Fonction du sens de l’esthétique

, par  DMigneau , popularité : 0%

Fonction du sens de l’esthétique

A chacun de nos comportements sont associées une ou plusieurs hormones au service de quelques finalités cardinales : la survie et la reproduction.

Pourtant, il existe un comportement que je n’arrive pas à classer parmi ces catégories : le plaisir éprouvé devant la beauté des choses qui parfois prend les proportions de l’extase.

Autant il me paraît évident que le ressenti vis à vis de " la beauté " d’une personne a partie liée avec le tissage de liens sociaux qui relèvent de la survie (à travers l’appartenance à une communauté) et de la reproduction (pour évaluer le/la meilleur.e reproducteur.rice), autant je ne vois pas très bien ce que le bonheur ressenti face à la beauté d’une œuvre ou d’un coucher de soleil a à voir avec cela.

Et je me demande bien quelle est la fonction de ce ressenti, puisqu’il paraît que dans la nature, rien n’est le fruit du hasard et que tout a une fonction.

Je peux imaginer que, d’une certaine manière, le plaisir esthétique permette un supplément de motivation apte à faire traverser les épreuves de la vie et que les personnes en mesure d’apprécier la beauté d’une œuvre artistique ou de la plus grande d’entre elles - la nature - aient un taux de survie plus élevé en vertu d’un renforcement de l’homéostasie de la dyade " corps/esprit ".

Le sens esthétique contribuerait alors, telle une vestale, à l’entretien du " feu sacré ".

Mais je me plais à imaginer - pure expérience de pensée - qu’il y a autre chose, que la vie ne se réduit pas à la triviale duplication d’acides aminés et que l’extase devant la beauté des choses est un prélude à une finalité ultime : la dissolution de l’ego, la fusion du sujet en l’objet, supérieure en noblesse à tout le reste.

Peut-être la " capacité d’appréciation " de la beauté est-elle l’une des clés pour soulever " le voile d’Isis ".

Veiled vestal © Raffaelle Monti

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