L’Angleterre prive le Venezuela de son or pour le céder au putschiste Guaido

, par  DMigneau , popularité : 0%

L’Angleterre prive le Venezuela de son or pour le céder au putschiste Guaido

La « Banque d’Angleterre » refusait de rendre l’or que le Venezuela stockait dans ses coffres. La justice britannique a reconnu Guaido comme " président légitime " pour affaiblir Maduro et le priver des centaines de millions de dollars qui auraient permis de faire face à la crise sanitaire au Venezuela.

Depuis le mois de janvier 2019, Juan Guaidó a pris la tête de l’opposition de droite vénézuélienne en s’auto-proclamant " Président de la République ".

Les tentatives de « coup de force », plus ou moins spectaculairement échouées, s’enchaînent depuis lors mais le soutien des bourgeoisies impérialistes, qui rêvent de voir le Venezuela en nouveau terrain de jeu néo-libéral, ne désemplit pas.

Tous les coups sont permis pour déstabiliser l’économie du pays même si la pandémie de " Covid " frappe actuellement de " plein fouet " le sous-continent américain. Ainsi, Trump a déployé des bâtiments militaires dans les eaux au large du Venezuela pour accentuer la pression sur le régime de Maduro.

Jeudi, la " justice " britannique a reconnu Guaidó comme " président par interim "

La justice britannique a tranché ce jeudi 2 juillet : « Le gouvernement britannique reconnaît M. Guaidó en tant que président constitutionnel par intérim du Venezuela » a écrit le juge Nigel Teare qui s’occupait de l’affaire.

Une décision qui n’a pas juste une dimension diplomatique symbolique mais qui vient en fait résoudre un contentieux concernant les 31 tonnes d’or stockés par l’État vénézuélien, lequel voulait retirer une somme proche d’un milliard de dollars.

Car qui dit bataille pour la présidence dit également bataille pour les institutions du pays.

Ainsi, Guaidó réclame la mainmisse sur la « Banque Centrale Vénézuélienne » (BCV) et voulait empêcher le gouvernement de Maduro d’avoir accès à ses actifs à l’étranger...

C’est donc un juge de la " couronne britannique " qui peut décider qui gouverne - ou non - au Venezuela et qui a droit à utiliser son argent !

Car il ne s’agit même pas ici d’or stocké comme garantie pour un prêt mais bien une somme qui appartient directement au Venezuela.

Guaidó, qui est à son plus bas depuis des mois, ne peut exister que grâce à ces vols de l’impérialisme.

Il faut dire que l’opposition de droite vénézuélienne et certains " hauts fonctionnaires " américains ont élu cette tactique de sabotage comme leur favorite quant à l’accès du Venezuela au système financier international.

Dès janvier 2019, une demande a été faite à une quarantaine de pays - dont l’ensemble de l’UE - de bloquer les actifs vénézuéliens à l’étranger.

D’une part, les États-Unis ont fait pression sur différentes compagnies pétrolières pour stopper tout commerce avec PDVSA, la compagnie publique de pétrole vénézuélienne, mais également pour confisquer ses actifs comme ceux de sa filiale aux États-Unis, " Citgo " (estimés entre 8 et 13 milliards de dollars).

Le cabinet d’avocats " Arnold&Porter ", représentant Guaidó, a salué dans une déclaration « son succès » et a déclaré que le droit de cet homme politique « d’agir en tant que président intérimaire du Venezuela » a été reconnu comme légitime par une soixantaine de pays, dont le Royaume-Uni.

Mais il est clair que le plaidoyer de ces avocats n’a pas dû peser lourd dans la balance. Ce sont les décisions politiques prises précédemment par le gouvernement anglais, que le juge Nigel Teare n’a fait que respecter.

Si la transparence n’est pas le fort de Maduro, l’opacité possède ses champions dans le camp de Guaidó car, les fonds que Maduro souhaitaient débloquer et qui lui ont été refusé entraînant la plainte de la BCV et ce procès, étaient destinés au PNUD (" Programme des Nations Unies pour le Développement "), une des ficelles de la " bonne conscience " impérialiste qui " développe " les pays mis en position de " sous-développement " par les puissances (néo-)coloniales.

Le PNUD devait, ensuite, utiliser ces fonds pour lutter contre la pandémie de " Covid-19 " au Venezuela. C’en était déjà trop pour la bourgeoisie anglaise et l’opposition de droite.

De plus, cette décision de la « Banque d’Angleterre » pourrait servir de jurisprudence et d’exemple à suivre à l’échelle internationale, coupant alors les autres réserves financières vénézuéliennes de tous les pays européens vers le gouvernement Maduro.

Ce qui prolongerait l’asséchement des ressources financières du Venezuela. Des opérations de spoliations dans la lignée des coups de la " Deutsche Bank " et de " Citibank " qui se sont arrogés des centaines de millions de dollars en or, conservées comme " garantie " à des prêts.

La droite vénézuélienne au service de l’impérialisme américain et de ses alliés britanniques et européens n’en a certainement pas grand chose à faire des conditions de vie de la population vénézuélienne qui souffre des embargos, de l’inflation, des pénuries et de la politique répressive sous couvert de " socialisme " de Maduro.

Dans tous les cas, si Guaidó ou ses semblables arrivaient au pouvoir comme " marionnettes " du Pentagone, le peuple vénézuélien serait violemment puni pour ses années de résistance à l’impérialisme.

Cette nouvelle ingérence impérialiste dans les affaires internes du pays et ses finances risque de prolonger une crise sanitaire, économique et humaine dans l’ensemble du Venezuela.

Ces mêmes bourgeoisies qui ont eu une gestion criminelle de la pandémie dans leurs pays, ont encore moins de scrupule à sacrifier la vie des classes populaires des pays qu’ils oppriment.

revolutionpermanente.fr