« L’art et la culture comme vecteurs de résistances »

, par  DMigneau , popularité : 100%

« L’art et la culture comme vecteurs de résistances »

Du 8 au 16 Juillet 2016 : 20ème édition du festival de films Résistances. Pour ce festival de début d’été au pied des Pyrénées, le collectif a sélectionné pour vous une centaine de films et documentaires rares, émouvants, percutants et saisissants, autour de quatre thèmes : « Une éducation joyeuse », « Etrangers à domicile », « Voyage entre désirs et désastres » et « Parole sous presse ».

Edito du festival Résistances, par Gérard Bérail

Organiser un festival de films, cela tient parfois à l’alchimie humaine dont on ne maîtrise pas, loin s’en faut, tous les ingrédients. En organiser sa 20e édition, c’est même étonnant à nos propres yeux. Mais tellement stimulant et porteur de germes féconds !

L’art et la culture comme vecteurs de Résistances ; le Cinéma, dans la diversité foisonnante de ses expressions, l’affiche fortement. Nous avons toujours souhaité ce festival accessible à toutes et à tous, grâce à ses tarifs modérés, aux ateliers mis en place en amont avec des jeunes, des prisonniers, des populations de centre-ville, de quartiers périphériques, des handicapé-e-s, des gens du monde rural.

Et surtout grâce à l’engagement bénévole d’un collectif enthousiaste.

Depuis son origine, les eaux insoumises ont irrigué chaque rendez-vous ; le festival a su parler à des milliers de spect’acteurs, les a écoutés, a organisé maints débats, mis au centre des rencontres des centaines d’artistes et leurs œuvres afin d’agrandir notre regard et stimuler nos neurones fatigués...

Le cinématographe nous rappelle les racines grecques du vocable : mouvement et écriture. Écrire en mouvement, dire le mouvement des corps et des pensées, c’est participer de la désincarcération de l’imaginaire, faire se lever des possibles infinis, conjuguer une Humanité du « NOUS » qui passe par l’expression du « JE ».

Pourtant une image immobile semble avoir figé dans un suspens douloureux la course folle du monde marchand, du monde d’argent, de guerres et de pouvoirs pervers : celle d’un enfant syrien de 3 ans, échoué sur la plage turque de Bodrum ; son nom a vite été effacé de « l’actualité » écrite dans le sable.

Il s’appelle Aylan, un sillon est désormais creusé dans nos mémoires d’avenir. Qu’avons-nous vu ? Qu’avons-nous fait ? « C’est fou ce que l’Homme invente pour abîmer l’Homme... », écrivait Jacques Prévert en un temps où d’ " Étranges Étrangers " étaient déjà vus comme silhouettes menaçantes. « L’Europe est tranquille » alors que des nuages bruns enveloppent les urnes... et que meurent les damné-e-s de la terre.

Alors, éclairons les chemins de Résistances et empruntons à Robert Desnos cette belle promesse lancée en 1942 :

« Si nous ne dormons pas, c’est pour guetter l’aurore

Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent. » (*)

VIVE la 20ème qui précède cette aurore !

Festival Résistances

(*) Extrait du recueil de Maud et Yannis YOULOUNTAS : « EXARCHEIA la Noire, au cœur de la Grèce qui résiste » (Les Éditions Libertaires)

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