Gérald Darmanin met à l’étude la dissolution de " Génération identitaire "

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Gérald Darmanin met à l’étude la dissolution de " Génération identitaire "

JEANNE MOUGENOT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Ce mardi 26 janvier, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé avoir « demandé aux services du ministère de l’Intérieur de réunir les éléments qui permettraient (...) de proposer la dissolution de " Génération identitaire " ».

La machine est lancée. Ce mardi 26 janvier, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé avoir « demandé aux services du ministère de l’Intérieur de réunir les éléments qui permettraient (...) de proposer la dissolution de " Génération identitaire " ». Le ministre s’est dit " scandalisé " par la récente opération " anti-migrants " du groupuscule « d’extrême droite » dans les Pyrénées.

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" Si les éléments sont réunis, je n’hésiterai pas à proposer la dissolution ", a ainsi ajouté Gérald Darmanin, pointant du doigt « le travail de sape de la République des militants de " Génération identitaire " ». La semaine dernière, une trentaine de leurs militants dans des voitures sérigraphiées " Défend Europe " s’était installée au Col du Portillon, près de Luchon (Haute-Garonne), afin de bloquer le passage depuis l’Espagne.

Le ministère de l’Intérieur agira " évidemment dans le cadre des lois et des règlements de la République en proposant notamment, une fois que ces éléments seront réunis, le contradictoire dû à chaque association ", a-t-il assuré lors d’une conférence de presse. Le dossier a été confié au " Service central du renseignement territorial " (SCRT) et à la " Direction générale de la sécurité intérieure " (DGSI).

" LA JUSTICE APPROUVE TOUTES NOS ACTIONS "

C’est la première fois que Gérald Darmanin condamne publiquement les agissements de ce groupuscule et évoque la possibilité de sa dissolution. Ces dernières semaines, son ministère s’était davantage focalisé sur " l’islamisme " et avait obtenu la dissolution d’associations soupçonnées d’être proches de cette mouvance (" CCIF ", " BarakaCity ", collectif " Cheikh Yassine ").

" II y a déjà beaucoup d’études qui ont été lancées pour nous dissoudre mais on n’a rien à nous reprocher, la justice approuve toutes nos actions ", a réagi auprès de l’AFP Clément Gandelin dit " Galant ", président de " Génération identitaire " (GI), association créée en 2012 qui revendique quelque 2 800 adhérents. Le siège de " Génération identitaire " est installé à Lyon mais l’association dispose également d’une section historique à Paris et d’antennes à Dijon, Aix-en-Provence, Montpellier et en Normandie.

" Gérald Darmanin n’arrivera pas à nous dissoudre facilement. On n’a jamais été condamné ", a-t-il assuré. En décembre, " Génération identitaire " et trois de ses cadres avaient été relaxés par la " Cour d’appel " de Grenoble pour des précédentes opérations " anti-migrants " menées en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne.

DIFFICULTÉ JURIDIQUE

En 2019, les dissolutions de plusieurs groupuscules " d’ultradroite ", dont " Bastion social ", " Blood and Honour " et " Combat 18 ", ont été prononcées à la demande d’Emmanuel Macron, mais celle de " Génération identitaire " apparaît plus difficile à matérialiser.

« Ils sont plus malins que les autres, essaient autant que possible de ne pas franchir les " lignes jaunes ", mais poussent le bouchon à chaque fois un peu plus loin », souligne le ministère de l’Intérieur.

Les actions du groupuscule pourraient relever, selon le " Code de la sécurité intérieure " (CSI), de " provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ". Le CSI prévoit également la dissolution d’associations " présentant, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ".

En 2012, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls avait déjà déclaré que la dissolution de " Génération Identitaire " était " étudiée ", mais ne l’a jamais présentée en " Conseil des ministres ".

Plusieurs cadres du " Rassemblement national ", qui avaient récemment pris leurs distances avec le groupuscule, ont indirectement pris sa défense mardi. « De nombreuses mosquées radicales signalées en France, mais pour Darmanin c’est " Génération identitaire " qu’il faut dissoudre ! Le sens des priorités dangereuses de ce gouvernement me choquera toujours... », a ainsi " tweeté " l’eurodéputé RN Gilbert Collard.

Le vice-président du parti Jordan Bardella a lui réagi en demandant la dissolution de l’association pro-migrants " Utopia 56 ", " qui promeut l’illégalité et défie l’Etat ".

Magazine " Marianne "