Hong Kong : les leaders du mouvement pour la démocratie condamnés à de la prison

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Hong Kong : les leaders du mouvement pour la démocratie condamnés à de la prison

(De gauche à droite) Nathan Law, Joshua Wong et Alex Chow ont été condamnés à des peines de prison. - NEWSCOM/SIPA

Ces jeunes militants ont mené en 2014 les manifestations contre Pékin, qui cherchait à restreindre les candidatures à l’élection du dirigeant de Hong Kong. Ils ont été condamnés ce jeudi 17 août par une cour d’appel à six ou huit mois de prison.

En 2014, ils étaient les jeunes visages des manifestations prodémocratie à Hong Kong, qui ont duré presque trois mois.

Menées largement par des étudiants, ces campagnes de désobéissance civile dans le centre de la ville réclamaient davantage d’autonomie de l’élection du chef de l’exécutif local et protestaient contre l’emprise judiciaire croissante de Pékin.

Ce jeudi 17 août, trois leaders du “ mouvement des parapluies ”, Joshua Wong, Nathan Law et Alex Chow, ont été condamnés respectivement à des peines de prison de six, huit et sept mois.

Joshua Wong et Alex Chow ont été reconnus coupables l’an dernier de rassemblement illégal, et Nathan Law " d’incitation au rassemblement ".

Mais les premières peines prononcées, de travaux d’intérêt général et de prison avec sursis, ont encore été jugées trop clémentes par le parquet, qui dispose du soutien de Pékin.

Les nouvelles peines infligées par la cour d’appel font donc en sorte que les trois militants aillent en prison et, en outre, ne puissent pas se présenter aux élections législatives pendant cinq ans.

Dès l’annonce de la cour, Joshua Wong a réaffirmé son engagement à lutter pour la démocratie. “ Ils peuvent arrêter les manifestations, nous enlever de la législature et nous emprisonner. Mais ils ne conquerront pas le cœur et l’esprit des Hongkongais ”, a-t-il écrit sur Twitter.

Pékin resserre son emprise

En septembre 2014, les trois militants avaient envahi une place située devant le siège du gouvernement et entourée de barrières métalliques, pour dénoncer les nouvelles mesures mises en place par la Chine, exigeant que les candidats à l’élection du dirigeant de Hong Kong soient validés par un Comité électoral.

Une procédure ressentie comme un resserrement du contrôle de Pékin sur l’ancienne colonie britannique, alors que Hong Kong devrait bénéficier du principe “ un pays, deux systèmes ”, qui - en théorie - accorde aux Hongkongais des libertés civiles inconnues en Chine continentale.

Les actions menées par les militants " prodémocratie " ont conduit au “ mouvement des parapluies ”, une référence à la façon dont ils se protégeaient des gaz lacrymogènes déployés par les forces de l’ordre.

Durant presque trois mois, des dizaines de milliers de manifestants ont participé à des " sit-ins " qui ont bloqué les rues dans le quartier des affaires mais qui ont entraîné peu de victoires politiques.

Pékin ne cesse en effet de montrer que l’autonomie de Hong Kong a ses limites.

En juillet, des législateurs opposants - dont Nathan Law, élu en septembre dernier au Parlement - ont été éjectés de leurs postes pour avoir modifié leur prestation de serment afin de signaler leur refus d’adhérer aux lois chinoises.

Et lors de sa visite à Hong Kong pour commémorer les vingt ans de sa rétrocession à la Chine, le président Xi Jinping a rappelé que “ toute initiative qui a pour but de mettre en péril la souveraineté et la sécurité de la Chine ou d’instrumentaliser Hong Kong pour mener des activités d’infiltration et de sabotage contre la Chine continentale, revient à franchir la ligne rouge. ”

Mercredi soir, avant la décision de la cour d’appel, entouré de ses deux confrères, Joshua Wong s’est pourtant dit " optimiste " pour l’avenir, rapporte " l’Associated Press " : “ Le temps joue en notre faveur et un jour Hong Kong sera un lieu où nous pourrons décider de notre sort. Nous aimons Hongkong ”.

Jenny Che

Marianne

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