Kebab de Sibeth Ndiaye : la com’ pol’ avec salade, tomates, oignons

, par  DMigneau , popularité : 0%

Kebab de Sibeth Ndiaye : la com’ pol’ avec salade, tomates, oignons

En évoquant les kebabs que les Français consommeraient davantage que les homards, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a allumé un contre-feu efficace à la polémique Rugy.

Au concours " Top Chef " de la communication politique, Sibeth Ndiaye serait une candidate imprévisible. Capable de rater une omelette aux œufs, elle peut aussi inventer un plat succulent sans le vouloir, comme les sœurs Tatin ont transformé leur maladresse en délicieux dessert.

On récapitule : pour faire " baisser le feu " de la polémique Rugy, la « porte-parole du gouvernement » nous a concocté une petite vidéo " apéritive ", ce mardi 16 juillet sur « CNews », dans laquelle elle dit ceci : « Tout le monde ne mange pas de homard tous les jours, bien souvent on mange plutôt des kebabs ».

S’il est vrai que l’on consomme davantage de kebabs que de homards en France, le sandwich turc, avec ses 350 millions d’unités écoulées dans l’Hexagone tous les ans, arrive bien loin derrière " le burger " (1,4 milliard) et le " jambon-beurre " (1,2 milliard), voire les pâtes (500 millions de tonnes, soit 5 milliards de portions) dans le classement des plats les plus consommés par les Français.

Mais si l’ancienne " conseillère presse " du candidat Macron avait parlé " pâtes , on lui aurait renvoyé ses « bolognaises » en cuisine en lui reprochant, à elle et à son gouvernement, d’être responsables de la précarité des Français.

Le " jambon-beurre " ?

Franchouillard, ringard et excluant.

Le " burger " ?

Symbole de « l’américanisation » et de la " malbouffe industrielle ".

Le kebab - lui - représente une France jeune, cosmopolite, multiculturelle et même " branchée " ; les chaînes de " kebabs gourmets " se développent.

A la fois " muleta " (pour les tenants du « grand remplacement ») et " totem " (pour les " multiculturalistes "), le kebab n’est pas seulement chargé en calories (1.200), il est farci de préjugés.

En jetant le mot aux " affamés de polémiques " et " boulimiques de clashs ", Sibeth Ndiaye a réussi la diversion parfaite. Le fumet de la brochette n’a pas manqué d’attirer les " Twittos " : à midi ce mercredi, " #kebab " était LE sujet le plus commenté sur " Twitter ".

Certes, ce « réseau social » n’est pas le baromètre de l’opinion nationale mais en général, quand les esprits " chauffent ", ça bout sur le réseau bleu.

Pendant ce temps-là, on parle donc moins des dîners de François de Rugy, du " Cheval Blanc " à 550 euros, des hommes politiques au train de vie dispendieux et de leur déconnexion avec la réalité des Français ; on s’empoigne sur le " jambon-beurre " que certains voudraient statufier, et le maudit kebab, symbole, pour les palets inquiets, de « l’islamisation » des assiettes.

En déplaçant " le curseur " (ou plutôt la fourchette) d’un débat sur la morale en politique vers un débat gastronomique, culturel voire identitaire, la " porte-parole du gouvernement " a allumé un joli " contre-feu ".

Espérons qu’elle n’y ajoute pas trop d’huile.

Lucas Bretonnier

Marianne