancs d’école de la démocratie ! Pour réapprendre le sens des mots qu’ils ont piétinés depuis des décennies, comme : " représentant du peuple ", " intérêt général ", " bien commun ", " justice sociale "...

Mais sans attendre que ce miracle se produise, il n’est pas besoin d’être " énarque " pour comprendre que les millions de " précaires " et de " démunis " que " la France du haut " a méprisés depuis des années, ont besoin de bons « services publics » pas chers et accessibles (écoles, hôpitaux, trains, postes, eau, gaz, électricité...), qu’ils ont besoin de pouvoir travailler pour vivre, et de pouvoir travailler dans des conditions décentes !

Qu’ils ont besoin d’un peu d’espoir pour l’avenir de leurs enfants et qu’ils voient " rouge/jaune " quand ils entendent tous les jours les scandales fiscaux dont le dernier exemple emblématique est celui de Carlos Ghosn...

Jean-François Ballay

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