L’ARMÉE SECRÈTE DE BAKAYOKO PRÊTE AU COMBAT (2ème partie)

, par  DMigneau , popularité : 0%

L’ARMÉE SECRÈTE DE BAKAYOKO PRÊTE AU COMBAT (2ème partie)

Dans cette 3ème partie du dossier sur les « milices en Côte-d’Ivoire », nous expliquons les stratégies mises en œuvre par Hamed Bakayoko pour constituer sa milice au cœur du " guêpier sécuritaire " tissé par le clan de l’autocrate Ouattara. Un jeu hautement dangereux qui trouble désormais gravement la quiétude des ivoiriens.

Pour mettre en place sa milice et convaincre le Président Ouattara, Hamed Bakayoko procéda par la " stratégie de l’encerclement " et de l’épouvante !

D’abord, il se rapprocha de ceux que le Président écoute réellement à savoir la " Première dame ", Dominique Ouattara, Téné Ibrahim Ouattara et Amadou Gon Coulibaly. Ainsi, grâce à ses connexions et sans être vu, il pouvait faire pression sur le Président à tout moment et de tous les côtés.

C’est la stratégie de " l’encerclement ".

Puis, vint la stratégie de l’épouvante, celle qui consiste à faire croire au Président qu’il pouvait être renversé à tout moment par des soldats fidèles à Guillaume Soro. Les mutineries de janvier et mai 2017 firent basculer le Président Ouattara dans la paranoïa et ouvrirent le boulevard à Hamed Bakayoko.

Il attribua la première mutinerie à feu Wattao, la seconde à Vétcho et les deux sous instigation de Guillaume Soro.

1 . Le 1er mouvement d’humeur des « 8 400 »

Au début du mois de janvier 2017, des soldats mécontents ont manifesté leur colère par des tirs d’armes automatiques dans la ville de Bouaké. Le Ministre délégué à la Défense, Alain Richard Donwahi n’ayant pas réussi à calmer la situation, a été mis à l’écart dans les négociations avec les mutins.

Hamed Bakayoko récupère le dossier, monte en " première ligne " et engage un dialogue direct avec les insurgés au camp Gallieni, au Plateau. Il réussit à calmer la colère de la troupe en obtenant du Chef de l’État d’honorer la promesse qu’il leur avait faite, c’est-à-dire celle de leur verser à chacun, une prime de guerre de 12 millions de FCFA.

Hambak va même réussir le tour de force d’amener les mutins chez le Président Ouattara la semaine suivante pour que ces derniers le remercient pour sa générosité.

Les engagements pris par le Chef de l’État sont honorés en partie et 5 millions de FCFA sont versés à chacun des 8 400 caporaux, à titre d’avance sur les 12 millions promis.

Hambak gagne la confiance de la troupe, mais le Ministre Alain Donwahi et le Général Sékou Touré, Chef d’État-major général, sont discrédités. Hambak a donc continué sur sa lancée. Il se devait maintenant d’empêcher qu’il y ait une nouvelle mutinerie.

C’est alors que Bema Fofana, Député et homme de main d’Hamed Bakayoko à Bouaké, l’informe que pour tuer toute mutinerie dans l’œuf dans l’ancienne capitale de la rébellion, il a un homme sous la main : Traoré Amodi dit " Amoudé ". Il initie donc une rencontre entre le MEMIS et " Amoudé ".

Cet homme, ancien élément de la compagnie " Guépard ", réputé pour ses sales besognes, était en disgrâce auprès du Colonel Chérif Ousmane. Convaincu par Bema Fofana, Hamed Bakayoko n’hésite pas à conduire " Amoudé " chez le Président Ouattara comme mentionné plus haut.

Sur instructions d’Hamed Bakayoko, " Amoudé " a mis en place une équipe de répression composée d’anciens soldats démobilisés, chargée de traquer les militaires qui avaient pris part à la mutinerie de janvier 2017. Ils sont enlevés et battus. Malheureusement, certains ont été exécutés dans la forêt de tecks. Un dossier sur ces exécutions sommaires patiente dans les tiroirs de l’ONU. Tôt ou tard, il y aura " l’effet boomerang " comme celui qui frappe actuellement Guillaume Soro, ainsi que les ex- " Com’Zones " poursuivis en France par la fille française d’ " IB ".

La milice d’ " Amoudé " s’est installée dans les locaux officiels du CCDO de Bouaké, au vu et au su de tous. " Amoudé " lui-même, bien qu’étant un civil, s’affuble du grade de « lieutenant » (pour quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire) et donne des ordres aux militaires, gendarmes et policiers membres du CCDO de Bouaké.

Il ne craint rien, puisqu’il est couvert par Hamed Bakayoko. Mais, les militaires de carrière se sentent humiliés par " Amoudé " et ses méthodes cavalières et macabres qui déshonorent l’armée.

2 . Le 2ème mouvement d’humeur des « 8 400 »

En mai 2017, réclamant le reliquat de leurs primes qui auraient dû commencer à être payées depuis février, les mutins se sont à nouveau fait entendre.

Traoré Amodi dit " Amoudé " et ses hommes, qu’Hamed Bakayoko avait présentés au Chef de l’État comme le remède anti-mutinerie, se sont montrés impuissants face à la détermination des insurgés.

En plus, le corps expéditionnaire monté par le Président Alassane Ouattara pour aller les réprimer dans le sang a refusé d’ouvrir le feu sur ses frères d’armes.

Le pouvoir est à nouveau contraint de capituler et de payer les 7 millions de FCFA restants. Cette seconde mutinerie entraîne les " dégommages " du Ministre Alain Donwahi et du Chef d’État-major général Sékou Touré. Le ministère de la Défense est dorénavant confié en totalité à Hamed Bakayoko.

Il a désormais « les mains libres » pour constituer sa propre milice.

Vu la détermination dont ont fait preuve les mutins, le Ministre Hamed Bakayoko contacte secrètement les vrais meneurs de ces soulèvements militaires.

Il réussit à les convaincre de travailler avec et pour lui.

C’est ainsi que les nommés Coulibaly Bakary alias " Viébah ", Dogoblé Konaté Syndou et Dosso Adama, tous des « caporaux », sont rapidement reçus par lui. Il leur confia une mission de rachat d’armes de guerre détenues par les mutins.

Satisfait de la récolte d’armes opérée par ses hommes, Hambak les persuada de collaborer avec le groupe de Traoré Amodi alias " Amoudé ". Une rencontre a alors été organisée à la demande d’Hambak pour réconcilier les meneurs des soldats mutins et l’équipe d’ " Amoudé ".

Hamed Bakayoko venait ainsi de mettre en place le noyau de la tristement célèbre milice appelée « Les Encagoulés », qui sera dirigée par le nommé Bazié Mathieu dit " Nico ".

Chris Yapi a pu identifier tous les éléments qui la composent et leurs identités seront révélées. Des moyens financiers impressionnants sont mobilisés pour qu’ils continuent leurs missions de traque et de répression contre les militaires, tous corps confondus, installés à Bouaké.

3 . L’attaque du CCDO de Bouaké

Exacerbés par les agissements de cette milice privée, des soldats de l’armée régulière ont attaqué dans la nuit du jeudi 04 au vendredi 05 janvier 2018, la base CCDO de Bouaké dans le but de neutraliser Traoré Amodi et ses collaborateurs.

Face à la puissance de feu de ces soldats révoltés, " Amoudé " et ses hommes ont réussi à s’échapper et ont honteusement pris la fuite pour d’Abidjan. Avec la bienveillance du Ministre de la Défense Hamed Bakayoko, ils ont été regroupés à Sebroko sous la protection du Colonel Inza Fofana alias " Grumann ".

C’est depuis cette base que les " Encagoulés " opèrent désormais. Ils procèdent à des enlèvements et à des assassinats ciblés.

Ce sont eux qui ont été envoyés pour attaquer le siège de GPS, le 23 décembre 2019, jour de l’arrivée manquée de Guillaume Soro en Côte d’Ivoire.

Ce sont eux également qui ont enlevé les 5 députés et les collaborateurs du leader de GPS au siège dudit mouvement.

Ce sont ces mêmes hommes encagoulés qui sont allés arrêter Traoré Babou, cadre des Impôts, en pleine journée à son bureau au Plateau.

Pis, une équipe des " Encagoulés " était prépositionnée à la base aérienne militaire d’Abidjan pour abattre Guillaume Soro et toute sa sécurité, dès sa descente d’avion le 23 décembre 2019.

Cependant, pour cette opération complexe, ils avaient le soutien d’une équipe d’appui composée d’éléments de la gendarmerie nationale fournis par le Général Alexandre Apalo Touré et du GSPR fournis par le Général Diomandé Vagondo.

Ce sont encore les mêmes, qui déjà, avaient réprimé brutalement la manifestation des enseignants à Bouaké le 25 février 2019 et brûlé leurs motos.

Ils sont également derrière l’assassinat à Bouaké du dénommé Youssouf Koné, ex-démobilisé. Ils ont aussi procédé à l’arrestation et à la torture du gendarme Fofana Lama à Bouaké le 15 février 2018.

Chris Yapi fera un dossier complet sur les " Encagoulés " qu’il « décagoulera » afin de les dissocier de l’armée régulière.

Pour avoir sa dotation en armement comme le camp Téné Birahima OuattaraGon Coulibaly, qui avait su flatter certains ex-combattants, Hamed Bakayoko va miser gros.

Ainsi, comme nous l’avons dit, certains des soldats qui s’étaient mutinés ont été engagés dans une vaste opération d’achat d’armes auprès de leurs collègues, parmi eux, Koné Dramane dit " Dramane Bah " actuellement en détention à la M.A.M.A.

Mais, le Ministre utilisa aussi ses réseaux pour contacter tous les " gros bras " civils qui avaient combattu à Abobo et qui avaient gardé leurs armes, au cas où. Il acheta ainsi plus de 200 fusils d’assaut " Kalachnikov " par cette filière. Comme récompense, certains de ces " gros bras " ont été intégrés dans sa garde civile.

Cette poudrière est gérée par le sinistre Cissoko Tidiane alias " Tito ", nommé depuis lors responsable de la sécurité civile du Ministre.

Quand on a des armes, il faut des hommes pour les manier.

Hambak va donc étoffer son équipe par des combattants des ex-« Forces Nouvelles » qui avaient fait leurs preuves dans le maniement des armes pendant la crise " post-électorale ".

Ainsi, il fit appel à Inza Karamoko alias " Jack Bauer " ou " Black Panther ", qui fut le " bras droit " de feu Ibrahim Coulibaly dit " IB " (" le Basketteur ") et le chef du « Commando invisible » d’Abobo.

Cet homme, rentré de son exil ghanéen après la mort de son mentor, ne tarda pas à accepter les avances du Ministre Bakayoko qui n’a pas eu grand mal à le recruter.

D’abord, il a fait jouer la fibre ethnique, puis le désir de venger la mort d’ " IB ". Une fois engagé, " Bauer " a eu pour mission de recruter tous les meilleurs combattants de feu Ibrahim Coulibaly. C’est ainsi qu’il a contacté tous les anciens éléments avec qui il avait gardé le contact et qui n’avaient pas rejoint la milice de " Photocopie ".

À ses nouvelles recrues, il a brandi une photo du " Basketteur ", laissant apparaître qu’il serait vivant et réfugié en Israël et qu’il s’apprêterait à rentrer bientôt pour prendre sa revanche.

Avec cette photo et le discours de la vengeance, il les a facilement convaincus et recrutés.

Les nouvelles recrues reçoivent actuellement une enveloppe de 100 000 FCFA par mois et sont rémunérées 200 000 FCFA par mission.

Pour consolider son armée personnelle, le Ministre de la Défense de Côte d’Ivoire a - lui aussi - pioché dans le camp des anciens " Com’Zones " proches de Guillaume Soro, qu’il a réussi à affaiblir avec la bénédiction du Président Ouattara.

Ainsi, il recruta pour son compte personnel des gens comme le Commandant Diomandé Moussa alias " Ziguéhi ", le Commandant Gnanago Angelo, le Lieutenant Tuo Souleymane et bien d’autres.

Tous ces éléments des ex-« Forces Nouvelles » qui ont intégré l’armée régulière ont été mutés dans le sillage du MEMDEF avec leur consentement bien entendu. Les autres, qui tenaient à rester fidèles à leurs chefs, ont été purement et simplement mutés dans les garnisons les plus reculées du pays.

Il a entrepris aussi de coopter de nombreux officiers au sein de la « Grande Loge maçonnique de Côte d’Ivoire » pour s’assurer leur loyauté.

Chris Yapi a réussi à avoir toute la liste des officiers franc-maçons de Côte d’Ivoire, mais ne la publiera pas par respect pour cette confrérie. Mais, si on l’y contraint, ça serait en légitime défense ...

Tout comme " Photocopie ", Hambak a lui aussi disséminé ses caches d’armes à Abidjan. Selon nos enquêtes deux fausses tombes au Cimetière de Williamsville servent de poudrière.

En plus de tout cela, le Ministre de la Défense a fait des travaux de construction de souterrains à sa résidence d’Abatta, pour pouvoir y stocker des armes. Rassuré désormais par sa puissance de feu, Hambak a répondu de manière " voilée " au camp d’en face. Le « c’est géré et c’est bouclé » qu’il a publiquement lancé au cours d’un meeting, a été décodé par ses hommes comme le signal pour dire que lui aussi est maintenant prêt.

Sur la base d’un enregistrement audio très fiable, le Colonel Ibrahima Gon Coulibaly dit " Gauze ", petit frère du Premier ministre et patron du « Groupement de Sécurité du Président de la République » (GSPR) a alerté son aîné sur les préparatifs militaires du Ministre de la Défense.

" Gauze " a reçu le " feu vert " pour inverser la tendance et a activement commencé à débaucher dans la milice d’Hamed Bakayoko.

Aux dernières nouvelles " Jack Bauer " s’étant rendu compte qu’Hamed Bakayoko l’avait " roulé dans la farine " sur les circonstances de la mort d’ " IB ", lui le fidèle parmi les fidèles, ne décolère plus.

Il a été établi que c’est Hamed Bakayoko, qui en l’absence de Guillaume Soro, a géolocalisé et transmis les coordonnées exactes de la cachette d’ " IB " pour le neutraliser. D’ailleurs, " Jack Bauer " échappa de peu au déluge de feu déclenché ce jour-là.

Il s’est aujourd’hui rapproché du Colonel " Gauze ", au grand dam d’Hamed Bakayoko.

Quant à Amadou Gon Coulibaly, il a pris conseil auprès d’Amadou Soumahoro, Président de « l’Assemblée nationale » et frère de région d’Hamed Bakayoko, sur la meilleure manière de neutraliser ce dernier en douce.

Amadou Soumahoro dit " Cimetière " lui a conseillé comme solution politique de couper Hambak de ses bases opérationnelles. Il a suggéré à Amadou Gon qu’après sa nomination comme candidat du RHDP à la présidentielle, il devrait mettre Hambak à la « Primature » et nommer le Général Diomandé Vagondo au ministère de la Défense.

Et, comme il l’a fait au ministère de l’Intérieur, le Général Vagondo aura pour mission de démanteler la force de frappe militaire secrète d’Hambak. Ainsi, celui-ci perdra ses soutiens aussi bien à la Police qu’à la Défense.

Si Amadou Gon gagne, il pourra, soit limoger purement et simplement Hambak, soit le nommer à un " poste garage " pour le cantonner à des inaugurations de monuments ou des coupures de rubans.

Hamed Bakayoko qui surveille actuellement comme " du lait sur le feu " l’évolution de l’état de santé du « Premier ministre » frappé par une crise cardiaque et hospitalisé en France, a été averti par sa cellule mystique dirigée par le fameux Awaza Bakayoko, que si jamais Amadou Gon rentre de ce " congé-maladie ", il entamera des manœuvres contre lui.

Il en a vu les prémices avec sa mise à l’écart systématique de toutes les décisions importantes, bien qu’il soit Premier ministre par intérim.

Pour contrer ce projet d’Amadou Gon, sa présence a été exigée sur la terre de ses ancêtres pour se soumettre aux injonctions des mânes et trouver une parade contre lui.

La « guerre des milices » du pouvoir est sur le point d’exploser. Les deux camps se regardent en " chiens de faïence ".

Wait and see.

CHRIS YAPI

MediaPart