Grand prince, Benalla accepte de venir devant la commission... mais n’a " aucun respect pour les sénateurs ” !

, par  DMigneau , popularité : 0%

Grand prince, Benalla accepte de venir devant la commission... mais n’a " aucun respect pour les sénateurs ” !

Alexandre Benalla devrait se présenter devant la commission d’enquête du Sénat le 19 septembre prochain.

L’ex-conseiller d’Emmanuel Macron s’est confié 9 minutes à un journaliste de " France inter " ce mardi 11 septembre. Le résultat est décapant : Benalla promet finalement de répondre à la convocation de la commission d’enquête parlementaire, mais dézingue violemment les sénateurs !

" France inter " le décrit la voix " pleine de colère et parfois presque au bord des larmes ".

Ce mardi 11 septembre au soir, Alexandre Benalla s’est entretenu 9 minutes au téléphone avec une journaliste de la radio publique.

Après quelques semaines d’accalmie, l’affaire qui le concerne s’apprête à revenir au centre de l’attention médiatique : la « Commission d’enquête sénatoriale » reprend ses travaux ce mercredi, et son président Philippe Bas (LR) souhaite convoquer Alexandre Benalla, par ailleurs « mis en examen » pour les violences commises à l’encontre d’un manifestant place de la Contrescarpe le 1er mai dernier.

Problème : l’ancien conseiller sécurité d’Emmanuel Macron, qui s’est exprimé dans plusieurs médias pour se défendre, a d’abord catégoriquement refusé la perspective de venir répondre aux questions des sénateurs… jusqu’à ce mardi soir.

Se disant " contraint ", Benalla a annoncé à la journaliste de " France inter " qu’il serait présent devant la commission d’enquête. S’il a réclamé que la radio ne diffuse pas le son de sa voix, le " gendarme " a accepté que l’on reproduise le verbatim de son entretien, pour le moins spectaculaire.

https://www.dailymotion.com/video/x6tgqlv

Alexandre Benalla y exprime en effet une colère assez inouïe envers les sénateurs.

La veille, Philippe Bas avait annoncé sur " Public Sénat " être prêt à faire chercher l’ex-garde du corps du président " par huissier ", un refus de se présenter devant la commission d’enquête étant passible de deux ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.

Une intervention qui a outré Alexandre Benalla : " On me contraint, se plaint-il à " France inter ". On m’explique qu’on va m’envoyer des gendarmes et des policiers. Alors, je vais venir à la convocation. Parce qu’on me menace, d’une manière directe. Je vais venir m’expliquer devant la commission d’enquête. Mais elle n’a aucun droit. Elle bafoue notre démocratie ".

Une audition qui promet d’être... muette

Alexandre Benalla prévient : en vertu du principe de la « séparation des pouvoirs », qu’il estime " foulé au pied " par cette convocation, il ne répondra devant les sénateurs à aucune des questions " que se pose la justice " :

" C’est-à-dire toutes les questions sur quel était mon rôle à l’Élysée. Qu’est-ce que j’y faisais exactement. Pourquoi j’étais place de la Contrescarpe. Quel était mon rôle dans la sécurité du président. Ça ce sont des questions, aujourd’hui, que se pose la justice, donc auxquelles je ne pourrai pas répondre, mais j’irai [devant la commission]."

Comme dans ses diverses interventions médiatiques, Benalla n’hésite pas à se présenter comme un " courageux serviteur " de l’État injustement brimé : " Moi j’ai servi l’uniforme pendant neuf ans, madame. J’étais avec un uniforme de gendarme, réserviste, certes, j’ai fait 290 jours de réserve. J’ai interpellé plusieurs personnes qui étaient auteures de délits, de crimes, flagrants, etc. "

Les sénateurs, " des petites gens " pour Benalla

Les sénateurs " en prennent pour leur grade " dans l’intervention d’Alexandre Benalla : " Ce sont des petites personnes. Qui n’ont aucun droit, et aucun respect pour la République française et la démocratie ", tranche-t-il, furieux contre ceux qui - selon lui - " bafouent le principe de notre démocratie fondé sur la « séparation des pouvoirs ».

Explications : d’après lui, la justice étant saisie de l’affaire, les sénateurs n’auraient aucune légitimité à lui poser des questions - rappelons que si la commission parlementaire peut enquêter, elle n’a toutefois pas le pouvoir de prononcer une quelconque condamnation.

" Ces gens-là [les sénateurs] veulent s’attribuer des prérogatives, siffle Benalla. Mais ils sont pas juges ! Ils sont quoi ces gens-là ? Ils sont des politiques. Qui font de la " po-pol ", de la petite politique. Ce sont des petites gens, qui n’ont jamais existé dans le paysage politique français et qui aujourd’hui, à travers Benalla, veulent essayer d’avoir le président Macron. Mais ils n’y arriveront pas ! "

Au cas où ce ne serait pas suffisamment clair, Benalla enfonce le clou : " Le Sénat français, qui bafoue les règles constitutionnelles de notre pays, très sincèrement, je vous le dis franchement, j’ai aucun respect pour eux. "

Peut-être pas la meilleure idée du monde, à quelques jours de se présenter devant les intéressés

Philippe Bas, le placide président de la « Commission sénatoriale », n’est lui non plus pas épargné : " (...) Ce petit marquis m’impose aujourd’hui de venir devant lui, sinon il m’envoie la police ou la gendarmerie. Je viendrai devant Monsieur Philippe Bas. Il a aujourd’hui la possibilité d’exister médiatiquement. Monsieur Philippe Bas me convoque. Je vais venir. Et je dirai ce que j’ai à lui dire. "

La confrontation promet d’être salée ! Elle devrait avoir lieu le 19 septembre, et sera a priori retransmise en direct.

Hadrien Mathoux

Marianne