LOBBYISME pro-Israël et DÉMOCRATIE : jusqu’où sont-ils compatibles ? La ligne jaune a-t-elle déjà été franchie ? En Europe ? En France ?

, par  DMigneau , popularité : 0%

LOBBYISME pro-Israël et DÉMOCRATIE : jusqu’où sont-ils compatibles ? La ligne jaune a-t-elle déjà été franchie ? En Europe ? En France ?

L’ Activisme, le Lobbying est un effort déployé pour essayer de convaincre ou d’influencer autrui sur un sujet auquel on croit, ou auquel on ne croit pas.

Nous sommes tous des Activistes : déjà le matin, quand nous vantons les mérites de la " farine Bio " au boulanger du coin.

Ou le soir, en décrivant nos actions de la journée.

Mais quand les Lobbies s’invitent dans les domaines réglementaires ou législatifs, on a le devoir de se demander si " la ligne jaune " a été - ou non - franchie.

La ligne dont je parle sera plutôt de nature Éthique. Car un Lobbying sérieux respectera les Règlements et la Loi. Au besoin, en ayant préalablement obtenu de les faire modifier à son goût.

Cet Article essaie d’être autant que possible " succinct " et renvoie aux Notes pour plus de précisions.

Le Lobbying est fondamentalement une bonne chose, comme lien d’échanges entre les représentants de la « Société civile » et l’ État qui agit pour elle.

Le problème peut survenir quand des intérêts de groupes particuliers interagissent directement avec les " élites " de l’État, en court-circuitant la « Société Civile ».

Ou bien en influant à la source sur les leaders d’opinion qui " guident " celle du citoyen moyen. L’absence de transparence peut, en outre, contribuer à alimenter les plus noires suspicions.

Dans cet Article, je me concentre sur des lobbies apparentés au « lobby le plus efficace » du monde, qui est « un modèle pour les autres lobbies », et est une « force majeure dans la politique américaine au Proche-Orient », selon le " New York Times " (cité par " le Monde Diplomatique " (1) :

>>> L’AIPAC (" American Israel Public Affairs Committee ")

Un bref historique ainsi que son mode de fonctionnement et ses objectifs sont proposés en (2) et (3).

L’AIPAC est considéré comme le lobby le plus puissant des États-Unis. C’est-à-dire sans doute le plus puissant du monde.

L’organisation s’appuie sur 70 organisations affiliées. Ses objectifs témoignent de la volonté de peser sur la politique étrangère des États-Unis. Et l’AIPAC est d’ailleurs régulièrement crédité pour l’augmentation des subventions versées à Israël. (4)

L’article du " Monde Diplomatique " de Serge HALIMI explique qu’après que, avec le temps, les membres du Congrès américain sont peu à peu devenus majoritairement acquis au principe du soutien inconditionnel aux demandes du gouvernement d’Israël, l’influence de l’AIPAC se porta à « punir » (toujours indirectement) tout candidat qui soit quelque peu critique envers le gouvernement israélien.

Concédons que c’est le summum de l’efficacité.

« Dans l’ensemble, le succès de l’AIPAC reste considérable. Il prouve la supériorité d’un mouvement sans doute minoritaire mais bien organisé sur un sentiment peut-être majoritaire mais encore diffus. » (1)

Aujourd’hui, l’influence de l’AIPAC est " royale ". La Ministre de la Justice d’Israël, Ayelet Shaked, le dit clairement : « Je pense que l’AIPAC doit faire avancer la politique du gouvernement d’Israël (...). »

En ajoutant : « Je ne veux pas interférer dans la politique Américaine. » (6)

Il semble que l’on soit quand même là à la fameuse " ligne jaune ".

Et un tel savoir-faire ne doit pas être perdu : voici maintenant EIPA « Europe Israel Public Affairs », le nouveau lobby européen qui monte en puissance...

En Europe, le poids des financements des politiciens est mieux encadré : quels seront les leviers ?

>>> LÉGITIMITÉ ? INTERFÉRENCES ?

Voilà deux questions qui reviennent régulièrement, depuis des dizaines d’années.

Le " New York Times " rapporte que, dès 1984, le roi Hussein de Jordanie déclarait : « Les États-Unis ne peuvent se mouvoir qu’à l’intérieur des limites concédées par l’AIPAC et par Israël. » et le journal ajoute que « le Congrès refusera, quoi qu’il arrive, d’envisager une réduction de l’aide américaine à Israël. » (1)

A l’occasion de la signature d’une aide de 38 milliards de dollars sur 10 ans pour Israël, le Président Obama insistait sur le fait que seule la solution à deux États permettait de garantir la sécurité d’Israël sur le long terme. (8)

Mais Obama savait alors parfaitement que le Premier Ministre israélien Netanyahu construisait une coalition gouvernementale dominée par des ministres qui s’opposaient fermement à l’idée même d’un État Palestinien.

En fait, la presse israélienne expliquait alors que le Président des États-Unis ne pouvait se permettre de prendre le risque de s’opposer à Netanyahu. Car il savait que cela aurait impliqué un conflit brutal avec l’AIPAC et ses alliés.

Et le Président Américain a préféré abandonner la partie. C’était en septembre 2016. (9)

A ce point, il convient de signaler qu’une croyance particulière d’une fraction des Chrétiens américains les incite à s’associer facilement au support inconditionnel de toute demande des gouvernements israéliens successifs. (11)

Le livre de John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt (7) sur les liens entre le Lobby et la politique étrangère des USA exprime l’opinion que le niveau record de support déployé par les États-Unis vis-à-vis d’Israël ne peut être que très partiellement justifié par les intérêts stratégiques US ou par des valeurs morales.

Et ils en concluent que « Le résultat final est que l’AIPAC, un agent de fait d’un gouvernement étranger, a une mainmise sur le Congrès, de sorte que les politiques US envers Israël n’y sont pas abordées, bien que cette politique ait des conséquences importantes pour le monde entier. (…)

Comme Ariel Sharon déclara devant une audience américaine ’’ quand les gens me demandent comment ils peuvent aider Israël, je leur dit " Aidez l’AIPAC ". » (7a)

Les auteurs mentionnent aussi les coalitions informelles d’individus et d’organisations qui façonnent ensemble l’axe d’action de la politique Américaine et ils considèrent que cet état de fait n’est pas dans l’intérêt ni des USA ni d’Israël, dans le temps long.

Soulignons que les objectifs et l’action de l’AIPAC ne sont pas nécessairement approuvés par les Juifs de la diaspora.

Ni hier, ni aujourd’hui.

Ainsi, dès 1978, Nahum GOLDMANN, Président du « Congrès Juif Mondial » demanda au Président Américain de briser le « lobby juif » (note JPC : ce terme semble inapproprié. Il voulait dire ’’ Lobby pro-Israel ’’, je suppose) qu’il assimila à une « force de destruction » et à « un obstacle à la paix au Proche-Orient. » (5a) cité par (1)

Dans son édition du 18 mars 2018, " The New York Times " cite Ronald S. LAUDER, President du " World Jewish Congress ", qui prévient qu’Israel fait face à ’’ deux menaces graves ’’ :

« La première menace est la mort possible de la solution à deux États. La seconde menace, sur deux niveaux, est la capitulation d’Israël devant les extrémistes religieux et la désaffection croissante de la diaspora juive. Beaucoup de Juifs non-Orthodoxes, y compris moi-même, estiment que la diffusion de la religiosité d’État transforme une nation moderne et libérale en une semi-théocratie. » (5b)

Peu après sa prise de poste, en 2015, le Président d’Israel, Reuven RIVLIN, privilégiait lui aussi une voie toute différente de celle de Netanyahu et de l’AIPAC. (10)

>>> LE TRAVAIL DE FOND DES ACTIVISTES SUR LES CAMPUS ETUDIANTS

Le livre de MEARSHEIMER et de WALT évoque l’importance des coalitions informelles d’individus et d’organisations. L’ activisme sur les Campus Universitaires est un élément important de ces structures.

Le T.I.P. (" The Israel Project "), enregistré aux États-Unis, a commencé son activité en 2003, avec l’objectif de « garantir le futur d’Israël ». Pour ce faire, il offrait un guide à ceux qui « se battent sur la ligne de front de la guerre médiatique pour Israël ». On note que John BLOCK, son actuel Directeur Général, était un porte-parole de l’AIPAC, un « Pro-Israël bulldog » (12).

Les documents de formation des activistes et les manuels du T.I.P. doivent en principe rester secrets. Mais il y a parfois des « fuites ». Le document de 2009 a fait l’effet d’une bombe quand il a été connu.

Voici ce document :

http://australiansforpalestine.com/wp-content/uploads/2009/07/tip_report.pdf )

A son propos, le journal " The Independent " (UK) titrait « Le document secret qui aide Israël à dissimuler la réalité » (13). Il s’agit bien d’un manuel très professionnel, destiné à guider les Activistes dans leurs activités de communication et de propagande.

Ce manuel a été réalisé, avec d’évidentes arrière-pensées, juste après le conflit éclair avec Gaza (déc. 2008 - jan. 2009) qui se solda par la mort de 1 350 personnes, dont dix israéliens.

Il y a eu pire plus tard. Graphiques en (19)

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Un autre manuel de communication et de propagande est instructif car il explicite les objectifs à long terme de ce type d’activité de promotion d’Israël sur les Campus.

C’est le « Hasbara Handbook » de 2002.

Voici ce manuel :

https://www.middle-east-info.org/take/wujshasbara.pdf ) du WUJS (World Union of Jewish Students) de Jérusalem.

Les objectifs centraux du " plaidoyer pour Israël " (page 3) sont trois :

1 = Influencer l’opinion publique. C’est le premier objectif. La logique exprimée est celle-ci : les politiciens seront influencés par l’électorat. Si ce dernier soutient Israël, les politiciens le soutiendront sans doute aussi.

2 = Influencer les personnalités publiques. Les citoyens peuvent influencer les personnalités publiques, par exemple, en leur envoyant des lettres en faveur d’ Israël. Les politiciens répondent aux pressions du public.

3 = Influencer sur les campus étudiants les " Leaders du futur " et ceux qui, demain, formeront les opinions. " Dans les années à venir, la communauté Juive sera contente que cela ait été fait. "

Le livre recommande à l’Activiste d’être pro-actif, car " les gens croient ce qui leur est dit en premier " et " une fois qu’ils croient quelque chose, il est difficile de les convaincre qu’ils avaient initialement tort "… et explique qu’ « une action peut sembler être moralement condamnable, tout en étant parfaitement justifiée. » …

Les chapitres « Réponse aux Accusations » et la « Formation des Activistes » constituent l’essentiel du contenu. Avec l’habituel leitmotiv : « Israël est une Démocratie – Israël veut la Paix - Israël se défend contre les terroristes
 ».

>>> DES ÉQUIPES BRANCHÉES, toujours sur le pont.

« Peu après la fin de l’opération ’’ Plomb durci ’’ (l’invasion de la bande de Gaza en janvier 2009) , Tzipi Livni, alors ministre des Affaires Étrangères dans le gouvernement d’Ehoud Olmert, a rapidement pris conscience de l’ampleur de la vague de protestations soulevée par la destruction massive des infrastructures civiles palestiniennes. Elle a alors autorisé son département à recruter des jeunes fans d’informatique pratiquant parfaitement une ou plusieurs langues étrangères afin de répondre aux critiques qui fusaient dans les blogs ainsi que dans le courrier électronique des grands journaux européens et américains. » (17)

Ce département s’est beaucoup renforcé depuis.

La « Guerre médiatique » est décidément une affaire d’importance primordiale pour le gouvernement israélien qui tente, aussi sur le front internet, de faire accepter au « monde occidental » la politique israélienne de dépossession, d’exploitation et d’oppression des Palestiniens.

C’est une des missions du ministère des « Affaires Stratégiques » (18), qui dépend directement du Premier Ministre Netayahu.

Les activistes s’activent aussi sur " Wikipedia "...

Ce n’est pas sa seule mission. Il y a aussi la « Guerre psychologique » de harcèlement et de menaces contre des personnes qui critiquent la politique d’Israël de manière gênante.

« Ces croisades, qui s’appuient sur la récolte de données personnelles de citoyens américains, ne seraient pas possibles sans les moyens accordés par le ministère des affaires stratégiques israélien. " (14)

La directrice générale au sein de ce ministère confiait : « c’est quelque chose que seul un pays, avec les ressources dont il dispose, peut faire au mieux. (…) Nous sommes le seul acteur du réseau pro-israélien à pouvoir combler les lacunes. (…) Nous avons le budget (…) Nous sommes un gouvernement qui travaille sur un territoire étranger et nous devons être très, très prudents. » (14) (15)

Effectivement, la prudence semble être de bon sens. D’autant plus qu’un précédent reportage en Grande Bretagne (16) montrait « les ingérences d’Israël dans les affaires internes d’un pays étranger et ses tentatives pour faire chuter un ministre considéré comme pro-palestinien. » (14) (16) « ce qui avait abouti à des excuses publiques de l’ambassadeur d’Israël à Londres et au retour précipité à Tel-Aviv d’un diplomate de haut rang. » (14)

Notons qu’un grand nombre de Juifs de par le monde (en Israël, aux USA, etc) condamnent beaucoup des actions des Gouvernements Israéliens successifs, pour une variété de raisons : théologiques, de morale, de « droits de l’Homme », de « droit international ».

Ces personnes sont également considérées comme " antisémites " par les activistes pro-Israël qui ont, pour l’occasion, inventé le terme de « self-hating Jew » ( = Juif qui se hait lui-même) pour tenter de les marginaliser et de les discréditer.

Michel STASZEWSKI le dit clair et net : « Si je combats l’idéologie sioniste, c’est parce qu’elle sert à justifier une politique contraire aux Droits de l’Homme qui a provoqué et aggrave sans cesse l’interminable malheur du peuple palestinien tout en conduisant à terme le peuple juif israélien tout droit vers l’abîme. » (21)

>>> LA « LIGNE JAUNE » FRANCHIE en EUROPE ? en FRANCE ?

Dans le rapport EUMC (" European Monitoring Centre on Racism and Xenophobia ") de 2002-2003, au chapitre " Antisémitisme et Antisionisme " (24), il est clair que " ce qu’il ne faut pas considérer comme antisémite (...) c’est l’hostilité à l’égard d’Israël comme un pays que l’on critique en ce qui concerne sa politique concrète. " Sauf bien sûr « si le point de référence sous-jacent est l’assimilation d’Israël au " Juif " (du stéréotype). »

Et le rapport rappelle - comme il est juste - qu’il convient aussi de tenir compte du contexte.

Cependant, d’autres travaillaient déjà dans leur coin sur une autre approche...

Au chapitre ’’ Antisémitisme, Anti-Sionisme et Israël ’’ du « Hasbara Handbook » de 2002 déjà cité plus haut, on donnait le « mode d’emploi » pour contrer les critiques sur Israël (25) : ainsi, on admet qu’il est vrai que ceux qui attaquent Israël ne sont pas tous antisémites, mais, considérant que l’antisémitisme est profondément enraciné dans les sociétés occidentales, une attaque dirigée " en surface " contre Israël est souvent, en fait, une attaque contre les Juifs...

C’est le fondement de leur idéologie par laquelle toute critique d’Israël est suspecte d’arrière-pensée antisémite.

L’idée que la critique d’Israël prétende être une critique de sa politique, mais soit - en fait - une manière d’exsuder son antisémitisme fait son chemin, aussi dans l’EUMC.

Et l’IHRA, qui agit comme un lobby, a avancé sa proposition de définition de l’antisémitisme (28) en 2016. Le point central de cette définition est une " certaine perception " des Juifs, que l’on suppose présente chez quelqu’un, du fait de ses paroles ou actions.

Dans les considérations et exemples qui font suite à la définition de l’IHRA, l’État d’Israel, y est cité à de nombreuses reprises, présenté comme victime potentielle de l’Antisémitisme.

La définition de l’IHRA a été aussitôt reprise par le " U.S. Department of State " (22). Et l’idée s’est diffusée un peu partout aux USA durant l’année 2017.

Le « Parlement Européen » emboîte le pas par une résolution qui « invite les États membres et les institutions et agences de l’Union à adopter et à appliquer la définition opérationnelle de l’antisémitisme utilisée par " l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste " (IHRA), afin de soutenir les autorités judiciaires et répressives dans les efforts qu’elles déploient pour détecter et poursuivre les attaques antisémites de manière plus efficiente et efficace (…) » (23).

La définition " opérationnelle " (exemples compris) de l’IHRA est donc reprise ’’ telle quelle ’’, sans analyse critique, et le « Parlement Européen » demande sa traduction dans la Loi de chaque État !

Là aussi, on est près de la « ligne jaune » ! Mais, de quel côté ?

Le CRIF (" Conseil Représentatif des Institutions Juives de France ") ne s’y est pas trompé quand il commente la résolution du « Parlement Européen », et explique que ’’ Cette résolution identifie notamment l’antisionisme à une nouvelle forme d’antisémitisme. ’’ (26).

Le CRIF exprime aussi le souhait que la définition de l’IHRA soit bientôt reprise par le Parlement Français.

Cependant, des juristes de France et du Royaume Uni nous disent que la prise en compte " tel quel " de la « définition de travail » (y compris ses exemples) de l’antisémitisme de l’IHRA poserait des problèmes de compatibilité avec le droit pratiqué, tant en France (34) qu’au Royaume Uni (35).

Que dire de la décision du « Parlement européen » de ’’ pousser ’’ précipitamment un texte mal travaillé ?

Cela augmente la confusion et nuit à tout le monde.

>>> ET MAINTENANT ?

La définition de l’IHRA, en elle même, apparaît comme une sorte de préambule aux exemples qui constituent, en fait, la substance du document. Exemples en plusieurs points discutables, tout comme l’est l’expression ’’ Antisionisme = Antisémitisme ’’.

L’amalgame ’’ Antisionisme=Antisémitisme ’’ est fondamentalement erroné.

L’Antisionisme peut - ou non - être l’expression d’un sentiment antisémite. Sylvain CYPEL (" Orient XXI ") l’affirme clairement : « (…) Que l’on trouve parmi les antisionistes d’aujourd’hui des gens projetant sur Israël leur antisémitisme atavique ou récent ne fait aucun doute. Mais que l’antisionisme soit en tant que tel une idéologie antisémite est une idée infamante et erronée. » (27)

Les commentaires et les exemples de la définition de l’IHRA, que le « Parlement Européen » invite à mettre en œuvre, appellent pour le moins des éclaircissements préalables :

>> Ainsi, où est pris en compte l’avis des associations juives qui ne sont pas inconditionnellement pro-Israël ?

Henri GOLDMAN, Administrateur de « l’Union des Progressistes Juifs de Belgique » (UPJB) dénonce la prétention des officines pro-israéliennes de parler au nom de tous les Juifs : « Nous nous élevons contre toutes les formes d’oppressions, mais le fait que celle des Palestiniens soit exercée en notre nom est particulièrement intolérable pour nous, qui nous revendiquons d’un judaïsme cosmopolite, internationaliste et en soutien des autres minorités. » (29)

Je place à présent en écho ce que dit Dominique VIDAL (" Orient XXI ") : « Les dérives autoritaires et fascisantes de l’État d’Israël sont largement sous-estimées par les médias et les responsables politiques européens. Pourtant, elle sont réelles et porteuses de dangers pour tout le Proche-Orient. » (30)

>> Sur le point des critiques ’’ similar to that levelled against any other country ’’, Arthur GOODMAN (EJJP) – (" European Jews for Justice for Palestinians ") pose la question : « Quel autre pays conduit-il pareille politique de colonisation et d’oppression ? »

>> « Accusing Jewish citizens of being more loyal to Israel (...) than to the interests of their own nations ». Effectivement, ce genre d’insinuation ou d’accusation est indigne et infamante pour les citoyens Juifs.

Sur le sujet précis du patriotisme, le Sionisme a une idéologie politique qui lui est propre, qui se situe à l’opposé de celle de la population générale. Ainsi, Theodor Herzl, le théoricien du Sionisme (inhumé sur le Mont Herzl à Jérusalem) affirmait, sur le sujet de la loyauté : « On doit choisir entre Sion et la France » (32)

Quel est ici le vrai visage du Sionisme (et de l’anti-Sionisme) ?

>> « Denying the Jewish people their right to self-determination »

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes fait partie du droit International et il n’y a pas de discussion là-dessus : tous les citoyens doivent disposer de ce droit à l’auto-détermination.

Cependant ce n’est pas le cas pour les citoyens israéliens Arabes. (33) (Point 1C )

>> « claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavor. »

La signification de cette expression peut se comprendre de différentes manières.

Je renonce à en choisir une.

En tout cas, le processus de création de l’État d’Israël (Déclaration Balfour, Résolution ONU N° 181, Déclaration d’indépendance d’Israël) correspond à la mise en œuvre d’un « Foyer National Juif » dans lequel tous les citoyens sont parfaitement égaux en droits, sans aucune discrimination d’aucune sorte.

Cependant, Theodor Herzl n’a pas caché, en plusieurs occasions, que son " Programme " était - en réalité - clairement colonial. Et sa mise en œuvre selon l’idéologie Sioniste de Herzl a été documentée plus tard (" Commission King Crane ", journaux de dirigeants sionistes, déplacement de populations, etc.).

Aujourd’hui, la Loi « État-nation » d’Israël clarifie que la colonisation est une valeur nationale. (33) (Point 7A)

Or, la colonisation a toujours eu une composante raciste.

>> « requiring of it a behavior not expected (...) of any other democratic nation. »

Mais la démocratie est un système par lequel l’auto-détermination est exercée par l’ensemble des citoyens. Ce qui n’est pas le cas en Israël : la loi « État-nation » est explicite et exclut les citoyens Arabes. (33) (Point 1C )

Considérer que l’Etat d’Israël est un Etat démocratique n’est qu’une opinion.

Le questionnement et la critique des processus associés à la mise en œuvre du Sionisme font partie des saines réflexions sur un pays occidental ami et allié. (31)

On peut/doit tout se dire.

Très curieusement, nombre de Politiques français associent aujourd’hui l’anti-Sionisme à « la négation de l’existence d’Israël », concept que l’IHRA n’a même pas pris la peine de mentionner dans sa liste d’exemples !

L’existence de l’État d’Israël est attestée et reconnue en droit International. On appelle communément " anti-Sionisme " la critique des processus associés à la mise en œuvre du Sionisme. Lesquels processus associés concernent en fait essentiellement le non-respect par Israël du droit International qui lui a permis d’exister et que l’État s’était engagé à respecter dans sa « Déclaration d’Indépendance ».

>> EN CONCLUSION

- Du point de vue technique, on a déjà en France des textes suffisants pour traiter les racismes. Et je suppose que notre Justice, qui doit rester indépendante, n’a nul besoin que tel ou tel lobby vienne encore " lui tenir le crayon " !

Sans doute doit-on permettre à la Justice de délivrer des peines plus lourdes. Y compris pour internet. Tant pour les propos racistes que pour les accusations d’antisémitisme injustifiées que pour les possibles excès de zèle des censeurs.

Tous les contenus supprimés doivent être copiés et retournés à l’intéressé avec le motif de la suppression et avec un numéro lui permettant de " faire appel " auprès de la structure Française (à créer ?) chargée de contrôler les processus et les intervenants.

Structure indépendante (Justice ?) associée au Parlement qui sera la seule à connaître l’identité précise des intervenants et à traiter les plaintes.

Pour ce qui est des lobbies, il faut une transparence totale.

Pour les lobbies ET pour les personnes interagissant avec eux. Un vrai changement.

> Du point de vue des principes, le point central reste la politique des gouvernements israéliens successifs qu’un œil tant extérieur (H. Kissinger) qu’intérieur (G. Levy) placent au centre des problématiques que les « coalitions informelles d’individus et d’organisations » tentent tant bien que mal de masquer :

Henry Kissinger, parlant des positions d’Israël, disait qu’elles comportent « une tendance à renforcer les passions mêmes qu’un processus de paix est censé surmonter. (…) il faudra bien affronter tôt ou tard la question palestinienne, qui présente un élément majeur de l’ordre régional et, en définitive, mondial. » (34) p. 128

De son côté, Gideon Levy, journaliste mondialement reconnu (37) nous expliquait que « le Sionisme est en contradiction avec les droits de l’Homme, et est donc bien un mouvement ultranationaliste, colonialiste et peut-être raciste. (...) Le Sionisme est la religion fondamentaliste d’Israël (…). Nous pouvons admettre que les droits des Juifs à un État contredit le droit des Palestiniens à leur terre (...). »

Gideon Levy concluait : « Voici venu le temps d’une nouvelle division (...) Entre les partisans du Sionisme et les partisans de la justice. (...). » (38)

JP Ciron

: : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : NOTES : : : : : : : : : : : : : : : : : :

(1) – Article ’’ Le Poids du lobby pro-israélien aux États-Unis ’’ – par Serge HALIMI - " Monde Diplomatique " – Août 1989 - ( https://www.monde-diplomatique.fr/1989/08/HALIMI/9427 )

(2) – AIPAC – Fonctionnement

L’AIPAC est un Comité sans but lucratif américain, dédié au bien-être social . Il compte 100 000 membres.

Sur le principe, il se prononce en faveur de certains sujets, et non pour des candidats.

Il peut recevoir des dons (non déductibles fiscalement), mais il ne verse pas d’argent aux politiciens ni aux candidats. Il peut intervenir, de manière accessoire, lors des élections.

Par contre, l’AIPAC va " choyer " les parlementaires et s’est attaché une foule de supporters qui - eux - sont prêts à lever des fonds pour aider des candidats " pro-Israël " (faire leur promotion en campagne et leur fournir un soutien financier).

En outre, l’AIPAC forme les Activistes qui maintiendront des liens privilégiés avec ces parlementaires.

Nombre de responsables de l’AIPAC entretiennent aussi des relations informelles avec des Comités d’action politique de divers bords et donnent au besoin leur avis.

(3) – AIPAC – Historique & Objectifs

https://fr.wikipedia.org/wiki/American_Israel_Public_Affairs_Committee

En 1951, est créé le " American Zionist Committee for Public Affairs ". Ne voulant s’enregistrer comme organisation étrangère, le lobby change de nom pour AIPAC, en 1963.

Il y eut beaucoup de frictions entre l’AIPAC et l’Administration Américaine (voir l’Article " Wikipedia "). Et il y en a toujours.

Les objectifs principaux de l’AIPAC sont :

> Faire du lobbying pour défendre les intérêts israéliens,

> S’assurer du veto des États-Unis contre toute résolution de l’ONU condamnant les actions israéliennes,

> Assurer une aide financière généreuse envers Israël,

> Assurer une aide militaire généreuse envers Israël.

> Préparer la future génération de leaders " pro-israéliens ",

> Surveiller les votes et les propos des politiciens américains concernant tout ce qui est lié de près ou de loin à Israël,

> Coordonner et orienter les donations des donateurs juifs américains aux politiciens candidats aux élections.

(4) – De 2018 à 2028, un minimum de 4 milliards de Dollars annuels a été approuvé, jusqu’en 2028. Depuis les années 70, cela fait donc donc plus de 150 milliards de dollars d’aide versées des USA à Israël... sans doute un record mondial.

(5a) – Cité par Edward TIVNAN dans son livre sur les relations américano-israéliennes ; " Le Lobby ", Simon and Schuster, New York 1987.

(5b) - Ronald S. LAUDER, President du " World Jewish Congress ", cité par " Haaretz " – 19 mars 2018 . ( Source : " The New York Times " – 18 mars 2018)

« Ronald S. Lauder, President of the World Jewish Congress, warned that Israel faces "two grave threats" which he believes is due to not having a two-state solution and a lack of religious pluralism. « The first threat is the possible demise of the two-state solution. (…) "The second, two-prong threat is Israel’s capitulation to religious extremists and the growing disaffection of the Jewish diaspora. (…) Many non-Orthodox Jews, myself included, feel that the spread of state-enforced religiosity in Israel is turning a modern, liberal nation into a semi-theocratic one, »

(6) - Interview with " Israeli Justice Minister " Ayelet SHAKED (The Daily Newspaper of Torah Jewry – By Yosef Caldwell, Hamodia Correspondent at AIPAC- March 7, 2018)

« I think that AIPAC needs to lead the policy of the government of Israel, (…) » & « I don’t want to interfere in American politics. »

http://hamodia.com/2018/03/07/exclusive-interview-justice-minister-ayelet-shaked/

(7) - " The Israel Lobby and US Foreign Policy " - by John J. MEARSHEIMER et Stephen M. WALT – march 2006 & August 2007.

http://mearsheimer.uchicago.edu/pdfs/A0040.pdf

(7a) - « The bottom line is that AIPAC, a de facto agent for a foreign government, has a stranglehold on Congress, with the result that US policy towards Israel is not debated there, even though that policy has important consequences for the entire world. (...) as Ariel Sharon once told an American audience, " when people ask me how they can help Israel, I tell them : ’ Help AIPAC ’. " » (7) p. 97 / p. 51

(8) – Article HAARETZ : ’’ U.S., Israel Sign Historic 10-year, $38-billion Military Aid Deal ’’ – par Barek RAVID – 14 sept. 2016

« " It is because of this same commitment to Israel and its long-term security that we will also continue to press for a two-state solution to the longstanding Israeli-Palestinian conflict, despite the deeply troubling trends on the ground that undermine this goal ", Obama continued. " As I have emphasized previously, the only way for Israel to endure and thrive as a Jewish and democratic state is through the realization of an independent and viable Palestine ". »

(9) – Article HAARETZ : ’’ Why Doesn’t Obama Use Military Aid Package to Israel as Leverage ? ’’ - par Peter BEINART – 08 sept. 2016

« Netanyahu has also constructed a governing coalition dominated by ministers who oppose any Palestinian state at all. » (…) « In truth, Obama has given up. He long ago concluded that picking a fight with Netanyahu over Palestinian statehood would incur domestic political costs he didn’t want to pay. » (…) « American policy toward Israel is a charade. U.S. Presidents know that actually using their leverage over Israel would spark a brutal fight with AIPAC and its allies. So they willingly abandon that leverage... »

(10) - Article « Israel en Danger ?! » JP Ciron (Point « F »)

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/israel-en-danger-206669

(11) – Article ’’ Aucune sympathie des Chrétiens Évangéliques Américains, pourtant premiers soutiens politiques du Mouvement de Libération National Juif. ’’ JP Ciron

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/aucune-sympathie-des-chretiens-209744

(12) – Article ’’ ex-aipac-flack-to-head-the-israel-project ’’ – par Nathan GUTTMAN – Forward.com News – 22 august 2012 -

https://forward.com/news/161458/ex-aipac-flack-to-head-the-israel-project/?p=all

(13) – Article ’’ The secret report that helps Israel to hide facts. ’’ - par Patrick COCKBURN – " The Independent " (UK) - 27 july 2014.

https://www.independent.co.uk/voices/comment/israel-gaza-conflict-the-secret-report-that-helps-israelis-to-hide-facts-9630765.html

(13a) – (quelques extraits de l’Article de P. Cockburn) (Traduction JPC)

> Régulièrement, la présentation des événements est orientée pour donner aux Américains et aux Européens l’impression qu’Israël veut la paix avec les Palestiniens et est prêt à des compromis pour y parvenir quand, à l’évidence, ce n’est pas le cas.

> Le gouvernement Israélien ne souhaite pas vraiment une solution à deux États, mais cela doit être masqué car les sondages montrent que 78 % des Américains y sont favorable.

> Le document est particulièrement édifiant : il met en évidence de l’écart entre ce que « les officiels » et politiciens israéliens pensent réellement et ce qu’ils disent, qui est façonné avec précision par des sondages qui déterminent le genre de choses que les Américains ont envie d’entendre.

Quelques exemples :

> Sur le sujet du droit de retour des réfugiés Palestiniens qui ont été expulsé ou qui ont fui en 1948, il faut faire attention car le discours israélien évoque l’expression « séparés mais égaux » de la ségrégation des années 50 et de l’Apartheid des années 80.

Il est précisé que les Américains n’aiment pas le concept de « séparés mais égaux ». A éviter donc.

> Pour ce genre de question " difficile " de l’audience, il convient de la reformuler en la présentant comme une " exigence ". (les sondages montrent que les Américains n’aiment pas les gens qui ont des " exigences "). Par exemple, reformuler en disant que les Palestiniens ne sont pas contents avec leur propre État et qu’ils exigent un territoire à l’intérieur d’Israël.

> Le manuel précise les choses à dire et à ne pas dire, les mots " qui marchent " et ceux à éviter, les sujets à aborder et ceux à éviter, et précise le type de réponses à faire selon les différentes audiences. Par exemple, le support pour le droit d’Israël à défendre ses frontières chute de 89 à 59 % si on mentionne les événements de 1967.

> Reprendre les propos de Netayahu qui, s’adressant au " Hamas ", demandait : " Que faites vous pour apporter la prospérité à votre peuple ? " (commentaire de P. Cockburn : " 70 ans de blocus économique a réduit Gaza à la pauvreté et la misère ")

> Il y a tout un chapitre sur le sujet d’isoler le " Hamas " et l’Iran, qui sont des " obstacles à la paix ".

> Les Américains étant sensibles à l’idée d’immigration de masse vers les USA, mentionner une « immigration palestinienne de masse ».

> Il est crucial de montrer de la sympathie pour les Palestiniens. Il ne faut jamais, en aucune circonstance essayer de justifier ’’ le massacre volontaire de femmes et d’enfants innocents " et il faut s’opposer agressivement à ceux qui accusent Israël de ces crimes.

> " Israël veut la paix par le respect mutuel ". Il faut le répéter. Mais si l’audience est impatiente, dire « étape après étape, un jour après l’autre » etc .

> Le manuel recommande l’usage des " petites phrases " comme « Je tends la main aux mamans Palestiniennes qui ont perdu leur enfant, etc »

(14) – Article : « Lobby israélien, le documentaire interdit » - Alain GRESH – " Le Monde Diplomatique " – Sept 2018.

https://www.monde-diplomatique.fr/2018/09/GRESH/59047

(15) – Article : « Voici le reportage interdit sur le lobby pro-Israël aux États-Unis » par Pierre-Alain DEPAUW – Medias-presse.info – 06 nov. 2018

https://www.medias-presse.info/voici-le-reportage-interdit-sur-le-lobby-pro-israel-aux-etats-unis/100540/

(16) - (Anglais) Article " Al-Jazeera " « Israel lobby infiltrates UK student movement » - 11 jan. 2017

https://www.aljazeera.com/news/2017/01/exclusive-israel-lobby-infiltrates-uk-student-movement-170110140117749.html

(17) - Article « Propagande et désinformation à l’israélienne (I) » Alain GRESH – " Monde Diplomatique " - 2010

https://blog.mondediplo.net/2010-01-13-Propagande-et-desinformation-a-l-israelienne-I

Alain Gresh y cite l’article de Serge Dumont dans le quotidien Suisse " Le Temps " du 08 janvier 2010.

(18) – Article « Un si mystérieux ministère israélien des affaires stratégiques » par Eyal HAREUVENI, " Orient XXI " – novembre 2018 -

https://plateforme-palestine.org/Un-si-mysterieux-ministere-israelien-des-affaires-strategiques

(19) – ONG « If Americans Knew »

https://ifamericaknew.org/

(20) - Cité par Alexis de TOCQUEVILLE - " De la Démocratie en Amérique " – 1848

(21) - Article " Antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes " - Michel STASZEWSKI - mars 2016 (UPJB - " Union des Progressistes Juifs de Belgique ")

(22) - US Department of State

https://www.state.gov/s/rga/resources/267538.htm

(23) - Parlement Européen

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&reference=P8-TA-2017-0243&language=FR&ring=B8-2017-0383

(24) - EUMC (" European Monitoring Centre on Racism and Xenophobia ") – Rapport sur l’antisémitisme en Europe 2002 – 2003 (pages 242 et 243 = Chapitre " Antisémitisme et Antisionisme ")

(25) – Manuel de Communication et de Propagande ’’ Hasbara Handbook ’’ – 2002

https://www.middle-east-info.org/take/wujshasbara.pdf ) chapter : ’’Antisemitism, Anti-Zionism, and Israel’’. p. 13-14

(26) – CRIF

http://www.crif.org/fr/actualites/crif-une-definition-de-lantisemitisme-votee-par-le-parlement-europeen

(27) – Sylvain CYPEL (Univ. Hébraïque de Jérusalem) (Source : ORIENT XXI – 19 juillet 2017)

https://orientxxi.info/magazine/non-l-antisionisme-n-est-pas-un-antisemitisme-reinvente,1954

(28) – IHRA ( (" International Holocaust Remembrance Alliance ") « Non-legally binding working definition of antisemitism » Mai 2017
https://www.holocaustremembrance.com/sites/default/files/press_release_document_antisemitism.pdf

«  L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs pouvant s’exprimer par de la haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des individus juifs ou non-juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et contre les institutions religieuses juives. »

(Suivent toute une série d’exemples. Parfois clairs et de bon sens. Parfois nécessitant clarification)

(29) – Article « La lutte contre l’antisémitisme ne peut servir à criminaliser la solidarité » Communiqué de Presse

http://www.association-belgo-palestinienne.be/la-lutte-contre-lantisemitisme-ne-peut-servir-a-criminaliser-la-solidarite/

(30) – Article « En Israël, les trois dimensions d’une dérive fascisante » par Dominique VIDAL – ORIENT XXI – 10 juillet 2018

https://orientxxi.info/magazine/en-israel-les-trois-dimensions-d-une-derive-fascisante,2542

(31) – Article JP Ciron - " Le Sionisme : la déclassification progressive des archives change le regard des historiens sur les Processus associés à sa mise en œuvre ".

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-sionisme-la-declassification-209989

(32) - Book " American Zionism from Herzl to the Holocaust " – Melvin I. UROFSKY – 1995 -

« The real nub of the anti-Zionist protest lay not in theological interpretation but in political policy. Despite the Dreyfus affair, many Western Jews considered their religious belief irrelevant to their national identity. (…) Their national loyalties belonged to the country of their citizenship. (…) When Herzl read The Jewish State to Zadok Kahn, the chief rabbi of France murmured partial agreement, but suggested that France also claimed his loyalty. In his diary, Herzl noted : ’’ Yes, a man has to choose between Zion and France ’’ » (p. 32)

(33) – « Texte intégral de la Loi Fondamentale : Israël étant l’Etat-Nation du Peuple Juif. » Association France Palestine Solidarité -

Point 1C - ’’ Le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’Etat d’Israël est propre au peuple juif. ’’

Point 7A - ’’ L’état considère le développement des colonie juives comme une valeur nationale et agira pour encourager et promouvoir leur création et leur renforcement. ’’

(34) – Rapport « Vers une criminalisation de la critique de la politique d’Israël ? » Pr. François DUBUISSON – Centre de Droit international ; Centre de Droit de l’information et de la Communication – mars 2006

https://www.printfriendly.com/p/g/Njaxjt

Dès 2006, un avis juridique du Pr. Dubuisson concluait que la définition de l’IHRA « risque d’affaiblir la lutte nécessaire contre cette forme de racisme, au lieu de la renforcer. »

(35) – Rapport « IN THE MATTER OF THE ADOPTION AND POTENTIAL APPLICATION OF THE INTERNATIONAL HOLOCAUST REMEMBRANCE ALLIANCE WORKING DEFINITION OF ANTI-SEMITISM » - Hugh TOMLINSON QC – Matrix Chambers - mars 2017

https://freespeechonisrael.org.uk/wp content/uploads/2017/03/TomlinsonGuidanceIHRA.pdf

L’opinion juridique pour le Royaume Uni de H. Tomlinson est que l’autorité publique qui utiliserait la définition de l’IHRA rencontrerait de très gros problèmes juridiques.

(36) – Livre " L’Ordre du Monde " de Henry KISSINGER – 2016

(37) - La carrière de Gideon LEVY est marquée par de nombreux Prix journalistiques : Levy was the recipient of the Euro-Med Journalist Prize for 2008 ; the Leipzig Freedom Prize in 2001 ; the Israeli Journalists’ Union Prize in 1997 ; and The Association of Human Rights in Israel Award for 1996.

(38) - Article de Gideon LEVY du 01 sept. 2017 / rubrique ’’ Opinion ’’ du magazine israélien HAARETZ : " Israel Justice Minister Shaked said the truth loud and clear : Zionism contradicts human rights, and thus is indeed an ultranationalist, colonialist and perhaps racist movement" (...) "Zionism is Israel’s fundamentalist religion, and as in any religion, its denial is prohibited." (...) " we can finally think about Zionism more freely. We can admit that the Jews’ right to a state contradicted the Palestinians’ right to their land " (...).

Gideon Levy conclut : " Now, then, is the time for a new division ( ...) Between supporters of Zionism and supporters of justice. (...) "