Guinée. Un adolescent tué par la police lors d’une manifestation contre le président Alpha Condé

, par  DMigneau , popularité : 0%

Guinée. Un adolescent tué par la police lors d’une manifestation contre le président Alpha Condé

Crédits photos : AFP

Un collégien de 15 ans a été tué par balle lors d’une manifestation en Guinée contre un troisième mandat d’Alpha Condé. Une répression qui s’inscrit dans un contexte de contestation plus global du régime antidémocratique en place dans un pays " semi-colonial " exploité par les puissances impérialistes.

Depuis un an et demi, des manifestations ont lieu en Guinée contre un troisième mandat d’Alpha Condé, président depuis 2010, qui veut à nouveau se présenter aux élections de cette année. Ce jeudi, un collégien de 15 ans s’est fait tuer par balle lors de heurts avec la police.

Les manifestants contestent notamment la pauvreté très forte dans le pays, dont les habitants n’ont pas assez d’argent pour se nourrir, se loger, se soigner et avoir accès à l’éducation. Avec un « PIB par habitant » de 650 $ par an, qui a les moyens de se payer des études supérieures à 10 000 € ou une chambre d’hôpital à 35 000 € par jour ?

Mais au-delà de la précarité qui touche aujourd’hui les travailleurs et la jeunesse guinéenne, c’est une colère plus profonde contre « le système » qui s’exprime dans les manifestations, et notamment contre le caractère anti-démocratique du régime en place.

En effet, loin de satisfaire les demandes de ses électeurs qui réclamaient plus de services publics ou l’augmentation des salaires, par exemple, Condé n’a fait que « privatiser » encore plus depuis son arrivée au pouvoir.

Au lieu d’investir dans « l’éducation » et « la santé », il a massivement investi dans la " Compagnie de Bauxite de Guinée " (CBG), dont les réserves à exploiter sont de 25 milliards de tonnes, soit la moitié des réserves mondiales. Et sans surprise, les plus gros clients de la CBG sont les puissances impérialistes française, américaine, allemande et britannique.

Bien entendu, les bénéfices ne sont pas redistribués mais accaparés par une minorité.

C’est justement cet accaparement des richesses par une minorité de dirigeants que les manifestants guinéens dénoncent aujourd’hui. Ce à quoi le gouvernement répond par la répression, qui, depuis le début du mouvement, a déjà fait au moins 29 morts.

La mort d’Idrissa Barry, un collégien de 15 ans tué par balle ce jeudi à Conakry, vient s’ajouter au nombre exponentiel de victimes de la répression, montrant une fois de plus le caractère autoritaire d’un gouvernement soi-disant " démocratique ".

Cette colère qui s’exprime aujourd’hui en Guinée contre un système injuste qui précarise et exploite toujours plus la classe opprimée s’inscrit dans un contexte de retour de la « lutte des classes » à « l’international », en témoignent les mobilisations au Chili, en Algérie, à Hong Kong, ou encore en France avec les " Gilets jaunes " et la grève historique toujours en cours.

Par ailleurs, les mobilisations de masse qui ont lieu dans les pays dits " périphériques " par rapport aux pays impérialistes, tels que le Soudan, l’Algérie ou la Guinée posent de manière centrale la question de l’affrontement avec « l’impérialisme », rappelant que la révolution sera « anti-impérialiste » ou ne sera pas.

Irena Mathilde

revolutionpermanente.fr