Ils ont mis Boris en prison

, par  DMigneau , popularité : 69%

Ils ont mis Boris en prison

Un père écroué pour avoir voulu protéger sa fille. Une décision de Justice aberrante rendue au nom de « l’intérêt supérieur de l’enfant » et qui a conduit ce père à être incarcéré, et sa fille placée en foyer.

Ils ont mis Boris en prison.

Boris, c’est le père d’une jeune fille de 15 ans, qu’il chérie et élève depuis sa naissance. Un père qui ne demandait qu’une seule chose à ses Juges : être entendu.

Mais la Justice peut être aussi radicale et obstinée jusqu’à l’aveuglement au mépris du bon sens. Elle n’a pas voulu entendre, pas plus le père que la fille. Le verdict est tombé au terme d’une audience qui semblait jouée d’avance et où la violence du réquisitoire du Procureur a frappé toutes les personnes présentes pour différentes affaires.

Il est vrai que l’affaire de Boris n’était qu’une Affaire Familiale, et surtout, une affaire de cœur.

Mais non. Ils ont mis Boris en prison. Un an ferme. Pas une mince affaire.

Avec exécution immédiate : Gendarmes, Menottes, Prison. Tout s’arrête d’un coup. Laissant la fille de Boris, dépourvue, choquée, voyant ce père qu’elle aime, qui toute sa vie l’a choyée, protégée, être emmené KO, un homme à terre anéanti par quinze années d’injustice.

Pourquoi ?

C’est à cette question qu’il est difficile de répondre.

Boris n’arrivait pas à convaincre sa fille d’aller visiter sa mère le week end, ainsi qu’en avait décidé d’autres magistrats. Aussi sûrement que l’amour ne se commande pas, cette petite fille n’en a jamais eu d’affection pour sa mère. Pas seulement parce que celle-ci l’a abandonné peu de temps après sa naissance, pas seulement en raison de maltraitances passées.

Au fil des ans et peut-être en raison d’un manque de tendresse naturel qui elle aussi ne se commande pas, la mère n’a pas su créer un lien avec son enfant. Au point que la petite sombrait dans des crises terribles des heures durant, chaque fin de semaine quand venait le jour d’aller chez sa mère, qu’elle a fugué autant que possible des l’âge de huit ans pour finir bien souvent au commissariat où elle trouvait un refuge compréhensif, ce qui générait des plaintes contre le père, alors que les policiers enjoignaient au père de la récupérer.

Puis vinrent les menaces de suicide, répétées sur son journal de petite fille.

Qui emmènerait de force son enfant en souffrance dans ses conditions ?

Boris, lui, y parvenait régulièrement, après des heures épuisantes de discussion.

Mais ils ont mis Boris en prison.

Dans « l’intérêt supérieur de l’enfant ». C’est au nom de ce « grand principe » que les magistrats appliquent la loi. Aujourd’hui, au lieu de dormir sereinement dans son lit, cette jeune adolescente a été placée dans un foyer. On sait ce que sont ces endroits.

Loin de chez elle, de ses amis, de son environnement, elle est déscolarisée.

« L’intérêt supérieur de l’enfant » ? Comment dire ?

Fiasco, déni de Justice, défaillances à répétition, Boris a pris de plein fouet ce pouvoir absurde - un pouvoir sans contrepouvoir - qui décide de la vie des gens.

La même semaine était publié un article de Véronique Vasseur qui se demandait si la prison servait à autre chose qu’à rendre fou. Chaque jour de vrais délinquants sont laissés en liberté parce que les prisons sont pleines ou parce que la mode est - fort heureusement - aux « peines de substitution ».

Mais Boris, non ! Il était sans doute impératif de mettre sous les verrous et d’empêcher de nuire ce redoutable... père de famille.

En vérité, Boris n’a pas commis d’autre crime que celui d’être un bon père, c’est à dire un homme qui fait ce qu’il peut, au mieux de ce qu’il pense être l’intérêt réel de son enfant, en son âme et conscience.

Jamais il n’a été aliénant ou suspect de quelque perversité et toujours il a agit pour que sa fille conserve un lien avec se mère.

J’en témoigne aujourd’hui parce que je le connais bien, je suis son histoire depuis plusieurs années. Journaliste, j’ai réalisé des films de télévision sur le sujet des gardes d’ enfants pour les magazines " Envoyé Spécial " et " Zone Interdite ".

J’ai recueilli et écouté des centaines de témoignages et aujourd’hui je ne peux rien faire d’autre que témoigner. Républicain et démocrate, j’aime cette phrase qui est souvent répétée comme l’ultime dignité : « je fais confiance à la Justice de mon pays ».

Mais aujourd’hui, j’ai un peu plus de mal : Ils ont mis Boris en prison.

Et sa fille en foyer.

Régis MARDON

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