La CGT a décidé de manifester avec Mélenchon le 26 mai

, par  DMigneau , popularité : 0%

La CGT a décidé de manifester avec Mélenchon le 26 mai

La CGT a donc finalement décidé de défiler au côté de Jean-Luc Mélenchon et de la " France insoumise " le 26 mai prochain, contre les « réformes Macron ». AFP/Alain Jocard

A l’issue d’une consultation interne, le syndicat a décidé ce mardi de participer à la « marée humaine » contre la politique d’Emmanuel Macron, à laquelle participera la " France Insoumise ". Philippe Martinez doit encore l’officialiser.

« Comment va-t-on réussir à gérer cette affaire du 26 mai ? », lançait dubitatif un responsable de la CGT en début de semaine. Remue-méninges à la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) autour de la « marée populaire contre les réformes Macron » que plusieurs associations (" Attac " et la " Fondation Copernic "), partis de gauche et organisations syndicales appellent de leurs vœux le samedi 26 mai.

Philippe Martinez réunit ce mardi et mercredi ses troupes - " le parlement " de la CGT - avec au menu des « sujets d’actualité », l’épineux débat sur la participation à cette journée d’action pour « l’égalité, la justice sociale et la solidarité ».

Et ils ont tranché ce mardi après-midi, après des débats houleux. Selon nos informations, la CGT a décidé de battre le pavé le 26 mai. 78 organisations (fédérations, unions départementales…) ont voté " pour ", 6 " contre " et 12 se sont " abstenues ".

Ne reste plus que l’officialisation par Philippe Martinez, attendue au plus tard mercredi.

Déjà dans les " starting-blocks ", la présence de Jean-Luc Mélenchon donne des " sueurs froides " à plus d’un cégétiste depuis plusieurs jours. « La charte d’Amiens qui coupe le cordon syndical avec le politique, il veut la piétiner à cette occasion. Et faire du " Tous contre Macron " un " Tous derrière Mélenchon " ! », s’exclame un poids lourd de la CGT, inquiet d’une possible récupération politique par le leader de la " France Insoumise ".

Eviter que Mélenchon ne tire la couverture à lui

Y aller ou pas ?

Depuis plus d’une semaine, la CGT consulte à tous les étages. « Nous prendrons notre décision en fonction des résultats et de la demande de toutes nos instances », indiquait-on à la confédération lundi. Si le " oui " faisait peu de doute, tout a été cadré en amont pour tenter d’éviter un " hold-up " de cette journée par Jean-Luc Mélenchon.

Plusieurs réunions préparatoires se sont tenues, dont le but était de mettre clairement " les points sur les i ". « Il est important que personne ne se mette en avant », a fait valoir comme condition « numéro 1 » la CGT, qui n’a pas apprécié l’omniprésence des " Insoumis " et de leur leader juché sur un énorme char lors de la « fête à Macron », le 5 mai.

Contrairement à ce que souhaitait le parti de l’opposant déclaré à Macron, le syndicat a refusé l’idée d’une manifestation nationale, privilégiant les cortèges régionaux l’après-midi ou locaux le matin. Sur Paris, la CGT a aussi posé son veto au positionnement des politiques aux premiers rangs du cortège, balayant la nécessité d’un « carré de tête ».

La question cruciale des chiffres de participation

Une fermeté et des exigences dont les militants, majoritairement favorables à la mobilisation, étaient particulièrement soucieux, selon les premiers résultats des consultations.

Isolé sur le plan syndical, le syndicat et ses troupes veulent à tout prix éviter que cela apparaisse comme un virage tactique, mais aussi comme une entorse à l’indépendance vis-à-vis du politique si difficilement conquise depuis Louis Viannet, l’ancien secrétaire général de la CGT de (décédé l’an dernier) qui avait amorcé dans les années 1990 une rupture entre la CGT et le « Parti communiste ».

Tous savent aussi que cette nouvelle journée de mobilisation, une de plus, devra passer " l’épreuve du feu " : celle des chiffres de la participation qui seront suivis de très près.

« Aura-t-on la capacité à montrer un véritable rapport de force, une marée humaine, ce samedi 26 mai ? Des craintes existent. Dans la dernière période on a atteint au plus 400 000 à 500 000 manifestants », confie un peu sceptique un responsable syndical dans le transport. « J’espère qu’il y aura plus de monde », escompte ce patron d’une autre fédération. « Car s’il n’a pas un mouvement de masse en face de lui, Macron ne va pas se gêner pour aller encore plus loin ».

Catherine Gasté

Le Parisien