Il voit des « Grenelles » partout : ce que cache l’obsession nouvelle de Macron pour la concertation

, par  DMigneau , popularité : 0%

Il voit des « Grenelles » partout : ce que cache l’obsession nouvelle de Macron pour la concertation

Ludovic Marin / AFP

Alors qu‘Emmanuel Macron a longtemps été très frileux sur le sujet, le gouvernement n’en finit plus d’organiser des " tables rondes" , avec le risque que cela devienne un " truc politique ".

Pour réconforter les professeurs qui retrouvent leurs élèves dans un contexte sanitaire délicat, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, leur a annoncé dans le JDD ce 30 août l’organisation d’un " Grenelle " consacré à la hausse des rémunérations pour 2021.

Le lendemain, sur " France Musique ", la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a, elle, annoncé le lancement " d’États généraux " des festivals. Ce sera à Avignon en octobre prochain.

Avant l’été, le gouvernement organisait son " Ségur de la Santé ".

Bref, désormais « l’exécutif » n’a plus que le mot " concertation " à la bouche.

Au début du quinquennat, Emmanuel Macron disait ne pas vouloir entendre parler de ces " vieilles méthodes " qui ont pourtant fait leurs preuves.

En novembre 2018, alors que le mouvement des " Gilets jaunes " venait de débuter, il avait ainsi refusé la proposition de Laurent Berger d’un " Grenelle du pouvoir de vivre ".

" Grenelle " qui lui aurait sans doute évité quelques semaines de tension dans le pays.

Le " Grenelle des violences conjugales " a eu depuis la vertu de mettre au premier plan un sujet trop souvent oublié dans le débat public.

Un " truc " politique

Mais après le " grand débat " qui a permis au chef de l’État de s’extirper de la crise des " Gilets jaunes ", la technique dite " de la table ronde " est en passe de devenir sous ce quinquennat un " truc politique ".

Une manière surtout de ne pas répondre tout de suite aux problèmes urgents.

De gagner du temps sans apaiser les colères. Avant qu’elle ne soit interrompue par le " Covid-19 ", la " conférence de financement sur les retraites " avait ainsi pour but premier de sauver la réforme défendue par le gouvernement Philippe

Il ne faut pas oublier à quel point ce terme de " Grenelle " renvoie historiquement à des décisions ambitieuses.

Après « Mai 68 », le premier " Grenelle " négocié par le gouvernement Pompidou et les " partenaires sociaux " avait permis - par exemple - une augmentation de 35 % du " smig " et de 10 % pour les autres salaires !

A ce stade, on sait que Jean-Michel Blanquer a obtenu 400 millions d’euros supplémentaires pour les hausses de salaires des professeurs, mais initialement, il en réclamait 500 millions.

Lors de ses " États généraux des festivals ", la ministre de la Culture veut - elle - recueillir " une substance pour irriguer une réflexion qui permettra de nourrir un autre mode de festival ".

Il faudrait peut-être organiser une " table ronde " pour méditer cette phrase

Soazig QUEMENER

Marianne