L’impunité régalienne

, par  DMigneau , popularité : 0%

L’impunité régalienne

Les 350 000 € (380 000 ?) d’argent public gaspillés pour assurer le confort du Premier Ministre ne sont pas un simple fait divers mais constituent bel et bien le symbole de la monarchie " macronienne ", dont l’arrogance n’hésite pas à s’étaler avec la trivialité et la complaisance des nouveaux riches...

Quelques uns de mes amis fidèles lecteurs de ce blog se sont étonnés de la raréfaction de mes billets : effectivement, je suis accaparé par les corrections que j’apporte à mon manuscrit " les 72 Immortelles " qui a retenu l’attention des éditions du Croquant * pour une prochaine publication mais aussi, je l’avoue sincèrement, parce que je suis littéralement effaré en face du consensus " bonapartiste " qui semble émerger autour d’Emmanuel Macron, dans une pénéplaine politique sans aspérités civiques et sans conscience morale.

Cette affaire de l’avion du Premier Ministre me fait sortir de mes gonds ; non seulement elle est en soi scandaleuse, mais elle est aussi le signe prémonitoire de ce que nous réservent les élites bourgeoises qui pilotent le quinquennat.

En effet, dans la mesure où le comportement des personnalités nommées pour servir l’État doit être irréprochable et exemplaire, le choix " assumé " par Édouard Philippe à Tokyo est une lourde faute démocratique, un geste de souverain mépris à l’égard des contribuables, une forfaiture.

Et je m’étonne que la grande presse, parfois si empressée à monter en épingle des choses insignifiantes, n’ait pas donné libre cours à toutes ses fanfares de Fortinbras qui nous assomment de leurs cuivres empoisonnés matin, midi et soir !

Car si Monsieur Philippe s’est autorisé à jeter en l’air pour son confort personnel, une somme avec laquelle notre pays aurait pu accueillir des milliers de migrants pendant toute une année, c’est qu’il y a " quelque chose de pourri " en république française.

Aussi, n’est-il pas étonnant de constater qu’au même moment, un ministre de l’Intérieur - sans doute jaloux de la réputation de Pasqua - adresse aux préfets une circulaire comminatoire et raciste afin de faire comprendre aux malheureux réfugiés que la France dite " terre d’asile " n’était plus " la patrie des droits de l’Homme et du Citoyen ".

Dura lex sed lex...

Celle de la jungle.

VINGTRAS

MediaPart

* Louis Weber