J’ai la grande tristesse de vous annoncer la disparition de...

, par  DMigneau , popularité : 68%

J’ai la grande tristesse de vous annoncer la disparition de...

Et nos intermittences du cœur et du spectacle, précaires comme la vie et comme l’amour - puisque tout doit mourir un jour, y compris, le plus tôt possible, la Loi " Travail " - que pouvons-nous en faire, nous qui, follement, passionnément, tragiquement, sommes amoureux de la " Vie Debout " !

AVIS DE DÉCÈS - AVIS DE NAISSANCE - 24 avril 2016

J’ai la grande tristesse de vous annoncer la disparition de... Oui vous avez bien lu... Ils nous quittent les uns après les autres depuis 2005 : Les Festivals... Les Festivals qui peuplent nos villes et nos campagnes ! Qui peuplent nos coeurs et nos désirs ! Qui peuplent tout court, car ils font le peuple debout, sensible, curieux, vivant ! Les Festivals de cirque, de cinéma, de théâtre, de musique de chambre, de hip-hop, d’arts de la rue, d’arts de la vie...

Et la " gauche " au pouvoir laisse faire.

Que dis-je : elle accélère le mouvement !! Elle pousse à la disparition par souci de répondre aux injonctions austéritaires et d’économiser la vie. Les écoles d’art, les initiatives locales, les concerts, les ciné-débats ; tout doit disparaître !

Le spectacle vivant doit devenir le spectacle en ligne ! La culture - sauf pour une élite qui ne paye pas ses billets d’entrée au 104 ou Théâtre de la Ville, au Festival de Cannes ou d’Avignon, la culture populaire doit passer par la télévision qui lave plus blanc avec adoucisseur, par les tuyaux googlisés en ligne ou par les vendeurs de popcorn... Les sirènes du MEDEF - les trolls du MEDEF plutôt - demandent toujours plus de sacrifices, jusqu’à sacrifier vie elle-même, qui coûte décidément trop cher quand le capital lui ne demande qu’une place au soleil...

Et nos intermittences du cœur et du spectacle, précaires comme la vie et comme l’amour, puisque tout doit mourir un jour, y compris le plus tôt possible la Loi " Travail " : Qu’en faire ?

Il faut administrer, à tous ces empêcheurs de " gestionner " en rond, la potion amère de l’auto-entrepreunariat : chacun auto-exploiteur de son cœur et de ses désirs !

Qu’on en finisse avec l’idée de parler à sa voisine au rang E, à des lycéens au fond de la salle, à un grand-père larmes aux yeux dans un amphithéâtre de bord de mer !

Que l’on cesse de rencontrer physiquement ceux que l’on ne connaît pas encore, de s’émouvoir, de s’engueuler, de refaire le monde et sa mise en scène !

Que l’on abolisse une bonne fois pour toutes la possibilité de prolonger dans l’art de la vie, les inventions des artistes et les savoir-faire des techniciens !

Que périsse jusqu’à l’envie même de donner de l’écho à nos battements de coeur pour que nos colères fleurissent...

Si nous les laissons faire, ils aboliront enfin tout idée du commun derrière laquelle se cachent l’idée folle du communisme. N’est-ce pas citoyen Badiou, citoyen Rancière, citoyen Pommerat, citoyenne Mouchkine, citoyen David Costé, citoyenne Sarah Franco-Ferrer, citoyen Gatti, citoyen André Minvielle, citoyenne Françoise Davisse, citoyen Kery James !...

Ils organiserons pour nous, une bonne fois pour toute, une société du " MOI JE ", une société sans livres, une société gavée d’éléments de double-langage et de privilèges, une société où même la mort sera commercialisée en ligne...

Alors adviendra l’empire des " psychaotiques "... Celles et ceux qui rêvent de prendre la place des " merci patrons ! ". Quand tout un peuple rêve seulement, communément, passionnément, tragiquement, de se tenir debout. Et d’abolir le foutage de gueule des pauvres économistes au gouvernement. Quand la " Vie Debout " tient tête à la " Mort Assise et Bête " ! La bataille engagée est rude. Car des personnalités au verbe fort, des philosophe en chambre et au programme en acier trempé ont la parole.

Ils occupent le terrain médiatique et le temps de cerveau disponible, ces professionnels qui savent mieux que le peuple dans quel direction le vent de la révolution doit tourner. Ces manipulateurs géniaux et adulés qui préfèrent le bénévolat militant pour tous quand ils manœuvrent eux-même pour un gros salaire d’élu ou un bon contrat d’intermittent. Les tribuns de la France dans la Mouise !

Ha ha, organisons des écoutes collectives pour recueillir les mots de leurs augustes discours. Levons une bière picarde à la santé de ceux qui, à la télévision et en casquette, veulent faire peur à l’oligarchie radicalisée. Bouuuhhh l’oligarchie !

Nous dirons à la force conjuguée de ceux qui, finalement, au gouvernement ou dans l’opposition, pensent que le peuple n’est pas capable de construire par lui-même l’avenir et Les Jours Heureux...

Nous dirons à ceux qui jugent mal les " parlottes " des " Nuit Debout " et sont impatients de partir à l’assaut de l’action...

À Ceux qui veulent nous imposer leur calendrier quand nous n’en sommes qu’au 54 mars de la nouvelle ère ! S’ils ne reviennent pas à la raison, à l’idée commune et nécessaire du « Dire " Nous " » , alors nous ne laisserons pas advenir quelque chose comme la société imaginée par Orson Welles ou Georges Orwell à tous les coins de rue (et de campagne), dans tous les organes de presse, dans tous les théâtres et les cinémas et les Festivals, et tous les lieux de la vie sociale et désirable.

Nous nous soulèverons ! Mais sans jamais cesser de parler à tous les petits génies du marketing politique qui font mine de lutter contre le grand capital des sacs à mains, des costumes luxueux, des parfums, des Panama Papers, etc. avec des méthodes tirées de manuel militaire. Ils nous faut dire à ces scénaristes de nos propres vie, qu’ils auront toujours place dans nos " Festivals Debout ! ".

Car c’est aussi de l’intermittence que jaillit la lumière !

[Ce texte est inspiré d’un appel signé Norbert Gabriel paru sur le site " Le blog du doigt dans l’œil " le 19 avril 2016

https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2016/04/19/avis-de-deces/]

RAYMOND MACHEREL

MediaPart