Julian Assange arrêté à l’ambassade d’Equateur à Londres

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Julian Assange arrêté à l’ambassade d’Equateur à Londres

Julian Assange était réfugié à l’ambassade de l’Equateur depuis 2012. - JUSTIN TALLIS / AFP

Le fondateur de " WikiLeaks ", Julian Assange, a été arrêté ce jeudi 11 avril au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres, où il était réfugié depuis 2012.

C’est la fin de sept ans de refuge politique.

Julian Assange a été arrêté ce jeudi 11 avril au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres, a annoncé la police britannique. " Il a été placé en détention au commissariat central de Londres, avant d’être présenté devant le tribunal de Westminster dès que possible ", a indiqué Scotland Yard, précisant que cette détention avait également lieu " au nom des autorités américaines ".

https://twitter.com/RTUKnews/status/1116276959531667457

INCULPÉ POUR " PIRATAGE INFORMATIQUE "

Le tribunal de Westminster a délivré un mandat à la police pour arrêter le fondateur et " porte-parole " de " WikiLeaks " en raison de sa non-présentation devant le tribunal, a dans un premier temps annoncé Scotland Yard.

La justice anglaise l’avait convoqué dès 2012 concernant une demande d’extradition de la Suède, où l’Australien était alors visé par deux accusations, l’une pour viol et l’autre pour agression sexuelle.

C’est pour échapper à une arrestation dans ces affaires qu’il s’était réfugié dans l’ambassade d’Equateur le 19 juin 2012. La plainte pour agression sexuelle a été frappée par la prescription en 2015, puis la Suède a abandonné les poursuites dans la deuxième affaire en mai 2017, faute de pouvoir faire avancer l’enquête.

Dans un second temps, les forces de l’ordre britannique ont précisé qu’elles agissaient également " au nom des autorités américaines ", qui ont déposé une « demande d’extradition » et arrêté le « lanceur d’alerte » une fois arrivé au commissariat central de Londres.

Julian Assange est notamment accusé d’avoir révélé plusieurs millions de documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l’armée américaine en Irak.

Julian Assange a été inculpé pour " piratage informatique ", a annoncé le ministère américain de la Justice. Un chef d’inculpation pour lequel il encourt cinq ans de prison au maximum.

L’EQUATEUR A RETIRÉ SON " DROIT D’ASILE " À JULIAN ASSANGE

Fait rarissime, la police britannique a été autorisée à pénétrer à l’intérieur de l’ambassade équatorienne, après que le gouvernement du pays eut retiré son " droit d’asile " à Julian Assange.

Le président d’Equateur, Lenin Moreno, avait déclaré le 28 juillet 2018 qu’il n’avait " jamais été favorable aux activités du site WikiLeaks ".

Dans une allocution ce jeudi, il a justifié sa décision de livrer Julian Assange : " Lorsque j’ai hérité de cette situation, nous avons décidé d’adopter un protocole pour régler la vie courante de Julian Assange au sein de l’ambassade, ce qui est la moindre des choses qu’un hôte puisse attendre de son invité. (…) A plusieurs occasions, Julian Assange a violé ces règles, en particulier la règle selon laquelle il ne devait pas intervenir dans les affaires internes d’autres Etats ", a-t-il déclaré, rappelant notamment les fuites de documents du Vatican en janvier dernier.

https://twitter.com/Lenin/status/1116271659512684544

La liste des griefs adressés à " l’hacktiviste " ne s’arrête pas là. Selon Lenin Moreno, " Julian Assange a installé des équipements de brouillage électronique qui n’étaient pas autorisés, bloqué les caméras de sécurité, accédé aux fichiers sécurisés de nos ambassades sans permission ".

A l’en croire, sa décision de retirer son " droit d’asile " à Julian Assange ne remettrait pas en cause sa sécurité : " J’ai sollicité de la Grande-Bretagne la garantie que Monsieur Assange ne sera pas extradé vers un pays où il pourrait endurer la torture ou la peine de mort. Le gouvernement britannique a accédé par écrit à cette demande ".

" PLUS GRAND TRAÎTRE DE L’HISTOIRE LATINO-AMÉRICAINE "

La version du président équatorien est contestée par " WikiLeaks ", qui estime sur " Twitter " que cette arrestation est illégale.

L’ex-président équatorien Rafael Correa, exilé en Belgique depuis 2017, a - quant à lui - accusé son successeur Lenin Moreno d’être responsable de l’arrestation du fondateur de " WiKileaks ", le qualifiant de " plus grand traître de l’histoire latino-américaine ".

" Cela met la vie d’Assange en danger et humilie l’Equateur. Jour de deuil mondial ", écrit Rafael Correa sur son compte " Twitter ", dénonçant encore " un crime que l’humanité n’oubliera jamais ".

https://twitter.com/barnabynerberka/status/1116275982518898688

De son côté, Moscou, qui a exprimé à plusieurs reprises sa sympathie pour le fondateur de " Wikileaks ", a accusé Londres d’" étrangler la liberté ".

" C’est un jour sombre pour la liberté de la presse ", a également commenté l’ancien agent de la NSA Edward Snowden.

Magazine Marianne