« L’Argent raconté aux enfants et à leurs parents » de Claudio Pazienza est sur Tënk

, par  DMigneau , popularité : 0%

« L’Argent raconté aux enfants et à leurs parents » de Claudio Pazienza est sur " Tënk "

Parfois pour mieux comprendre l’absurdité du capitalisme, il vaut mieux sortir du jargon économiste pour aller droit au but. Entre démonstration scientifique décalée, entretiens et récit familial, c’est le parti pris de Claudio Pazienza qui mise sur une forme originale pour mieux faire ressortir le fond.

Et comme il le dit lui même : « Moralité : la dette, c’est le coût du lien social ».

La " science économique " n’est pas une science " dure " ; elle ne vaut rien sans la politique.

Claudio Pazienza nous en fait une démonstration par l’absurde.

https://www.tenk.fr/sciences/l-argent-raconte-aux-enfants-et-a-leurs-parents.html

Benoîtement, en s’appuyant sur ce qu’il prétend être son " histoire familiale ", en regardant le sou de très près, il se prête au jeu de « l’économie ». Il met en scène la logique scientifique, se moquant du genre et de la facilité de notre compréhension.

Et puis sans savoir quand le doute est apparu, Il nous reste là au final, faudrait-il reprendre le fil de la démonstration ?

Le cinéaste sème le doute, c’est probablement sa fonction.

Pierre Oscar Lévy,

Réalisateur

" L’Argent raconté aux enfants et à leurs parents " de Claudio Pazienza (2002, 53 minutes)

" L’Argent raconté aux enfants et à leurs parents " scrute, sur le mode d’une fable humoristique et " pince-sans-rire ", la métallique maigreur d’une pièce de monnaie et raconte, par bribes, l’histoire d’une famille ouvrière incapable de conjuguer « besoins », « désirs » et « moyens ».

De père en fils, on vit dans l’angoisse de la dette. Cela inquiète évidemment le fils (l’auteur du film), bientôt père à son tour.

En partant de la racine de nos tracas pécuniaires (" pecus " = petit bétail), l’auteur organise son enquête par une cascade de calembours visuels.

Si l’agneau vaut l’argent, c’est alors qu’il est un sacrifice.

Où place-t-on l’argent ?

Dans le sac à main de la mère de Claudio. La petite pièce n’y reste pas, " agneau du sacrifice " dans une famille d’ouvriers où l’on ne tue pas " le veau gras " tous les jours.

C’est ce que semble ne pas comprendre le professeur de Boissieu, économiste, que l’écran " splité " distingue du réalisateur qui l’interroge, pour bien rappeler que c’est " chacun dans son camp ", ceux qui peuvent « capitaliser » et ceux qui n’ont que du corps à vendre.

Pour ces derniers, le professeur Auriti, utopiste de province, invente une " monnaie d’initiative populaire " et imprime des billets qui n’ont cours que dans une seule ville d’Italie...

Faire des frais, faire des dettes, faire des enfants.

Ce film n’est pas raisonnable.

Au final, le philosophe Jean-Paul Curnier met le doigt sur un point brûlant : sans dette, il n’y a pas de lien social. À l’heure du diktat de l’orthodoxie budgétaire, cela fait du bien à entendre.

Laurent ROTH

https://jeanpaulcurnier.com/argent-pazienza/

Extrait du film “ L’argent raconté aux enfants et à leurs parents ” où Jean-Paul Curnier joue son propre rôle.

Distinctions

2014 : Images en bibliothèques - Paris (France) - Film soutenu par la « Commission nationale de sélection des médiathèques »

2002 : Filmer à tout prix - Bruxelles (Belgique) -

2002 : Visions du réel - Nyon (Suisse) - Compétition Internationale