L’OIM dénonce les marchés d’esclaves en Libye

, par  DMigneau , popularité : 37%

L’OIM dénonce les marchés d’esclaves en Libye

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a dénoncé mardi l’existence de véritables " marchés d’esclaves " en Libye où les migrants sont vendus entre 200 et 500 dollars.

" Vous allez au marché et vous pouvez payer entre 200 et 500 dollars pour avoir un migrant " et l’utiliser pour " vos travaux ", a déclaré aux médias le chef de la mission de l’OIM en Libye, Othman Belbeisi, de passage à Genève.

" Après l’avoir achetée, vous devenez responsable de cette personne. (...) Certaines d’entre elles s’échappent, d’autres sont maintenues en servitude ", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, l’OIM, une agence liée au système des Nations unies, explique que son personnel en Libye et au Niger a pu recueillir des récits " choquants " de migrants qui ont décrit l’existence de " marchés d’esclaves " dans lesquels des centaines d’hommes et de femmes sont vendus. Ces personnes sont notamment vendues sur des places publiques ou dans des garages.

Il s’agit de " gens vendus en public, assis par terre ", a expliqué à l’AFP un porte-parole de l’OIM, Leonard Doyle.

Dans le communiqué, l’OIM cite le terrible témoignage d’un migrant sénégalais, dont le nom n’est pas publié. Cet homme a d’abord dû payer environ 320 dollars à un trafiquant d’être humains pour se rendre en Libye depuis Agadez, au Niger.

Après deux jours dans le désert, dans un véhicule tout-terrain conduit par un chauffeur, il est arrivé à Sabha dans le sud-ouest de la Libye. Son chauffeur a alors affirmé ne pas avoir été payé par le " trafiquant " et a transporté le Sénégalais dans un " marché d’esclaves ".

D’après l’OIM, des migrants sub-sahariens étaient achetés et vendus sur ce marché, situé dans un parking, par des Libyens, aidés de Ghanéens et Nigerians qui travaillent pour eux.

Une fois vendu, le migrant sénégalais a été emmené dans divers endroits, des sortes de " prisons ", dans lesquelles les migrants sont torturés tandis que les ravisseurs exigent que leurs familles paient une rançon en échange de leur libération. Ce Sénégalais est ensuite parvenu à officier comme traducteur des ravisseurs, évitant ainsi d’être davantage battu.

D’après les témoignages recueillis par l’OIM, les femmes deviennent des esclaves sexuelles.

" La situation est désastreuse. Nous savons que les migrants qui tombent dans les mains des trafiquants sont confrontés à la malnutrition systématique, aux abus sexuels et même au meurtre ", a indiqué le directeur des opérations d’urgence de l’OIM, Mohammed Abdiker, dans le communiqué.

Communiqué de l’OIM (en anglais)

Source : http://information.tv5monde.com/en-continu/l-oim-denonce-les-marches-d...

Le Grand Soir