Honduras : L’OEA demande de nouvelles élections

, par  DMigneau , popularité : 64%

Honduras : L’OEA demande de nouvelles élections

Par la voix de son Secrétaire Général, Luis Almagro, l’OEA (Organisation des Etats Américains) demande la tenue de nouvelles élections présidentielles au Honduras. Il a énuméré les « intrusions humaines délibérées » qui font planer le doute sur le résultat final qui a donné Juan Orlando Hernández vainqueur.

Le communiqué dit : « Devant l’impossibilité de déterminer un vainqueur, la seule voie possible pour que le peuple hondurien soit le vainqueur est un nouvel appel à des élections générales. »

Luis Almagro a constaté que la « Mission d’Observation » au Honduras qualifie le processus électoral d’irrégulier et de déficient, ce qui interdit d’être certain du résultat :

- intrusions humaines délibérées dans le système informatique,

- élimination intentionnelle d’empreintes digitales,

- impossibilité de connaître le nombre de cas où le système a failli,

- des sacs de bulletins ouverts ou sans procès-verbaux,

- improbabilité statistique extrême sur le taux de participation,

- bulletins de vote récemment imprimés et d’autres irrégularités.

Ceci s’ajoute à la différence ténue entre les deux candidats ayant recueilli le plus de voix et fait qu’il est impossible de déterminer avec certitude qui est le vainqueur.

L’OEA à désigné des « Représentants Spéciaux », les ex-présidents Jorge Quiroga et Alvaro Colom, qui seront chargés des travaux nécessaires à un nouveau processus électoral et « de réconciliation démocratique ».

Les élections ont eu lieu le 26 novembre et les observateurs internationaux ont relevé de nombreuses irrégularités. A la moitié du dépouillement, le candidat de " l’Alliance d’Opposition Contre la Dictature ", Salvador Nasralla, avait un avantage de cinq points sur Hernández quand il ne manquait plus que 5 000 bureaux de vote à dépouiller et quand le système informatique a été paralysé.

Quand il fût rétabli, la différence entre les deux candidats s’était réduite jusqu’à donner l’avantage au président sortant.

C’est le 17 décembre que le TSE - Tribunal Suprême Électoral - a officialisé la victoire de Hernández, malgré les protestations populaires pour fraude qui laissent un bilan de 15 morts, 1 500 arrestations et de nombreux blessés.

On pourra remarquer le silence assourdissant des médias traditionnels et de nos politiques " bien-pensants " quant à cette lutte pour la démocratie que livre ce petit peuple d’Amérique centrale contre une dictature qui a déjà renversé Juan Manuel Zelaya en 2009 parce qu’il a eu l’audace de vouloir consulter le peuple sur la convocation d’une Assemblée Constituante.

Salvador Nasralla a également tenu, avec succès, une conférence de presse devant le " National Press Club Washington D.C ", considérée, à tort ou à raison, comme le " nec plus ultra " du journalisme mondial puisque habituée à recevoir les dirigeants politiques les plus influents de la planète.

Il n’en reste pas moins que les yeux sont tournés aujourd’hui vers " l’Alliance d’Opposition Contre la Dictature " qui lutte pour la démocratie dans les rues du Honduras.

Christian RODRIGUEZ

Le Grand Soir