L’imitation ratée de l’enterrement de Victor Hugo

, par  DMigneau , popularité : 66%

L’imitation ratée de l’enterrement de Victor Hugo

Aurore Berger, la Nadine Morano de LREM, affirmait que les obsèques de Johnny Halliday provoqueraient une émotion comparable à celles de Victor Hugo et elle prévoyait qu’il y aurait : « autant de monde si ce n’est plus dans la rue pour l’accompagner ».

Informés sans BFM-TV, venus de toutes les régions de France sans bus Macron, 2 millions de personnes ont donné le 1er juin 1885 une journée de travail non récupérable en RTT pour accompagner la dépouille de l’immense poète qui ne s’exila pas à cause des impôts, LUI.

Son testament disait qu’il donnait 50 000 francs aux pauvres et que son cercueil devait être transporté dans le corbillard des pauvres.

Cependant, la cérémonie pour Johnny était impeccable, comme ordonnée par une entreprise d’événementiel. Des centaines de milliers de contribuables étaient là : les fans de toujours et d’autres que le matraquage médiatique avait conjurés de ne pas rater un « événement historique ».

Je défie quiconque de ne pas avoir été ému à l’écoute de quelques discours ou lectures de texte ou par le visage de la veuve, si digne et si belle avec ses cheveux tirés en arrière, ses lunettes de soleil et, en sautoir, la croix que son homme portait.

Et puis, patatras ! La voici qui se jette pour une longue, longue, longue étreinte dans les bras d’Emmanuel Macron, puis dans ceux de " Bri-bri d’amour ".

La cérémonie pour Johnny fut soudain " macronisée ".

L’exceptionnelle « bête de scène » était rapetissée à la taille de l’ancien banquier de chez Rothschild, du président des riches. L’incomparable rocker Johnny fit place à « l’oncle Picsou-Halliday » avec ses quarante années de démêles avec le fisc, sa condamnation pour fraude à 10 mois de prison avec sursis, son exil fiscal, ses négociations fructueuses au plus haut niveau pour des remises sur les sommes dues, des dégrèvements et des effacements de pénalités.

En se blottissant dans les bras du président que la foule conspua dès les premiers mots de son discours (1), Laeticia Halliday a dit aux fans qu’ils étaient les invités d’un dîner de cons, que l’irrationnelle réunion des torchons et des serviettes serait terminée dès que Johnny serait arrivé à Saint-Barth.

Le poignant concert de guitares devant l’église de la Madeleine fut couvert par cette grosse fausse note.

Théophraste R.,

Directeur de la thèse : « Récupération, phagocytage et perversion d’un fils du peuple par son entourage et le pouvoir ».

Le Grand Soir

(1) Toujours truqueur et tronqueur, le JT de France 2 a gommé les sifflets et les cris de la foule pour couvrir sa voix - « John-ny, John-ny ! » - en ne passant que l’épilogue du discours (à 5mn 52).

Apprécions aussi la prudence de Macron qui, craignant de nouveaux sifflets, termina en invitant à « applaudir monsieur Johnny Halliday ».

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