Infos confidentielles transmises à Solère : l’ex-ministre Urvoas mis en examen par la Cour de justice de la République

, par  DMigneau , popularité : 0%

Infos confidentielles transmises à Solère : l’ex-ministre Urvoas mis en examen par la Cour de justice de la République

Jean-Jacques Urvoas pourrait être le dernier ministre jugé par la Cour de justice de la République. - Julien Mattia / NurPhoto

L’ex-garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, aurait transmis au député Thierry Solère des documents confidentiels sur une enquête en cours le concernant. Il a été " mis en examen " ce mercredi 20 juin, devenant possiblement le dernier ministre jugé par une Cour de justice de la République que Macron souhaite supprimer.

Revoilà un ex-ministre dans le collimateur de la justice. Selon " Le Monde ", Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux entre 2015 et mai 2017, a été " mis en examen " ce 20 juin par la « commission d’instruction » de la « Cour de justice de la République ». Les magistrats reprochent à l’ancien élu du Finistère d’avoir transmis au député " LREM " Thierry Solère des informations confidentielles sur une enquête le concernant.

Lors d’une perquisition au domicile de l’élu des Hauts-de-Seine, en juin 2017, les policiers ont en effet mis la main sur une synthèse de la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sur une enquête préliminaire ouverte pour " fraude fiscale ", " blanchiment ", " corruption ", " trafic d’influence " et " recel d’abus de biens sociaux " à l’encontre de Thierry Solère.

Selon les enquêtes, l’ex-ministre de la Justice aurait transmis ce document par le biais de la messagerie cryptée " Telegram ". Prudent... Sauf que le " macroniste " a oublié d’effacer ces missives.

C’est la « Cour de justice de la République » qui est compétente dans cette affaire car Jean-Jacques Urvoas était ministre à l’époque des faits. Il devrait être jugé par un collège de douze personnalités, trois juges professionnels et douze parlementaires... dont son ex-collègue au gouvernement, Laurence Rossignol, aujourd’hui sénatrice de l’Oise.

Vraiment petit, ce monde politique.

A noter qu’Emmanuel Macron aimerait supprimer cette juridiction d’exception : il a inclus cette réforme à son « projet de loi constitutionnelle », actuellement discuté à l’Assemblée nationale.

Magazine Marianne