Fusible

, par  DMigneau , popularité : 0%

Fusible

Le collaborateur " barbouze " de l’Élysée va sauter, mais désormais tout est fait pour tout axer sur lui, alors qu’il importe, puisqu’il devrait y avoir " commission d’enquête parlementaire ", qu’elle s’interroge sur la violence policière elle-même et sur l’utilisation de " supplétifs " dans le maintien de l’ordre et la répression des manifestations.

Comme il fallait s’y attendre, le collaborateur d’Emmanuel Macron va être licencié. Comme il fallait s’y attendre, l’extrême-droite parle de la " racaille " et, sur le site " Atlantico ", se livre à des sous-entendus limite graveleux sur les liens de Benalla avec le chef de l’État.

Comme il fallait s’y attendre, tout est fait pour axer la polémique sur un individu, alors que cela relève d’un problème plus large : combien sont-ils ces " collaborateurs " non policiers lors des manifs auprès de policiers qui ne s’en offusquent pas ?

Comme il fallait s’y attendre, on passe sous silence la violence policière lors de cette action à la Contre-Escarpe. Au point que la vidéo initiale a été réduite à la seule scène montrant Benalla en action.

Il m’a fallu capter l’écran d’un site anglais pour retrouver la première vidéo où les policiers traînaient au sol le jeune homme avec l’aide d’un supplétif armé membre de LREM, avant même que Benalla ne s’y mette.

Une enquête parlementaire est ouverte : il faudrait qu’elle traite de tous les problèmes que pose cette affaire et pas seulement du " fusible ".

Les " Tontons Macoutes "

Évidemment, on ne se fait pas d’illusion : ces pratiques sont anciennes. On a connu l’époque héroïque où il fallait se coltiner les " Tontons Macoutes " du SAC, « Service d’Action Civique », du gaulliste Charles Pasqua.

Certes, je vous parle " d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ", mais je me souviens des hommes de mains d’un député de droite qui, dans la nuit du 2 au 3 mai 1974, à la veille de l’élection présidentielle, qui vit la victoire du " moderne " Giscard d’Estaing, nous castagnèrent violemment, nous militants des « Comités du 20-mai » (proches du PSU), avec piquets de clôture et nerfs de bœufs.

Ils utilisaient un véhicule appartenant au dit-député. Pendant deux semaines, jusqu’à la victoire de Giscard, la police fit mine d’enquêter.

Puis plus rien, affaire classée.

Le député devint secrétaire d’État à la Défense peu après.

" En Marche " et " En Castagne "

Franchement, Emmanuel Macron est dans un " sale pétrin " : donc un membre de son cabinet - aux fonctions pas très claires - a commis un délit en frappant un homme au sol lors d’une manifestation le 1er mai.

À cette heure, il n’est toujours pas viré, alors que ce n’est pas son premier dérapage. Du coup, les rumeurs vont bon train sur les secrets que connaîtrait cet Alexandre Benalla. Pas exclu que les victimes de ces agressions portent plainte maintenant que l’agresseur est connu.

Un autre individu a participé à la castagne : Vincent Crase (photo), un salarié LREM et sans doute militant du mouvement du Président - gendarme réserviste, par ailleurs - seul membre de sa société de " conseil " privée spécialisée dans la sécurité !

Ça fait beaucoup pour Macron qui, par ailleurs, récemment, sermonnait publiquement un jeune homme qui avait osé lui dire : " Salut Manu ".

Faut-il s’attendre désormais à ce que, dans les manifs, des " collaborateurs " de l’exécutif et des militants d’ " En Marche ", barbouzes, viennent castagner leurs opposants ?

Le supplétif

Suite à cette info du " Monde ", que j’ai partagée hier soir, il y a fort à parier que ce conseiller de l’Élysée va être viré sans tarder ; Macron n’a aucun intérêt de se fragiliser avec ça.

Une procédure judiciaire est engagée qui, de toutes façons, entachera la Présidence (violences, usurpation de fonction). Mais restera une question posée : cette violence choque, mais elle est également choquante quand, sans raison, des policiers procèdent de la même façon.

Et d’ailleurs dans la vidéo en question, les policiers sont eux-mêmes violents avec le jeune homme à terre et ne sont pas choqués qu’un individu censé être " observateur " leur sert de supplétif.

Non mais ça dépasse l’entendement : selon " le Monde " qui vient à l’instant de donner l’info, un conseiller de l’Élysée tabasse un jeune homme à terre pendant les manifestations étudiantes de mai dernier. On ne voit pas à quel titre il agit avec les forces dites " de l’ordre ".

Et encore moins pourquoi il est juste mis à pied 15 jours mais pas carrément viré. Ça fait peur de savoir que ce genre d’individu " conseille " le Président de la -pu-bli-que.

Ils sont combien comme ça " au Palais " ?

Et pendant ce temps-là…

Les anciens de l’ISF : Bercy M. Macron !

Le député LREM Joël Giraud qui s’est rendu à Bercy pour recueillir des infos sur les impôts a eu bien du mal à obtenir des réponses.

Si - comme " France 2 " l’a montré ce soir - il a eu les chiffres sur le nombre de retraités qui seraient perdants (entre hausse de CSG et baisse de la taxe d’habitation), Bercy n’a pu lui dire combien de couples de retraités modestes allaient y perdre, alors même que le gouvernement s’était engagé à corriger le dispositif : rien n’est fait pour le moment.

Par ailleurs, pour faire passer la pilule de la quasi-suppression de l’ISF, on a eu droit à cet " effet d’annonce " : oui, mais les yachts, les objets précieux (or, bijoux) et les voitures de sport seraient lourdement taxés.

Comme Bercy sait mieux réduire les APL que taxer les riches, pour le moment un seul yacht français est taxé. J’ajoute que lors du vote du texte à l’AN, on apprenait que les propriétaires de voitures de luxe paieraient 500 € par cheval fiscal au-delà du 36ème dans la limite de 8 000 €.

Beaucoup de voitures de luxe ne dépassent pas 36 CV. Donc, chers lecteurs, si vous avez une " Porsche Panamera II Sport Turismo 4S " (prix conseillé : à partir de 123 000 euros), une Lamborghini " Countach " ou " Diablo ", une Ferrari " 360 ", roulez tranquille : pas d’impôt spécial.

Une Bugatti " Veron " (118 CV) paye comme si elle n’avait " que " 52 CV.

Elle est pas belle notre justice fiscale ?

Yves FAUCOUP

MediaPart