L’ARMÉE SECRÈTE DE TÉNÉ BIRAHIMA OUATTARA MENACE L’ARMÉE NATIONALE

, par  DMigneau , popularité : 0%

L’ARMÉE SECRÈTE DE TÉNÉ BIRAHIMA OUATTARA MENACE L’ARMÉE NATIONALE

En Côte d’Ivoire, au cœur du " Deep State ", il y a une doctrine : l’armée républicaine n’est pas digne de confiance. Il faut se doter d’une milice privée mieux armée que les forces régulières et qui est capable de s’imposer à elles dans un schéma de confiscation du pouvoir orchestré par un homme : Téné Birahima Ouattara dit " Photocopie ", frère cadet du Président de la République...

Chers lecteurs,

Aujourd’hui, nous allons entrer avec vous au cœur de « l’État secret », le « Deep State » comme disent les Américains. Le " Deep State " est une structure militaire ou bureaucratique secrète qui se met en parallèle de l’État réel et qui contrôle celui-ci, sous l’impulsion de quelques membres de la classe dominante.

En Côte d’Ivoire, au cœur du " Deep State ", il y a une doctrine : l’armée républicaine n’est pas digne de confiance. Il faut se doter d’une milice privée mieux armée que les forces régulières et qui est capable de s’imposer à elles dans un schéma de confiscation du pouvoir.

À l’origine de l’organisation militaire secrète, il y a un homme : Téné Birahima Ouattara dit " Photocopie ", frère cadet du Président de la République, coordonnateur national occulte des « services de renseignement » et Ministre de la Défense des forces secrètes " pro-Ouattara ".

C’est lui qui, le premier, s’est mis en tête de constituer une véritable force de combat pour le compte d’Alassane Ouattara.

Tout est parti de la mort du Sergent-chef Ibrahim Coulibaly dit " IB " dans les combats à Abobo, en avril 2011.

On se souvient qu’IB avait refusé de reconnaître la victoire du nouveau Président élu Alassane Ouattara. D’ailleurs, IB avait fait une déclaration dans laquelle il disait qu’il fallait organiser une transition au terme de laquelle il y aurait de nouvelles élections, vu qu’ADO et Laurent Gbagbo se battaient sur les résultats du scrutin.

Il était allé jusqu’à se proposer comme " Président " de cette transition. Sans le savoir, il venait de signer son arrêt de mort. Peu de temps après, il a été " géolocalisé " par Hamed Bakayoko qui cumulait les fonctions de Ministre de l’Intérieur et Ministre des « TIC » et c’est Alassane Ouattara qui a ordonné l’assaut pour le tuer.

Juste après la mort du Sergent-chef « IB », ses troupes désorientées et sans horizon, ont cherché un " point d’ancrage ". Beaucoup d’entre eux avaient rejoint ce dernier, pensant combattre pour ADO.

Un groupe de ces combattants " pro-IB " a tenté de rentrer en contact avec le nouveau Président pour lui faire allégeance et plaider pour leur sort.

Les contacts ont été pris et Téné Birahima Ouattara a reçu au cabinet de son frère aîné, sis au " Deux-Plateaux Vallons ", un groupe de ces ex-combattants dirigés par un certain Coulibaly Sindou alias " Farra ".

Il est venu à cette rencontre avec plusieurs autres leaders des groupes d’auto-défense qui avaient vu le jour pendant la crise " post-électorale " et qui s’étaient battus principalement à Abobo et dans la périphérie de Yopougon.

À cette rencontre, il y avait aux côtés de " Photocopie ", M. Yaya Ouattara, son neveu.

Les jeunes soldats ont proclamé à " Photocopie " leur allégeance au nouveau Président élu Alassane Ouattara et lui ont fait serment de loyauté.

Ils en ont profité pour lui soumettre leurs inquiétudes quant à leur avenir. Le frère du Président était heureux et leur a dit qu’ils ne seraient pas " laissés pour compte ".

Pour rassurer ses hôtes du soutien inconditionnel du Président de la République, M. Téné Birahima Ouattara l’a joint séance tenante au téléphone en leur présence.

La fonction " main libre " du téléphone étant activée, tous ceux qui étaient présents dans la salle ont pu écouter en direct le Président de la République confirmer les propos de son petit-frère.

Le Président leur a fait la promesse ferme de ne jamais les oublier pour le travail abattu pendant la crise " post-électorale " et leur demanda de rester en contact permanent avec son cadet qui sera désormais chargé de gérer leur dossier.

Deux semaines après cette rencontre, " Photocopie " a reçu à nouveau les éléments démobilisés et leur demanda de mieux s’organiser, car le Président Ouattara avait pris " à bras le corps " leur situation et était déterminé à leur trouver un statut.

Au cours de cet entretien, vu ses fonctions officielles qui l’empêchent d’être pleinement disponible, " Photocopie " désigna son neveu Yaya Ouattara comme son représentant au sein du groupe.

Il rajouta que Yaya Ouattara serait désormais leur " agent de liaison " auprès de lui.

Yaya Ouattara devint donc le " chef logistique " de ce groupe armé qui a pris le nom de « Compagnie des Combattants pour la Liberté » (CCL).

Une organisation de type militaire est mise en place et un budget est voté pour le fonctionnement de la CCL, qui dès lors, prend le sinistre visage d’une milice au service de Téné Birahima Ouattara et de son frère, le Président Ouattara.

Une somme d’environ 10 millions de FCFA leur est distribuée par semaine pour faire face à leurs besoins alimentaires et " autres ".

" Photocopie " ne perd pas de temps pour utiliser cette milice qui lui est dévouée " corps et âme ". Déjà à cette époque, il se méfiait des « Forces Spéciales » qui venaient d’être créées et qui constituaient le fleuron de l’armée.

En effet, elles sont bien entraînées, bien équipées, au service du Président, mais malgré tout il n’a pas confiance en elles.

Selon les renseignements qu’il dit détenir, tous les ex-combattants qui ont été recrutés pour former les « Forces Spéciales » ont été choisis par Traore Salif dit " Commandant Tracteur ", un ancien " Com’Zone " très proche de Guillaume Soro.

Pour " Photocopie ", Guillaume Soro a une trop grande influence sur les « Forces Spéciales » qu’il faut annihiler.

Il demande alors au Général Diomandé Vagondo, Chef d’État-major particulier du Président de la République et Chef de corps du « Groupement de sécurité du Président de la République » (GSPR), de s’impliquer dans la gestion et la formation des membres de la CCL pour en faire une force de combat efficace, capable de tenir tête aux « Forces Spéciales ».

Ainsi dit, ainsi fait. Le Général Vagondo va alors réunir Yaya Ouattara et son groupe pour les tester.

À l’issue de son test, le Général Vagondo a sélectionné 500 éléments afin qu’ils suivent une formation militaire " commando " discrète au Burkina Faso.

Après leur formation, ces 500 éléments ont directement été intégrés dans la garde rapprochée du Président Ouattara. Ils ne sont pas sous la tutelle du Ministre de la Défense.

Leur père, leur mère, leur dieu sur terre, c’est Téné Birahima Ouattara. Ils lui obéissent " au doigt et à l’œil ". Ils savent que l’une de leurs principales missions est de se tenir prêts, à tout moment, à neutraliser les « Forces Spéciales », s’il le fallait.

Des missions de sécurisation et d’infiltration leur sont confiées à l’intérieur et à l’extérieur du pays, au détriment des services officiels.

Parmi les membres de la CCL, il y a ceux qui n’ont pas rempli les critères pour être recrutés pour faire partie du groupe de Ouaga sans toutefois être " laissés pour compte ".

" Photocopie " a établi une connexion entre Yaya Ouattara et Fidèle Sarassoro, alors patron de « l’Autorité de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion » (ADDR). Il est maintenant « Directeur de cabinet » du Président de la République, au nom des nombreux services qu’il a rendus à ce dernier et à son frère cadet.

Grâce à Fidèle Sarassoro et à l’ADDR, 2 000 ex-combattants qui ont juré allégeance à Birahima Ouattara et au Président Ouattara ont été réinsérés et redéployés.

Ainsi :

1 - Certains ont intégré la « Fonction publique » comme sous-officiers des Douanes et officiers des Eaux et Forêts, malgré leur âge très avancé,

2 - D’autres ont intégré les différents services d’entretien des palais présidentiels d’Abidjan et Yamoussoukro,

3 - Plusieurs ont bénéficié des divers autres programmes d’insertion de l’ADDR pour devenir " dockers ", " agents de sécurité " dans plusieurs hôtels d’Abidjan et de Yamoussoukro, " gardes pénitentiaires ", pour ne citer que ceux-là.

Un dernier groupe a été confié à M. Traoré Vassiriki, préfet de Ferké devenu « Coordonnateur national du Renseignement ». Ce groupe d’hommes et de femmes a le même statut que les militaires en fonction, sans toutefois porter la tenue militaire.

Le Préfet Traoré avait pour mission de les former en vue de les intégrer aux services officiels de renseignement, mais pour le compte de Téné Birahima Ouattara, le vrai « Patron » des services de renseignement ivoirien.

C’est ce qui a été fait.

Ainsi, au cœur du renseignement ivoirien, il y a un groupe d’hommes et de femmes dont la seule mission est de recueillir des renseignements sur les militaires, les opposants politiques, les rivaux politiques, les hommes d’affaires, les " hauts fonctionnaires ", les clients des grands hôtels etc. pour les transmettre directement à Téné Birahima Ouattara.

Toutes les données concernant cette " armée de l’ombre " sont gérées par Yaya Ouattara, le neveu de " Photocopie ". En cas de conflits armés, celui-ci a la responsabilité de rassembler rapidement tous ses éléments disséminés dans les différentes structures étatiques et privées, pour le combat.

Advenant un conflit, ils ont l’armement nécessaire pour tenir face aux forces armées nationales.

Dans un premier temps, lorsqu’ils sont venus faire allégeance à ADO, tous les 2 000 anciens combattants ont remis leur armement à " Photocopie " qui les a fait réceptionner par le Général Vagondo.

C’était donc une véritable " poudrière " composée de fusils d’assaut de tous genres et de leurs munitions, de lance-roquettes RPG et LRAC et leurs obus antichars, de grenades offensives et défensives, de grenades fumigènes, de fusils à pompe, de fusil " Bergeron " et même de fusils de tireurs d’élite.

Pour stocker cet arsenal de guerre, une villa a été louée au Plateau-Dokui à raison de 250 000 FCFA par mois (Voir photo).

Une partie de la poudrière de Birahima Ouattara a été convoyée au domicile de M. Yssouf Fadiga, ancien « Directeur Général » d’une filiale du groupe BOLLORÉ, situé non loin de la résidence du Président de la République.

La dernière partie de la poudrière est stockée au domicile du Général Vagondo lui-même.

Ainsi, Birahima Ouattara dispose d’armes reparties en plusieurs points stratégiques d’Abidjan où ses hommes peuvent aller se ravitailler en dehors des arsenaux officiels de la République et cette poudrière est constamment renouvelée.

En effet, désigné par le Président Alassane Ouattara pour régler toutes les questions relatives à l’équipement et à l’entretien des « Forces Spéciales » (armes, munitions, gilets pare-balles, salaires etc.), Birahima Ouattara en profite pour acquérir des armes pour son armée privée.

Vous pourrez constater dans les quelques tableaux que nous publions ici le profilage de certains membres de la milice chargée de tenir en respect l’armée nationale ainsi que les armes qui ont été collectées.

La poudrière ainsi constituée est régulièrement alimentée par de nouvelles armes achetées en Chine par Téné Birahima Ouattara au détriment de l’armée nationale.

Évidemment, cet armement n’a jamais été répertorié par l’armée régulière ivoirienne, ce qui représente incontestablement un danger permanent pour la sécurité de « l’État » et des institutions.

Rappelons-le encore, " Photocopie " dispose de plusieurs centaines de jeunes rompus au maniement des armes, dispersés dans plusieurs secteurs d’activités qui se tiennent prêts " à marcher ", c’est-à-dire à aller au combat dès qu’on leur en donnera l’ordre.

Mais, il existe des mécontents au sein de la troupe.

Parmi les 2 000 qui sont allés " faire allégeance " et qui ont remis leur armement, un groupe a été " laissé sur le carreau ". Ils n’ont pas été recrutés pour l’armée secrète et n’ont pas intégré non plus les services de renseignement.

Dans le profilage qu’il a fait d’eux, Yaya Ouattara les a présentés comme supposés proches de Guillaume Soro, à cause de leurs affinités avec le " commandant Tracteur ".

Pour les faire patienter, il leur a annoncé qu’ils étaient inscrits sur une liste de réservistes qu’ils devaient suivre une formation militaire complémentaire dans le camp de Zambakro.

La liste de ces réservistes, n’ayant pas eu de point de chute, a été transmise au Général Vagondo pour en faire le suivi.

L’officier général a alors fait appel à M. Diasso Jean Claude dit " J.C. " pour superviser et contrôler l’activité de ces miliciens en déshérence. Ces éléments " laissés sur le carreau " et à qui l’on a fait des promesses sans lendemain, sont aujourd’hui devenus amers.

Ils n’en peuvent plus et menacent de se soulever.

Ils considèrent que Yaya Ouattara, leur " agent de liaison " avec " Photocopie ", a profité d’eux pour avoir une bonne situation auprès du Préfet Traoré Vassiriki au « Service de Renseignement » de la Présidence.

Ils sont actuellement surveillés comme " du lait sur le feu ".

Après le départ du Général Vagondo du Palais pour occuper le ministère de la Sécurité, le Colonel Ibrahima Gon Coulibaly dit " Gauze ", petit-frère du Premier ministre Amadou Gon, est devenu le nouveau Commandant du GSPR.

À ce titre, il a hérité de la coordination de toutes ces milices.

Il travaille en étroite collaboration avec " Photocopie " qui a décidé de mettre son armée secrète au service d’Amadou Gon Coulibaly, le successeur désigné par le Président Alassane Ouattara.

Le Colonel Gon Coulibaly fait régulièrement le point de la situation de cette force en attente au Premier ministre Gon Coulibaly.

Rassuré par son jeune frère sur " la puissance de feu " qui est désormais la sienne, le Premier ministre ne manque plus la moindre occasion de menacer ses potentiels adversaires, notamment son Ministre de la Défense, Hamed Bakayoko qui se pose désormais en rival affiché.

Des « piques » lui sont régulièrement adressés en forme de mises en garde voilées.

Conforté par l’arrivée du Général Vagondo dans son équipe gouvernementale, le Premier ministre a chargé ce dernier d’œuvrer à mettre un terme définitif à l’influence que le Ministre Bakayoko continuait d’exercer sur le ministère de la Sécurité, malgré son affectation au ministère de la Défense.

L’une des premières prises par le nouveau Ministre de la Sécurité a été de « débarquer » de leurs postes, à la tête des différentes unités de la Police, tous les officiers proches d’Hambak et nommés par ce dernier.

Ils ont été affectés à des postes secondaires.

Le cas du Commissaire Namory Timité, tout-puissant Directeur de la « Police Économique et financier » présumé du Ministre Hamed Bakayoko en est une parfaite illustration.

Il a été affecté à la Police Criminelle.

C’est également le cas du Commissaire Inza Diomandé qui a été forcé de quitter la « Direction de la Surveillance du Territoire » (DST), tout comme le Commissaire-divisionnaire major Touré Seydou qui a été limogé de la « Direction des Renseignements Généraux » (DRG).

Mais, la " reprise en main " ne s’est pas arrêtée là. Elle s’est étendue à la Gendarmerie nationale, une institution qui pourtant relève du ministère de la Défense, donc d’Hamed Bakayoko.

Désormais, la Gendarmerie nationale est gérée concomitamment par le Général Apalo Touré qui en est le « Commandant Supérieur » et le Colonel Ibrahima Gon Coulibaly, petit-frère du Premier ministre Amadou Gon et membre de ce corps.

Les promotions dans cette institution relèvent du bon vouloir de ces deux proches du Palais.

Certains pourraient demander : que représentent les anciens chefs de guerre issus des « Forces Nouvelles » dans cette configuration des forces ?

La réponse est simple : rien. Ils ne représentent plus rien.

Tous les anciens " Com’Zones " ont été réduits à néant, à l’exception des colonels Koné Zakaria et Inza Fofana alias " Grumman ".

S’étant démarqués de leurs anciens camarades et ayant contribué à les fragiliser, ils continuent de garder des postes stratégiques. Tous les autres ont été reversés dans l’Administration comme « préfets » ou réduits à signer des documents dans des bureaux : demandes de permissions, prêts bancaires, congés annuels, etc.

Grâce au soutien de l’armée secrète de Téné Birahima Ouattara, Amadou Gon Coulibaly est sûr de sa puissance militaire. On comprend alors aisément, pourquoi lors d’une apparition publique à Korhogo en janvier 2019, il avait déclaré : « En 2020, on monte, on descend, on va prendre. On se retourne, on se couche, on va prendre. Tchoco, tchoco, 2020 c’est pour nous. Soyez rassurés, il n’y aura rien. Ils veulent oh, ils ne veulent pas oh, on prend le pouvoir en 2020 ! »

Pour cela, son frère, le Colonel Gon Coulibaly continue de " veiller au grain ". Pour écarter toute mauvaise surprise en ces temps de discorde avec Guillaume Kigbafori Soro, il a repris contact avec les " laissés pour compte " qui n’avaient pas intégrés la force secrète et qui maintenant commencent à se faire entendre.

Il leur a promis que désormais, ils seront pris en compte et que le groupe initial de 2011 sera reconstitué avec tous ses membres.

Pendant ce temps, l’armée régulière observe le développement de cette armée secrète qui la menace et se tait.

Mais, jusqu’à quand ?

CHRIS YAPI NE MENT PAS :

CHRIS YAPI,

" L’enquêteur Tous Terrains "

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