L’Europe sacrifiera-t-elle les libertés ?

, par  DMigneau , popularité : 0%

L’Europe sacrifiera-t-elle les libertés ?

Le sociologue et philosophe allemand Herbert Marcuse, dans son livre " L’Homme unidimensionnel " (1964), explique que " la fonction fondamentale des médias est de développer des pseudo-besoins de biens et de services fabriqués par des sociétés géantes, en liant les individus à la voiture de consommation et à la passivité politique ".

Des systèmes politiques qui seront " le terreau " du virus pathogène connu sous le nom de " autos-kratos " ou " autocratie ", une forme de gouvernement exercée par une seule personne avec un pouvoir absolu et illimité.

Cela confirme l’aphorisme de Lord Acton : " Le pouvoir a tendance à corrompre et le pouvoir absolu corrompt absolument ".

" L’autocratie " serait ainsi une sorte de dictature invisible soutenue par de solides stratégies de cohésion (manipulation de masse et " culte du chef ") fondées sur le contrôle absolu des médias, la censure et le discrédit social d’individus réfractaires au message du chef, d’où le « Premier ministre » hongrois, Viktor Orbán, serait le paradigme par le fait qu’il aurait rendu la Hongrie comme la première autocratie européenne ou " démocratie non libérale ".

" Steppenwolf, 1927 ", le livre de Hermann Hesse dépeint le sentiment d’angoisse, de désespoir et de perplexité qui s’est emparé de la société européenne dans " l’entre-deux-guerres " et est une analyse lucide de la folie d’une époque où " l’ancien " meurt sans que le nouveau soit né.

Dans cet ouvrage, l’auteur critique de façon mordante la société bourgeoise (le déclin de la civilisation), une dictature invisible qui annule les idéaux de l’individu originel et le transforme en un être non critique, craintif et conformiste qui, mis sous " sédation " par la consommation compulsive de biens matériels, commence à gonfler inévitablement les rangs d’une société homogène, uniforme et facilement manipulable.

Ainsi, Hermann Hesse définit le bourgeois comme " une personne qui essaie toujours de se placer au centre, entre les extrêmes, dans une zone tempérée et agréable, sans orages violents ni tempêtes.

Par conséquent, il est par nature une créature de faible impulsion vitale, craintive, craignant le don de soi, facile à gouverner.

C’est pourquoi il a remplacé le pouvoir par le régime majoritaire, la force par la loi et la responsabilité du système électoral.

Il est évident que cela est faible et effrayant, même s’il y en a beaucoup si considérable qu’elle ne peut pas se tenir seule et, selon ses qualités, elle ne pourrait pas jouer un rôle dans le monde autre que celui d’un troupeau d’agneaux parmi les loups errants ... "

Ces réflexions sont toujours en vigueur près d’un siècle plus tard puisque le déclenchement de la pandémie de " coronavirus " et la récession ultérieure des économies européennes mettront en œuvre la stigmatisation de l’incertitude et de l’incrédulité dans une société plongée dans la culture de " l’État providence ".

Cela conduira plus tard à un choc traumatique lorsque la transition vertigineuse des niveaux de bien-être à la dure réalité de la perte d’emploi et de logement, de l’immersion dans les « seuils de pauvreté » et de la dépendance exclusive aux « prestations sociales », sera vérifiée.

Par conséquent, l’individu " occidental " sacrifiera ses libertés fondamentales jadis " sacro-saintes " pour assurer le minimum de survie, ce qui signifiera de facto la fin des soi-disant " démocraties formelles ".

Germán Gorraiz López,

analyste politique

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Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1819

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