Gare à vous les " gilets jaunes ", le gouvernement commande 1 280 lanceurs de balles de défense

, par  DMigneau , popularité : 0%

Gare à vous les " gilets jaunes ", le gouvernement commande 1 280 lanceurs de balles de défense

Des policiers armés d’un LBD lors de " l’Acte 6 " des " gilets jaunes " à Paris, le 22 décembre. - KARINE PIERRE / HANS LUCAS

Très critiqué pour les blessures graves que son emploi a occasionné lors des manifestations des " gilets jaunes ", le lanceur de balles de défense satisfait le gouvernement qui en a commandé 1 280 nouveaux exemplaires le 23 décembre, selon " Libération ".

Dernière lettre in extremis du ministère de l’Intérieur au Père Noël.

Le 23 décembre, Beauvau a lancé un appel d’offres pour une commande de 1 280 nouveaux « lanceurs de balles de défense » (LBD 40) destinés à la police nationale et à la gendarmerie, rapporte " Libération ".

Et ce, alors que ces " joujoux " ont causé, pendant plus d’un mois de manifestations des " gilets jaunes ", de graves blessures à des dizaines de personnes.

Pour la seule journée du 1er décembre, par exemple, l’hôpital Georges-Pompidou de Paris a pris en charge " six ou sept blessés par Flash-Ball (la marque la plus connue de LBD, ndlr), dont certains au visage ", relate dans " Le Monde " un urgentiste.

Mâchoire fracturée, dents cassées et joue arrachée les 4 et 5 décembre à Grenoble et Garges-lès-Gonesses (dans le Val d’Oise), enfoncement de l’os du front le 5 décembre à Orléans, yeux mutilés le 6 décembre à Béziers et Vénissieux : " Libération " égrène la litanie des blessures causées par l’utilisation de ce type d’arme « non-létale », dont le fameux " Flash-Ball " n’est qu’un modèle parmi d’autres.

« L’accord-cadre » de quatre ans pour l’achat de ces nouveaux lanceurs inclut également l’achat de 270 lanceurs à 4 coups et 180 lanceurs à 6 coups du même calibre que les LBD 40, " destinés à tirer exclusivement des grenades lacrymogènes, fumigènes ou assourdissantes ", selon la « Direction générale » de la police nationale, interrogée par " Libération ".

Le quotidien estime à deux millions d’euros le coup de cette commande.

Une arme jugée inadaptée au maintien de l’ordre

Dans un rapport du « Défenseur des droits » de décembre 2017 sur le maintien de l’ordre, l’emploi des LBD pour des opérations de « maintien de l’ordre » était pourtant déjà jugé inadapté car cette arme " ne permet ni d’apprécier la distance de tir ni de prévenir les dommages collatéraux ".

" Les personnes visées sont généralement groupées et mobile ; le point visé ne sera pas nécessairement le point touché ", explique notamment le « Défenseur des droits ».

Il " n’était pas question dans le cadre [des manifestations des " gilets jaunes "] de laisser les policiers démunis d’armes intermédiaires face à la violence des participants à ces attroupements ", se défend la préfecture de police dans " Libération ".

Le « Code de la sécurité intérieure » limite - quant à lui - l’usage de ces lanceurs " en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée ".

Les consignes signées par le directeur général de la police nationale et le directeur général de la gendarmerie nationale exigent également, relève " Le Monde ", que le tireur " s’assure que les tiers éventuellement présents se trouvent hors d’atteinte afin de limiter les risques de dommages collatéraux ".

Manifestement, un appel d’offres pour une formation des tireurs ne serait pas inutile.

Louis Nadau

Marianne